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Les É.-U. et Israël n'ont pas «carte blanche» sur le droit international, dit Anand

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La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, lors de la Conférence d'Ottawa sur la défense et la sécurité, à Ottawa, le 4 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, lors de la Conférence d'Ottawa sur la défense et la sécurité, à Ottawa, le 4 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang (Justin Tang)

Les États-Unis et Israël n’ont pas «carte blanche» dans leur campagne de bombardements en Iran et restent soumis au droit international, a déclaré vendredi la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, alors que la guerre au Moyen-Orient approche de son septième jour.

«Le droit international lie toutes les parties, et il n’y a pas de carte blanche en ce qui concerne l’opération qui est menée», a affirmé la ministre lors d’une conférence de presse virtuelle organisée pour faire le point sur les efforts déployés pour aider les Canadiens à quitter la région.

Mme Anand avait prévu une conversation téléphonique vendredi avec les membres du caucus libéral afin de leur fournir des informations pour les électeurs qui recherchent de l’aide au Moyen-Orient. Cet appel devait également inclure une discussion sur la position du gouvernement concernant la guerre elle-même.

Certains membres du caucus ont publiquement exprimé leur malaise face au soutien du premier ministre Mark Carney à la campagne américaine, arguant qu’elle viole le droit international.

La ministre s’est dite ouverte à la diversité des opinions, mais a rappelé que des négociations visant à empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires sont en cours depuis deux décennies.

Lorsque les États-Unis ont lancé leurs attaques contre l’Iran le 28 février, Mme Anand a d’abord refusé de dire si la campagne de bombardements américains violait le droit international. M. Carney a déclaré le 3 mars, lors d’une conférence de presse en Australie, que les frappes aériennes violaient probablement le droit international et il a exprimé son soutien à la mission avec «regret».

D’autres députés libéraux, comme Will Greaves, ont déclaré que le Canada ne pouvait défendre sa souveraineté et les principes du droit international qu’en faisant preuve de cohérence.

Les conservateurs affirment qu’Ottawa fait volte-face, tandis que certains experts soutiennent que les libéraux s’inclinent devant Washington afin d’éviter une suspension de l’ACEUM.

D’autres ont remis en question la volonté d’Ottawa de privilégier la diplomatie, arguant que le gouvernement Carney a implicitement accepté l’affirmation américaine selon laquelle la diplomatie ne permettait pas d’empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique.

Mme Anand a répondu à ces préoccupations en invoquant le droit international et en affirmant qu’Ottawa s’efforce de contribuer à désamorcer la situation.

«La sécurité des civils est de la plus haute importance, a-t-elle affirmé. Dans cette optique, l’apaisement est au cœur de toutes les conversations que j’ai avec nos partenaires au Moyen-Orient et dans le Golfe.»

Elle a ajouté que le Canada avait sanctionné les dirigeants de l’Iran et participé à des mesures diplomatiques visant à démanteler le programme nucléaire iranien au fil des ans.

«Nous croyons qu’il est important de faire notre part pour assurer une plus grande stabilité», a-t-elle déclaré.

Mme Anand a ajouté qu’elle attendrait les conclusions de la générale Jennie Carignan, cheffe d’état-major de la Défense, avant de se prononcer sur la possibilité que le Canada aide les États du golfe Persique à se défendre contre les bombardements iraniens.

S’adressant aux journalistes lors d’une conférence sur la défense et la sécurité à Ottawa jeudi, la générale Carignan a indiqué qu’une réunion avait été prévue tôt vendredi matin pour discuter d’une telle proposition entre les armées alliées et que les Forces armées canadiennes présenteraient une recommandation au gouvernement.

La générale Carignan a précisé que toute aide viserait à aider les États du Golfe à se défendre, et que le Canada ne savait pas encore s’ils avaient besoin ou souhaitaient une aide.

M. Carney a déclaré cette semaine que le Canada ne pouvait pas «catégoriquement» exclure une participation militaire dans le conflit qui s’intensifie si ses alliés lui demandaient de participer, mais il a qualifié cette perspective d’«hypothétique».

M. Carney a déclaré samedi à Tokyo – vendredi soir (heure de l’Est à Ottawa) – aux journalistes qu’aucune demande d’aide militaire canadienne n’avait été faite et qu’il ne s’attendait pas nécessairement à ce que de telles demandes soient formulées.

Le premier ministre a ajouté que toute décision serait prise par le gouvernement, et non par les Forces armées.

Interrogé sur la manière dont le Canada pourrait s’impliquer, M. Carney a répondu qu’il pouvait imaginer un scénario dans lequel le Canada fournirait une aide défensive à un allié de l’OTAN. Il a également indiqué qu’un tel scénario n’existait pas à l’heure actuelle.

Le ministre de la Culture, Marc Miller, a déclaré vendredi à Montréal aux journalistes qu’il soutenait les déclarations de M. Carney sur le conflit, ajoutant que la «priorité absolue est de veiller à ce que les Canadiens restent en sécurité».

Plus de 108 000 Canadiens et résidents permanents se sont enregistrés auprès d’Affaires mondiales Canada dans la région.

Le Canada compte environ 200 militaires au Moyen-Orient et Mme Anand a affirmé qu’il n’y avait pas de plan imminent pour que les troupes ou les navires jouent un rôle actif.

«Nous ne prévoyons pas d’intervention militaire pour le moment», a-t-elle assuré.

Jeudi, le Koweït a activé ses systèmes de défense aérienne après que des missiles ont été tirés en direction du pays.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montreraient une explosion à la base aérienne d’Ali al-Salem, bien que l’armée de l’air américaine n’ait pas confirmé cet incident vendredi.

Selon les registres réglementaires, le Canada dispose d’un centre de soutien opérationnel sur cette base.

Dylan Robertson

Dylan Robertson

Journaliste