Le premier ministre péquiste Paul St-Pierre Plamondon a trouvé au moins un allié, peut-être deux, dans son plan pour ouvrir la session parlementaire sans la lieutenante-gouverneure Manon Jeannotte.
Québec solidaire (QS) l’appuie dans sa cause, tandis que le Parti libéral (PLQ) laisse entendre qu’il veut lever tout obstacle qui viendrait entraver le début de la session, prévu officiellement pour le 17 novembre.
En campagne électorale, le chef du Parti québécois (PQ) avait clairement fait savoir qu’il voulait se débarrasser de l’institution du lieutenant-gouverneur, qui représente le roi Charles III, une institution héritée du colonialisme britannique.
Mais le règlement de l’Assemblée nationale prévoit que la session parlementaire débute par l’allocution de la lieutenante-gouverneure et pour suspendre cette disposition, il faut que l’Assemblée... puisse d’abord siéger et que le gouvernement obtienne le consentement unanime de tous les parlementaires pour déroger à la règle.
«Je suis contre tout ce qui va retarder ou perturber le début de la session parlementaire», a déclaré le chef de l’opposition officielle libérale, Charles Milliard, à la sortie d’un entretien avec M. St-Pierre Plamondon à son bureau mardi après-midi.
M. Milliard a indiqué qu’il n’avait pas été question de cet enjeu lors de l’entretien.
Le chef libéral a déploré que le début des travaux parlementaires ait lieu si tardivement en novembre: donc on pourrait comprendre que soit il pourrait s’opposer à une procédure de changement des règles, dans le but que les travaux commencent rapidement sur le fond, avec le discours inaugural du premier ministre, ou soit il pourrait donner son accord à une dérogation au règlement pour entreprendre les travaux rapidement par la suite.
Le PLQ est un parti fédéraliste et veille à la préservation des liens du Québec avec le Canada, mais aucun de ses députés n’a tenu à prêter le serment facultatif au roi lors de la cérémonie de la semaine dernière: chacun s’en est tenu au seul serment obligatoire au peuple du Québec.
Avant de se rendre à son tour à un entretien avec le premier ministre, la co-porte-parole de QS, Ruba Ghazal, a fait savoir qu’elle était d’accord avec l’absence de Mme Jeannotte à l’ouverture de la session.
«Je suis confiante qu’une solution sera trouvée», a-t-elle commenté.
Le PQ devra aussi avoir l’appui de tous les députés du Parti conservateur du Québec (PCQ), qui font leur entrée à l’Assemblée nationale.
La semaine dernière, le whip du PCQ, le député Renaud Labrecque, a laissé entendre que les membres du caucus conservateur ne seront pas toujours soumis à la ligne de parti lors des votes en Chambre et pourraient donc déroger à la position du parti.
Dans un message Facebook, M. St-Pierre Plamondon a fait état de sa rencontre avec M. Milliard, sans évoquer des échanges sur le rôle de la lieutenante-gouverneure.
Il a toutefois fait valoir qu’«il est de notre responsabilité de travailler en collaboration pour faire fonctionner le Parlement que les Québécois nous ont donné».
Le premier ministre a affirmé que M. Milliard et lui avaient mis leurs «différends de côté».
Il a été question d’itinérance, de construction de logements, des états généraux sur l’éducation, de l’allégement réglementaire et de la place du Québec dans les négociations d’un accord entre le Canada et les États-Unis.
Rappelons que depuis son accession au pouvoir, M. St-Pierre Plamondon a déjà réussi à se passer de la présence de la lieutenante-gouverneure à une étape cruciale.
En effet, la semaine dernière, le chef du gouvernement a présenté ses ministres lors d’une cérémonie en l’absence de Mme Jeannotte, qui doit en principe être présente pour signer les actes de nomination.
Or les ministres ont été présentés un à un et les documents étaient transmis au cabinet de la lieutenante-gouverneure, qui les signait immédiatement de son bureau.

