Fondaction recrute un deuxième ancien ministre fédéral libéral. Pascale St-Onge se joint à la haute direction du fonds de travailleurs de la CSN.
À titre de vice-présidente engagement et affaires publiques, l’ancienne ministre du Patrimoine canadien aura la responsabilité de bâtir des liens avec les différentes parties prenantes. Elle décrit son rôle comme «une ligne directe avec la société civile», en entrevue.
La nomination de Mme St-Onge est annoncée, jeudi, quelques jours après celle de son ancien collègue Steven Guilbeault. L’ex-ministre fédéral et militant de longue date pour l’environnement conseillera l’équipe de Fondaction en matière d’environnement.
Dans ses nouvelles fonctions, Mme St-Onge devra promouvoir la mission de Fondaction, et la pertinence du crédit d’impôt fédéral et provincial, à un moment où les finances publiques sont serrées aux deux paliers de gouvernement.
Une cotisation à un fonds de travailleurs peut donner droit à un crédit d’impôt combiné de 30 %, soit un maximum de 1500 $ pour une cotisation de 5000 $.
«La mesure sur les crédits d’impôt présentement est encore plus importante dans un contexte où le coût de la vie est si élevé, plaide-t-elle en entrevue. Donc, de pouvoir permettre aux gens d’économiser puis de préparer leur retraite.»
Le volet fédéral du crédit d’impôt a failli disparaître lorsque le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait proposé son retrait progressif. L’intention d’abolir le crédit, instauré par le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney, avait alors déclenché une levée de boucliers dans le milieu des affaires québécois.
Une fois élu, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a maintenu le crédit d’impôt. Les conservateurs n’ont pas remis en question le crédit depuis.
Mme St-Onge devra d’ailleurs promouvoir la mission du fonds de travailleurs auprès de ses anciens adversaires conservateurs.
«Je ne vois pas d’obstacle, au contraire, j’ai été reconnue, autant à la fédération que quand j’étais au gouvernement, pour être une personne qui crée des ponts», répond-elle.
Une suite logique
Pour Mme St-Onge, son nouvel emploi chez Fondaction est la suite logique dans sa carrière qui l’a menée à la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC) de la CSN et au gouvernement libéral de Justin Trudeau.
«Peu importe l’endroit où j’ai été, pour moi, ça a toujours été de créer une société qui est plus juste et qui est plus résiliente, qui est plus verte, vraiment au service des gens», résume-t-elle.
Si la transition professionnelle est une période parfois difficile pour de nombreux politiciens, Mme St-Onge estime que son départ est arrivé au bon moment dans sa vie personnelle.
«Peu avant de quitter la politique, ma conjointe a donné naissance à notre garçon, raconte-t-elle. Quand j’ai quitté la politique, j’étais plongée dans quelque chose de totalement nouveau pour moi.
«Ça a été un moment très positif, en fait, dans ma vie de pouvoir prendre le temps pour la famille, quelque chose que je n’aurais pas pu faire en politique», ajoute-t-elle.

