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Les Inuits pourraient se tourner vers des partenaires étrangers

On indique que si le partenariat avec Ottawa n’était plus viable, les Inuits chercheraient des partenaires ailleurs.

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Le président de l'Inuit Tapiriit Kanatami, Natan Obed, prononce le discours d'ouverture d'un sommet de l'ITK à Ottawa le vendredi 19 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld Le président de l'Inuit Tapiriit Kanatami, Natan Obed, prononce le discours d'ouverture d'un sommet de l'ITK à Ottawa le vendredi 19 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Adrian Wyld)

L’organisation nationale de représentation des Inuits au Canada appelle le gouvernement fédéral à se montrer un meilleur partenaire, affirmant que le Canada doit respecter les droits des Inuits à la gouvernance et à l’autodétermination.

L’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) a clôturé vendredi à Ottawa une conférence de deux jours sur la souveraineté dans l’Arctique.

Dans un communiqué publié à l’issue du sommet, l’ITK affirme rejeter fermement ce qu’elle qualifie d’«approches coloniales dépassées en matière de politique arctique, qui reproduisent les erreurs passées du Canada en matière de marginalisation» des Inuits.

«Nous appelons le gouvernement fédéral à s’associer aux Inuits pour promouvoir une vision plus ambitieuse de son territoire arctique, en accordant la priorité à une meilleure coordination avec les titulaires de droits inuits dans la prise de décision, ainsi qu’aux investissements dans les infrastructures et les services nécessaires pour créer de la prospérité et intégrer l’ensemble de l’Inuit Nunangat au reste du pays», a déclaré l’ITK dans un communiqué. 

«Le Canada ne peut atteindre cet objectif qu’en s’associant aux quatre organisations inuites titulaires de droits issus des traités, dont les membres englobent l’ensemble des Inuits.»

Dans un communiqué, un porte-parole de la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Rebecca Alty, a indiqué que le Canada s’engageait à faire progresser l’autodétermination des Inuits.

«Les Inuits sont des partenaires essentiels pour bâtir un Arctique fort, sûr et prospère, a dit le porte-parole Alec Wilson. Une collaboration significative avec les détenteurs de droits inuits est fondamentale pour atteindre des objectifs communs, notamment la souveraineté, la sécurité, le développement économique et le bien-être des communautés dans l’Arctique.»

Plus tôt dans la journée, le président de l’ITK, Natan Obed, a indiqué que si le partenariat avec Ottawa n’était plus viable, les Inuits chercheraient des partenaires ailleurs.

Il a énoncé que les relations actuelles avec le gouvernement fédéral étaient positives, mais il a également souligné qu’il y avait eu «un changement très important» dans la manière dont Ottawa associe les Inuits aux décisions concernant leur propre territoire.

Cela inclut la décision d’Ottawa de ne pas mener de «consultation approfondie» avec les Inuits avant d’annoncer des investissements dans le domaine de la défense et le programme de carrefours de soutien opérationnel du Nord destiné aux Forces armées canadiennes.

«On nous a informés et on nous a demandé si nous pouvions venir célébrer avec le gouvernement du Canada lors de l’annonce de ces projets, a expliqué M. Obed à La Presse Canadienne. Nous ne faisons pas partie intégrante de ces discussions, même si elles concernent notre territoire ancestral.»

Bien que M. Obed ait affirmé que le Canada était le «partenaire privilégié» des Inuits et qu’ils n’avaient «aucun intérêt à explorer d’autres voies», ils le feront s’ils le jugent nécessaire.

«Si le partenariat avec le Canada n’est pas à l’ordre du jour, si nous ne sommes pas considérés comme des partenaires respectés, alors ne devrions-nous pas rechercher d’autres partenaires pour défendre nos intérêts? a-t-il demandé dans son allocution devant l’auditoire du sommet, tandis que la ministre Alty écoutait depuis le premier rang.

«Ce n’est pas une menace. C’est une considération pratique dont je suis sûr que (le cabinet du premier ministre) tient compte chaque jour dans les décisions qu’il prend au nom des Canadiens. Donc, pour les Inuits, nous devons utiliser notre pouvoir et nos atouts pour pouvoir résister à ce regain d’intérêt pour notre terre natale — pas nécessairement pour notre peuple.»

M. Obed a souligné les efforts déployés par Mark Carney pour diversifier les relations commerciales du Canada en réponse à la guerre commerciale menée par le président américain Donald Trump, notamment en rétablissant les relations avec l’Inde et la Chine.

Il a noté que la sécurité, la défense et la souveraineté de l’Arctique sont «une priorité absolue» pour le gouvernement du premier ministre Carney, alors que l’Arctique abrite «des atouts stratégiques nationaux pour l’extraction des ressources». 

«C’est maintenant à notre tour de tenir un discours très similaire», a annoncé M. Obed à l’assistance.

M. Obed a évoqué le renouveau des relations entre le Canada et la Chine, tout en soulignant que «les Inuits ont été dissuadés de collaborer avec des intérêts chinois pour l’extraction de ressources naturelles ou des projets liés au sous-sol dans certaines parties de l’Inuit Nunangat».

Lorsqu’on lui a demandé si les Inuits envisageraient de collaborer plus directement avec des investisseurs chinois pour des projets dans l’Arctique, M. Obed a reconnu qu’ils en discuteraient d’abord avec Ottawa.

«Nous prenons très au sérieux les menaces qui pèsent sur la souveraineté canadienne», a-t-il dit.

M. Obed a déclaré que les projets de grande envergure finançaient la mise en œuvre des traités conclus avec les Inuits, des programmes sociaux et des services, et créaient des opportunités d’emploi pour les Inuits.

Le cas du logement

M. Obed a cité le logement comme exemple illustrant le fait qu’Ottawa s’éloigne de la pratique consistant à laisser les Inuits prendre leurs propres décisions en matière d’aide sociale.

Lorsque le précédent gouvernement libéral allouait des fonds au logement, l’ITK distribuait ces sommes aux régions inuites selon un modèle de financement établi par son conseil d’administration.

À partir de là, les organisations inuites décidaient comment construire ces logements.

M. Obed a expliqué, qu’aujourd’hui, qu’Ottawa revient à un modèle de collaboration plus étroite avec les gouvernements territoriaux, plutôt qu’avec les organisations inuites.

«Nous ne constatons plus les mêmes opportunités ni la même prise en compte des enveloppes budgétaires fondées sur les droits et de la politique fiscale. Et cela préoccupe profondément les Inuits, a commenté M. Obed. Nous assistons également au retour d’un Nord territorial, plutôt que d’un Nord Inuit Nunangat.»

Nick Murray

Nick Murray

Journaliste