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L'Europe appuie l'adhésion du Canada à l'instrument SAFE

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La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, arrive au bâtiment du Conseil européen, à Bruxelles, pour une conférence de presse, le lundi 11 mai 2026. (Photo AP/Omar Havana) La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, arrive au bâtiment du Conseil européen, à Bruxelles, pour une conférence de presse, le lundi 11 mai 2026. AP (Omar Havana)

Le Parlement européen a officiellement accueilli le Canada au sein de l’accord de financement et d’acquisition de matériel de défense connu sous le nom de SAFE, mercredi, faisant de lui le seul pays non européen à y adhérer.

Le Parlement a approuvé mercredi un vote final, qui donne le feu vert à la participation du Canada à un pacte de prêts en matière de défense d’une valeur équivalente à 240 milliards $ CAN.

Ce programme, qui permet aux pays membres d’accéder à des prêts à faible taux d’intérêt pour l’acquisition de matériel militaire, s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus vaste appelée «Réarmer l’Europe», visant à réduire la dépendance militaire du continent vis-à-vis des États-Unis.

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a salué cette décision comme une étape importante, affirmant que les entreprises canadiennes pourront désormais participer à des appels d’offres généralement réservés aux entreprises européennes.

«L’adhésion du Canada à SAFE est une véritable innovation et cette décision d’aujourd’hui est donc très importante, a déclaré Mme Anand lors d’une conférence de presse téléphonique depuis l’Estonie, mercredi. Les entreprises canadiennes pourront participer à des marchés publics généralement réservés aux entreprises de l’UE, au même titre et aux mêmes conditions. Il s’agit donc d’un avantage indéniable pour les entreprises canadiennes.»

Achim Hurrelmann, codirecteur du Centre d’études européennes de l’Université Carleton, a déclaré que l’enjeu actuel est de garantir la participation des entreprises canadiennes aux marchés publics européens de la défense.

«La participation du Canada doit maintenant se concrétiser par le développement d’initiatives d’acquisition de matériel de défense impliquant des entreprises canadiennes», a-t-il affirmé dans un courriel adressé à La Presse Canadienne.

L’accord SAFE permet aux entreprises canadiennes de s’associer à des entreprises européennes pour soumissionner à des projets conjoints et accéder à des financements avantageux.

Les entreprises canadiennes peuvent le faire en vertu de la disposition relative aux marchés publics «communs» de l’accord SAFE, qui exige la participation d’au moins un État membre de l’UE bénéficiant d’une aide financière et d’un autre État membre de l’UE ou de l’Ukraine.

L’objectif est d’inciter les pays à collaborer pour combler les lacunes urgentes de leurs stocks, notamment en matériel épuisé par la guerre en Ukraine. Le ministre de la Défense, David McGuinty, a également vanté les mérites de l’accord lors du Sommet sur la défense et la résilience de la CIBC, qui s’est tenu à Toronto mercredi. Il l’a qualifié de «marché majeur pour le Canada».

Le Canada a officiellement adhéré au programme d’approvisionnement européen en février, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité.

L’adhésion du Canada à cet accord devrait impliquer le versement d’une importante contribution, équivalente à 16 millions $ CAN. Ce montant comprendrait des frais administratifs initiaux de 2,5 millions d’euros et une contribution annuelle de 7,5 millions d’euros.