Québec solidaire (QS) exhorte le nouveau gouvernement péquiste de Paul St-Pierre Plamondon à prolonger le moratoire sur les évictions, qui doit normalement prendre fin le 6 juin 2027.
«La crise du logement, elle n’est pas réglée. Donc c’est tout à fait logique de prolonger le moratoire. (...) C’est en décembre que les gens vont recevoir leur cadeau de Noël d’avis d’éviction en pleine crise de l’itinérance», a affirmé la porte-parole solidaire, Ruba Ghazal, en mêlée de presse mercredi en marge du caucus de son parti à Québec.
En juin 2024, l’ancien gouvernement caquiste de François Legault a instauré un moratoire sur les évictions pour une durée de trois ans. Ruba Ghazal a attribué le mérite de l’adoption de cette mesure à son parti. «C’est parce que nous, on était-là.»
QS veut aussi qu’il soit interdit d’évincer des gens durant l’hiver.
L’autre porte-parole solidaire, Sol Zanetti, met la pression pour que le PQ respecte sa promesse de réformer le mode de scrutin pour y inclure de la proportionnalité.
Il demande que le futur ministre péquiste responsable de la réforme des institutions démocratiques rencontre rapidement les autres partis représentés à l’Assemblée nationale ainsi que le Mouvement démocratie nouvelle, qui milite pour une telle réforme.
«Paul St-Pierre Plamondon a commencé sa campagne en disant qu’il allait faire ce qu’il disait. (...) C’est le temps de montrer qu’il a une parole», a-t-il dit.
«Intraitable»
QS a également assuré qu’il sera «intraitable» sur l’austérité et les coupes dans les services publics.
«C’est sûr que si le PQ décide de mettre en application l’austérité qu’il a annoncée dans son cadre financier, nous on ne peut pas appuyer ça, parce que ça va faire mal à la population. Tout le monde s’entend pour dire que les Québécois et Québécoises – ceux qui travaillent, ceux qui ne travaillent pas –, c’est très difficile en ce moment la crise du coût de la vie», a soutenu Ruba Ghazal.
Le chef péquiste s’est engagé à réduire les coûts de rémunération dans le secteur public de 2,5 % sur trois ans. Le PQ compte aussi revenir à l’équilibre budgétaire dès 2028-2029, soit un an plus tôt que ce qui est prévu dans la loi.
Le parti de gauche appréhende que les péquistes se tournent davantage vers les conservateurs d’Éric Duhaime pour faire avancer leurs idées.
«C’est quelque chose qui est possible, notamment sur la question de l’immigration. (...) Nous, on va être cette voix pour la protection des services publics et aussi pour aller chercher l’argent là où elle est. Parce que pour régler la question de l’itinérance, qui semble tenir à cœur à tout le monde, il va falloir qu’on aille chercher de l’argent», a soutenu l’autre porte-parole solidaire, Sol Zanetti.
Le PQ a obtenu un gouvernement minoritaire en faisant élire 59 députés le 5 octobre dernier. Les conservateurs en ont obtenu 19. Pour sa part, QS a fait élire neuf députés. Finalement, les libéraux ont obtenu 40 sièges alors que la Coalition avenir Québec a été rayée de la carte.
«On est dans un Parlement où il y a une balance du pouvoir en garde partagée. J’invite vraiment le premier ministre, Paul Saint-Pierre Plamondon, à ne pas se tourner juste d’un bord, mais à se tourner vers Québec solidaire, vers les propositions qu’on met de l’avant parce que c’est urgent. La crise du logement, c’est une urgence nationale», a renchéri Ruba Ghazal.
