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Lutnick a joué un rôle dans le report de l'ouverture du pont Gordie-Howe

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Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, prend la parole avant que le président Donald Trump, au premier plan, ne signe une proclamation concernant l'industrie de la pêche, dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche, le jeudi 11 juin 2026, à Washington. Photo AP Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, prend la parole avant que le président Donald Trump, au premier plan, ne signe une proclamation concernant l'industrie de la pêche, dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche, le jeudi 11 juin 2026, à Washington. Photo AP (Jacquelyn Martin)

Selon un responsable de la Maison-Blanche, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a joué un rôle de premier plan au sein de l’administration Trump concernant le pont international Gordie-Howe, dont l’ouverture a été reportée à la demande des États-Unis.

S’exprimant sous couvert d’anonymat, ce responsable de l’administration a indiqué que la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, s’était récemment entretenue avec la Maison-Blanche du pont, mais qu’elle n’avait pas obtenu le feu vert pour son ouverture.

Des invitations avaient déjà été envoyées pour une cérémonie d’inauguration qui devait avoir lieu vendredi afin de marquer l’ouverture de ce pont de 6,4 milliards $ reliant Windsor et Détroit.

Cependant, jeudi matin, le directeur général par intérim de l’Autorité du Pont Windsor-Détroit a déclaré que le Canada et les États-Unis avaient convenu de reporter l’ouverture, les deux pays s’efforçant de «résoudre les questions en suspens».

Une autre source, qui n’est pas autorisée à s’exprimer publiquement sur le sujet, affirme que M. Lutnick et l’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, sont intervenus dans ce dossier.

Donald Trump menace de bloquer l’ouverture du pont Gordie Howe Mark Carney a parlé avec Donald Trump au sujet de sa menace de ne pas autoriser l'ouverture d'un nouveau pont Windsor-Detroit.

En début de semaine, une source canadienne au courant du projet — qui n’est pas autorisée à s’exprimer publiquement à ce sujet — a déclaré que tous les signaux reçus par Ottawa indiquaient que le pont avait reçu le feu vert pour son ouverture.

Le cabinet de Mme Whitmer n’a pas encore répondu à la question de savoir si le pont disposait de toutes les autorisations techniques nécessaires pour être mis en service.

Lors d’une audition au Sénat la semaine dernière, le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a indiqué que son personnel était prêt à intervenir dès l’ouverture du pont. M. Mullin a ajouté qu’«il y a encore des négociations entre le Canada et les États-Unis» en dehors de son département qui devront être menées à bien.

Le responsable de la Maison-Blanche a expliqué que M. Lutnick menait le projet du pont depuis le début de l’année.

Le New York Times a rapporté que Matthew Moroun avait rencontré M. Lutnick juste avant que Donald Trump ne publie un message sur les réseaux sociaux en février, menaçant de bloquer l’ouverture du pont si les États-Unis n’étaient pas indemnisés.

Le projet du pont Gordie-Howe se heurte depuis longtemps à une forte opposition de la part des membres de la famille Moroun, milliardaires et donateurs de longue date du Parti républicain.

Les démocrates de la Chambre des représentants ont ouvert, en début d’année, une enquête visant à déterminer si les Moroun avaient pris des mesures pour faire obstacle à l’ouverture du pont.

L’enquête exige notamment que M. Lutnick et M. Moroun remettent les documents relatifs à leur rencontre et à leurs autres échanges avec la Maison-Blanche au sujet du pont, entre autres.

Interrogé sur un article du Detroit News selon lequel le Canada — par l’intermédiaire de l’Autorité du pont Windsor-Detroit — aurait brusquement reporté la cérémonie d’inauguration par crainte d’une réaction négative de la part de M. Lutnick et M. Hoekstra, le premier ministre Mark Carney a répondu que cela était «faux».

Mark Carney a réitéré ses propos de jeudi — selon lesquels cette pause avait été demandée par l’administration américaine afin de résoudre des questions en suspens. Il n’a pas donné de détails sur la nature de ces questions.

«Il s’agit d’un atout pour les deux pays et, surtout, pour nos populations, qui va exister pendant des décennies, a souligné M. Carney aux journalistes à Paris. Donc, s’il nous faut quelques semaines de plus pour tout mettre en place et lancer le projet, nous le ferons.»

Ottawa a signé l’accord de 2012 concernant le pont avec l’ancien gouverneur Rick Snyder, un républicain. Le Canada a accepté de prendre en charge le coût de la construction et de récupérer son investissement grâce aux péages, après quoi l’argent serait partagé avec l’État.

La propriété du pont est partagée entre l’État du Michigan et le gouvernement du Canada. Il porte le nom du légendaire joueur de hockey canadien Gordie-Howe, qui a mené les Red Wings de Détroit à quatre conquêtes de la Coupe Stanley.

Donald Trump lui-même avait apporté son soutien au projet de pont lors de son premier mandat.

Après la publication de M. Trump sur les réseaux sociaux en février concernant le pont, le Canada et le Michigan ont continué à travailler discrètement à son ouverture.

Le cabinet de M. Whitmer a déclaré jeudi: «Le Michigan a conclu un excellent accord pour le financement de ce pont: nous n’avons pas déboursé un centime, mais nous en tirerons d’importants bénéfices économiques pendant des décennies.»

Cependant, le président républicain de la Chambre des représentants de l’État, Matt Hall, un allié de Donald Trump, a dit jeudi aux journalistes qu’il s’agissait d’un «très mauvais accord». Il a demandé que l’État perçoive immédiatement les recettes des péages, bien que le Canada prenne en charge les coûts de construction.

Kelly Geraldine Malone

Kelly Geraldine Malone

Journaliste