Selon plusieurs sources gouvernementales interrogées par CTV News, le plan actualisé du premier ministre Mark Carney concernant les objectifs en matière d’immigration devrait être dévoilé jeudi dans le budget fédéral.
Ces nouveaux objectifs interviennent alors que la croissance démographique du Canada a connu un ralentissement au cours des deux dernières années. M. Carney a quant à lui récemment envoyé des signaux contradictoires quant à l’orientation de la politique d’immigration au Canada.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
En septembre, le premier ministre a déclaré au New York Times que le Canada reprendrait éventuellement une «augmentation contrôlée» de sa population une fois que le système d’immigration serait à nouveau pleinement maîtrisé, mais il n’a pas donné de détails.
Quelques semaines plus tard, M. Carney a insisté sur le fait que son gouvernement «ne dérogerait pas» à son objectif de maintenir les niveaux d’immigration nationaux à un niveau viable.
L’année dernière, le gouvernement Carney a réduit et stabilisé le nombre d’admissions de résidents permanents à 380 000 par année de 2026 à 2028. Les cibles concernant les nouvelles arrivées de résidents temporaires ont également été ramenées à 385 000 en 2026, puis à 370 000 en 2027 et 2028.
Ces mesures faisaient suite à des hausses importantes de l’immigration au début des années 2020 sous le mandat de l’ancien premier ministre Justin Trudeau, qui avaient exercé des pressions sur le logement et les services sociaux.
Les données de Statistique Canada montrent que le nombre de résidents temporaires a connu une croissance significative entre 2021 et 2024, atteignant un sommet de 7,6% de la population canadienne en octobre 2024.
Cela a entraîné des changements au cours des derniers mois du gouvernement Trudeau, notamment l’instauration de plafonds pour les étudiants étrangers, ainsi que l’engagement électoral fédéral de M. Carney en 2025 de «ramener l’immigration à des niveaux viables».
«Augmentation contrôlée» de l’immigration
La récente révision à la baisse des cibles, combinée à d’autres mesures, a toutefois contribué au ralentissement de la croissance démographique au Canada. Selon Statistique Canada, la population du pays s’élevait à environ 41 798 407 habitants au 1er juillet 2026, soit une augmentation de 189 425 personnes, ou 0,5%, par rapport au 1er juillet 2025 — ce qui représente la plus faible croissance de la population totale d’un 1er juillet à l’autre depuis 1944-1945.
En octobre, la Banque du Canada a conclu que le vieillissement de la population canadienne et la baisse de l’immigration «redéfinissent» l’économie en réduisant la main-d’œuvre et en modifiant les habitudes de consommation de la population.
Un autre rapport publié par RBC en septembre, quant à lui, a exhorté le Canada à repenser sa stratégie d’immigration afin de «remettre les admissions sur la bonne voie et d’éviter de sombrer dans le genre de discours politiquement chargé et contre-productif qui s’installe dans des pays comme les États-Unis et l’Europe».
Parmi les recommandations de RBC figurent la stabilisation de la croissance démographique à 1% et l’équilibrage des admissions.
«Sans l’immigration, la population du pays serait réduite de moitié d’ici la fin du siècle», écrit Jackie Pichette, responsable des politiques en matière de compétences chez RBC.
Interrogée en octobre au sujet du récent commentaire de M. Carney faisant allusion à une «augmentation contrôlée» de l’immigration, la ministre de l’Immigration, Lena Diab, a souligné la faible croissance démographique du pays et le «programme ambitieux» du gouvernement fédéral.
«Nous avons fait un pas en arrière en matière d’immigration. Notre croissance démographique a été la plus faible depuis la Seconde Guerre mondiale. Encore une fois, ce n’est pas moi qui le dis. Ce sont les chiffres», avait-elle dit à l’époque. «Nous avons un programme ambitieux. Nous voulons stimuler la croissance. Nous avons besoin de main-d’œuvre.»
Les conservateurs s’attendent à des niveaux «bien inférieurs»
Lors de cette annonce en octobre, Mme Diab a dévoilé des modifications au programme Entrée express, qui entreront en vigueur le 3 novembre et qui attribueront des points supplémentaires aux personnes à haut revenu, dans le but de stimuler la croissance économique et de retenir les nouveaux arrivants qualifiés.
Les conservateurs, quant à eux, ont demandé au gouvernement fédéral de réduire davantage le nombre d’admissions à la résidence permanente dans le prochain plan des niveaux d’immigration.
«Permettez-moi d’être tout à fait claire: le Parti conservateur du Canada s’opposera vigoureusement à toute tentative du premier ministre Carney et de son gouvernement libéral visant à accroître l’immigration», avait souligné la députée conservatrice et porte-parole en matière d’immigration, Michelle Rempel Garner, dans un communiqué publié en septembre en réponse à l’entrevue de M. Carney au New York Times.
«Nous continuerons également à faire pression pour obtenir des réductions importantes des niveaux d’immigration. Nous nous attendons à ce que ces niveaux soient fixés à des niveaux bien, bien inférieurs dans le prochain rapport sur les niveaux d’immigration», avait-elle ajouté.
Avec des informations de Vassy Kapelos et Marieke Walsh pour CTV News

