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Les libéraux bloquent les audiences sur l'accord relatif au pont Gordie-Howe

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Le député conservateur Kelly McCauley, président du Comité permanent des opérations gouvernementales et des estimations, attend le début d'une séance sur la colline du Parlement à Ottawa, le mercredi 29 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld Le député conservateur Kelly McCauley, président du Comité permanent des opérations gouvernementales et des estimations, attend le début d'une séance sur la colline du Parlement à Ottawa, le mercredi 29 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Adrian Wyld)

Les députés libéraux ont bloqué les auditions parlementaires visant à clarifier ce que le gouvernement Carney avait promis au président américain Donald Trump pour obtenir l’ouverture du pont international Gordie-Howe.

Cette décision de mettre fin aux auditions est intervenue alors qu’une députée libérale a admis avoir été déconcertée par la position de son propre gouvernement.

Le comité de la Chambre des communes chargé des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires s’est réuni mercredi à la demande des conservateurs afin de décider s’il fallait tenir des auditions sur un accord de partage des recettes avec les États-Unis, qui a convaincu Washington d’ouvrir le pont cette semaine.

L’accord de principe proposé prévoit que le Canada partagera la moitié des recettes nettes des péages avec les États-Unis pendant les 15 prochaines années. Cela semble reporter la mise en œuvre d’un accord de 2012 qui prévoyait que le Canada récupère d’abord ses coûts liés au financement de la construction du pont avant de partager les recettes.

Le premier ministre Mark Carney avait déclaré à plusieurs reprises que les recettes des péages ne seraient pas partagées avec les États-Unis avant que la dette de construction du Canada ne soit remboursée.

S’adressant aux journalistes à Charlottetown la semaine dernière, M. Carney a admis qu’il aurait pu être plus clair dans ses propos.

«Aurais-je pu mieux l’expliquer un dimanche matin au Stampede ? Oui. Avec un chapeau de cow-boy sur la tête ? Oui, j’aurais pu mieux l’expliquer», avait alors dit M. Carney.

La députée libérale Pauline Rochefort a expliqué mercredi devant le comité qu’elle avait d’abord été déconcertée par les propos de son gouvernement.

«Lorsque j’ai pris connaissance pour la première fois de l’accord de principe de 2026, j’avoue que j’étais perplexe, et je comprends donc pourquoi il y a eu un malentendu, a-t-elle dit. La confusion s’est complètement dissipée dès que j’ai compris qu’il s’agissait de deux accords distincts qui fonctionnaient de concert.»

Le député conservateur Harb Gill a déclaré que l’accord sur le pont semblait être une concession faite aux États-Unis.

«La posture de négociation de ce gouvernement me fait penser à une chaise de jardin bon marché. Elle a l’air sale, puis quelqu’un appuie un peu dessus et elle s’effondre immédiatement. Voilà un autre pied qui cède, et pourtant, le communiqué de presse publié le lendemain affirme que la chaise est plus solide que jamais», a-t-il dit.

Les conservateurs ont déposé une requête en comité visant à convoquer trois ministres fédéraux pour plusieurs heures d’interrogatoire et à charger le directeur parlementaire du budget d’analyser les coûts et les recettes liés au pont.

Les libéraux, majoritaires, ont voté contre ces auditions, arguant que la requête ne traitait pas des avantages de l’accord. Ils n’ont pas proposé d’amendements à la requête.

Des députés des deux partis se sont longuement exprimés au cours des débats de mercredi. L’un d’entre eux a comparé la situation à celle d’un pigeon essayant d’échapper à un chat, tandis qu’un autre a longuement expliqué les origines du mot «pontifier».

Plusieurs députés se sont demandé si le fait de porter un chapeau de cow-boy empêchait celui qui le portait de dire la vérité.

Le président du comité, Kelly McCauley, a demandé à plusieurs reprises aux députés de s’en tenir à la requête à l’examen. La députée néo-démocrate Heather McPherson a accusé le gouvernement de faire obstruction afin d’éviter un vote.

Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a fait une brève apparition pendant une suspension de séance, affirmant qu’il était là pour soutenir son équipe. Il est reparti par une porte latérale sans répondre aux questions des journalistes.

Lors d’une conférence de presse mercredi à Red Deer, en Alberta, M. Carney a fait valoir que le Canada avait déboursé une somme modique par rapport aux retombées économiques que procure ce pont.

«C’est faire preuve de pragmatisme et aller de l’avant. Et nous avons un pont qui est ouvert, nous avons des opportunités qui s’ouvrent à nous», a-t-il dit.