«Il y a du travail à faire» en logement social, a convenu mardi la ministre responsable de l’Habitation, Karine Boivin Roy.
En commission parlementaire, l’opposition officielle a déploré que le gouvernement soutenait financièrement à coups de millions des projets immobiliers où le loyer s’élève à plus de 1600 $, en citant notamment un exemple à Laval.
«À qui on s’adresse, est-ce qu’on s’adresse encore aux plus démunis?» a demandé la députée libérale Virginie Dufour, en dénonçant la catégorie de «logement abordable intermédiaire» créée par le gouvernement.
Selon elle, il n’est pas normal que l’État subventionne des projets de logements que des gens ne sont même pas capables de se payer. Dans l’exemple de Laval, le gouvernement a versé une subvention de 200 millions $, a-t-elle dénoncé.
«J’en conviens comme vous qu’il y a du travail à faire», a répondu Mme Boivin Roy, en ajoutant que les locataires sont admissibles au programme de supplément de loyer.
«Vous convenez que ce n’est pas un loyer abordable», a répliqué Mme Dufour. «On ne fait plus de logements pour la classe moyenne.»
De l’avis de la ministre, le «logement abordable intermédiaire» fait partie du bouquet de mesures du gouvernement pour «faire face à la crise» de l’accessibilité des logements.
Elle a fait valoir que seulement 11 des 182 projets financés en vertu du programme du Fonds d’acquisition québécois (FAQ) comportaient des «logements abordables intermédiaires».
La ministre a argué que la liste d’attente pour des logements sociaux est en diminution au Québec.
Elle est passée de plus de 37 000 noms à une trentaine de milliers. À Montréal, elle est passée de 25 000 à 16 000, mais c’est en raison du ménage qui a été fait dans les listes, a rétorqué Mme Dufour.
«Il s’est construit du logement abordable, mais pas de logements sociaux», a-t-elle poursuivi.
Pas moins de 10 506 logements ont été construits et 2010 sont «en réalisation» actuellement, a fait savoir Mme Boivin Roy.
Rappelons que 1000 nouvelles unités de logements sur trois ans ont été annoncées au dernier budget.
«On peut toujours améliorer les choses, mais ce sont les actions cumulatives du gouvernement qu’il faut regarder», a plaidé la ministre.

