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L’élection dans Chicoutimi est un match revanche pour le Parti conservateur

La circonscription pourrait également servir de baromètre des tendances en vue des prochaines élections générales.

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Des urnes sont visibles dans un bureau de vote de Montréal, le lundi 1er octobre 2018. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes Des urnes sont visibles dans un bureau de vote de Montréal, le lundi 1er octobre 2018. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes (Graham Hughes)

L’élection complémentaire dans Chicoutimi lundi soir prend des allures de match revanche pour le Parti conservateur d’Éric Duhaime (PCQ).

En effet, le PCQ avait terminé deuxième dans la complémentaire d’Arthabaska l’automne dernier dans une défaite crève-coeur au profit du Parti québécois (PQ), qui serait encore premier selon des sondages dans Chicoutimi.

Cette fois, des enquêtes d’opinion suggèrent que le PCQ serait encore deuxième, le seul parti à chauffer les péquistes dans la circonscription saguenéenne. Les conservateurs pourraient ainsi se définir comme les seuls adversaires sérieux du PQ aux élections générales d’octobre.

La Coalition avenir Québec (CAQ), qui y avait obtenu sa plus forte majorité au scrutin général de 2022 en faisant réélire la ministre Andrée Laforest, traînerait cette fois de l’arrière et aurait vraisemblablement beaucoup de mal à rééditer son exploit.

La démission de Mme Laforest en septembre dernier a forcé la tenue de cette complémentaire qui ne tombe pas au meilleur moment pour la CAQ, alors que le parti au pouvoir arrive au bout de huit ans de règne et est en pleine course à la succession de François Legault.

Chicoutimi pourrait néanmoins servir de baromètre des tendances en vue des prochaines élections générales.

On pourrait savoir notamment si le départ de M. Legault peut insuffler un nouvel élan à la CAQ, même si le ou la prochaine cheffe ne sera pas choisie avant le 12 avril.

On pourrait peut-être aussi voir s’il y a un regain d’intérêt des électeurs francophones pour le Parti libéral (PLQ), à la suite du couronnement récent du nouveau chef Charles Milliard.

Mais également, on pourra mesurer si le PQ arrive à maintenir son impulsion acquise depuis sa victoire à l’élection complémentaire de Jean-Talon 2023, alors que son engagement à tenir un référendum sur l’indépendance dans un éventuel premier mandat pourrait refroidir les électeurs dans le contexte de la guerre commerciale Canada-États-Unis.

Si le PQ remporte Chicoutimi lundi soir, il obtiendrait ainsi une fiche parfaite, soit quatre victoires en quatre complémentaires depuis 2023.

En effet, outre Jean-Talon, il y a eu Terrebonne en 2024, puis Arthabaska en août 2025. La formation de Paul St-Pierre Plamondon, qui n’avait réussi à ne faire élire que trois députés au scrutin général de 2022, est ainsi arrivé jusqu’à maintenant à doubler son groupe parlementaire.

Une circonscription changeante

Historiquement, Chicoutimi a été à la fois péquiste... et aussi conservatrice.

C’était un bastion indépendantiste acquis au PQ de 1973 jusqu’à l’élection du premier gouvernement caquiste de François Legault en 2018.

Mais au fédéral, la circonscription de Chicoutimi - Le Fjord, qui ne recoupe pas exactement les mêmes délimitations, est aux mains du Parti conservateur du Canada depuis 2018.

Et elle a été auparavant détenue par son prédécesseur, le Parti progressiste-conservateur, mais aussi le Parti libéral du Canada et même brièvement le Nouveau Parti démocratique — donc ce n’est pas un territoire acquis au Bloc québécois, le parti souverainiste proche du PQ.

Un sondage récent suggérait une lutte à deux entre le PQ et le PCQ.

L’enquête d’opinion Pallas commandée par le PCQ et menée le 22 janvier dernier accordait 29 % des intentions de vote au PQ et 19 % au PCQ, en deuxième, avec 27 % d’indécis. L’échantillon était seulement de 311 répondants et la marge d’erreur était de plus ou moins 6 %, 19 fois sur 20.

Partielle dans Chicoutimi: dernière ligne droite avant le jour J Le chef du P.C.Q. Éric Duhaime et le chef du PQ Paul St-Pierre Plamondon étaient au Saguenay—Lac-Saint jeudi pour soutenir leur candidate respective alors que l’élection partielle dans Chicoutimi arrive à grands pas.

Le PLQ atteignait seulement 9 %, la CAQ suivait de près à 8 %, tandis que QS fermait la marche à 7 %.

Les candidats

Celle sur qui le PQ compte pour reprendre la circonscription est Marie-Karlynn Laflamme, vice-rectrice intérimaire aux affaires administratives et aux ressources de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Celui qui doit défendre le bilan du gouvernement dans Chicoutimi et garder la circonscription aux mains de la CAQ est Francis Tremblay, employé du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean et étudiant à la maîtrise.

L’entrepreneure Catherine Morissette porte les couleurs du PCQ, tandis que l’attachée politique à l’aile parlementaire libérale Tricia Murray représente le PLQ.

Jeanne Palardy a été investie candidate de Québec solidaire. Elle est coordonnatrice dans une maison d’hébergement pour femmes en difficulté.

Les données préliminaires d’Élections Québec indiquent que 5343 personnes, soit 11,67 % de l’électorat, ont voté par anticipation à cette élection partielle.

Les bureaux de vote seront ouverts lundi de 9 h 30 à 20 h. Dix-sept lieux de vote seront ouverts et ils sont indiqués sur la carte de l’électeur envoyée par la poste ou encore sur le site Web d’Élections Québec.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste