Le premier ministre fédéral Mark Carney estime que les «fils» d’un nouvel ordre mondial pourraient être tissés lors du sommet du G7, la semaine prochaine.
M. Carney a fait ces remarques lors d’une discussion au Trinity College de Dublin, alors qu’il effectuait un voyage de six jours en Europe.
En janvier, le premier ministre avait prononcé un discours à Davos appelant les puissances moyennes à s’unir face aux grandes puissances, ce qui a eu un retentissement mondial.
Il affirme que le G7 de cette année, qui se tiendra à Évian-les-Bains, en France, ne réunira pas seulement ses membres à part entière, puisque d’autres pays, comme le Kenya, le Brésil, l’Égypte et l’Inde, participeront au sommet.
M. Carney souligne que ces autres partenaires apporteront «une perspective plus large et un élément supplémentaire à la solution».
Selon lui, le G7 reconnaît ainsi qu’il n’a aucune prétention à diriger le monde, si tant en est qu’il en ait eu l’intention.
Le premier ministre canadien a souligné que certains enjeux évoluaient «assez rapidement». Il a noté que l’intelligence artificielle n’était pratiquement pas réglementée, ce qui peut entraîner toute une série de problèmes, notamment en matière de sécurité des enfants et de risque systémique lié aux cyberattaques ou au piratage.
«L’importance de partager les défenses, d’avoir des normes communes, de ne pas publier de modèles dotés de ce pouvoir avant que les autres ne soient prêts, c’est un impératif. C’est un sujet dont nous discuterons certainement au G7», a-t-il déclaré.
Le gouvernement français, qui préside le sommet, indique que les priorités du G7 porteront notamment sur la résolution des grandes crises géopolitiques, notamment par le soutien du G7 à l’Ukraine, la lutte contre la criminalité et la protection des enfants en ligne.
Plus tôt cette année, les législateurs français ont approuvé un projet de loi interdisant les réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans, alors que l’idée de fixer un âge minimum pour l’utilisation de ces plateformes prend de l’ampleur à travers l’Europe.
Le gouvernement canadien a présenté cette semaine son propre projet de loi sur la sécurité en ligne, qui obligerait les réseaux sociaux à bloquer l’accès aux enfants de moins de 16 ans, bien que les plateformes puissent obtenir une dérogation si elles mettent en place des mesures de protection suffisantes.
Le projet de loi C-34, présenté mercredi à la Chambre des communes, réglementerait également les entreprises à l’origine des agents conversationnels basés sur l’IA en leur imposant une obligation d’agir de manière responsable. Cela inclut des mesures visant à réduire le risque que les agents diffusent des contenus préjudiciables et à mettre en place des protocoles d’intervention en cas de crise pour les situations impliquant l’automutilation, le suicide ou la violence.
Un responsable du gouvernement canadien a déclaré cette semaine qu’il n’y aurait probablement pas de communiqué final exhaustif des dirigeants à l’issue du sommet, mais que l’on pouvait s’attendre à ce que des déclarations sur des thèmes spécifiques soient publiées par les dirigeants tout au long de l’événement.
Des rapports récents du Fonds monétaire international et de la présidence française du G7 indiquent que les déséquilibres macroéconomiques mondiaux ne cessent de s’aggraver et ne peuvent être résolus sans la Chine. Le responsable a déclaré que les dirigeants devraient aborder l’avenir de l’économie mondiale et que leurs discussions porteraient probablement aussi sur la surcapacité industrielle de la Chine.
M. Carney devrait tenir des réunions avec les dirigeants mondiaux lors du sommet, bien qu’on ignore encore s’il rencontrera le président américain Donald Trump.
Avec des informations d’Anja Karadeglija à Ottawa pour La Presse Canadienne

