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L’OTAN a-t-elle «échoué»? Carney répond aux propos de Trump

Cette protection est cruciale pour le Canada, «quelle que soit l’évolution de l’OTAN elle-même», a-t-il dit.

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À gauche, le premier ministre Mark Carney ; au centre, le logo de l'OTAN ; à droite, le président américain Donald Trump. (La Presse canadienne / L'Associated Press) À gauche, le premier ministre Mark Carney ; au centre, le logo de l'OTAN ; à droite, le président américain Donald Trump. (La Presse canadienne / L'Associated Press)

Le premier ministre Mark Carney a réaffirmé jeudi que le Canada était un «membre solide de l’OTAN» axé sur la sécurité dans l’Arctique, en réponse à des questions sur l’avenir de l’alliance militaire transatlantique.

M. Carney a été interrogé sur le mécontentement du président américain Donald Trump concernant la participation, ou plutôt l’absence de participation, de l’OTAN à sa campagne militaire en Iran. Plus tôt dans la matinée, M. Trump avait réitéré cette critique sur Truth Social.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Aucune de ces personnes, y compris les nôtres, ce qui est très décevant, l’OTAN, n’a rien compris à moins qu’on ne leur mette la pression !!! », avait-il écrit. Il s’agissait de la deuxième déclaration sur l’alliance en moins de 24 heures – Trump avait écrit la veille au soir que l’OTAN «NE SERA PAS LÀ SI NOUS AVONS À NOUVEAU BESOIN D’ELLE.»

«SOUVENEZ-VOUS DU GROENLAND, CETTE GRANDE MASSIVE DE GLACE MAL GÉRÉE!!!», avait-il conclu, faisant référence à ses précédentes réflexions sur la prise de contrôle de l’île, qui fait partie du Royaume du Danemark, un allié de l’OTAN.

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Jeudi, Mark Carney a rappelé le récent cap des 2% de dépenses militaires comme preuve de l’engagement du Canada envers l’OTAN. Bien que ce chiffre ne soit pas important, «ce qui importe avant tout, c’est de protéger les Canadiens», a-t-il ajouté.

Selon lui, pour ce faire, le Canada travaille en collaboration plus étroite avec des «sous-groupes» d’alliés de l’OTAN, notamment les pays nordiques, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne, afin de protéger «notre Arctique».

Cette protection est cruciale pour le Canada, «quelle que soit l’évolution de l’OTAN elle-même».

L’OTAN a «échoué»

La question de l’évolution de l’alliance est un sujet récurrent à Washington.

Mercredi, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a été invitée à réagir à une déclaration commune de Mark Carney et d’autres dirigeants de l’OTAN affirmant leur soutien à la réouverture du détroit d’Ormuz – un passage stratégique bordant l’Iran qui, en temps de paix, permet le transit de 20 % des expéditions mondiales de pétrole brut.

«J’ai une citation directe du président des États-Unis au sujet de l’OTAN», avait-elle dit. «“Ils ont été mis à l’épreuve et ils ont échoué.” Et j’ajouterais qu’il est assez triste que l’OTAN ait tourné le dos au peuple américain au cours des six dernières semaines, alors que c’est le peuple américain qui finance sa défense.»

Trump peut-il se retirer?

Si Donald Trump pourrait en théorie se retirer de l’alliance, il devrait pour cela surmonter une série d’obstacles politiques.

C’est ce qu’affirme Kerry Buck, ancienne ambassadrice du Canada auprès de l’OTAN. «La plupart des juristes américains s’accordent à dire», a-t-elle affirmé, que M. Trump ne pourrait pas se retirer du traité sans l’accord du Congrès. Cela s’explique par la loi de 2024 sur l’autorisation de la défense nationale, qui interdit tout retrait «sans l’avis et le consentement du Sénat ou une loi du Congrès».

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En d’autres termes, cela ne risque pas d’arriver de sitôt, selon elle. Mais la rhétorique du président américain affaiblit l’alliance, qui repose sur un consensus d’unité entre les États membres en cas d’attaque.

Kerry Buck a également ajouté que les critiques de Trump étaient malavisées. L’OTAN, en tant qu’organisation, n’a pas été sollicitée pour se joindre aux frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran. À l’inverse, l’OTAN elle-même n’a pas déclaré qu’elle resterait en dehors de l’opération. Ce sont plutôt certains États membres qui ont décidé de manière indépendante de ne pas s’impliquer.

«Pourquoi? Parce qu’on ne leur a pas demandé dès le départ», a-t-elle soutenu. «Et surtout, parce que les buts, ou les objectifs, ont été, au mieux, brouillés.»

Elle a noté que plusieurs États européens ont autorisé les États-Unis à utiliser leurs bases. Le Royaume-Uni, par exemple, a donné aux États-Unis l’autorisation d’utiliser ses bases pour mener des frappes afin de sécuriser le détroit d’Ormuz.