Politique

Les compressions dans les opérations de maintien de la paix nuiront à la réputation internationale du Canada

C’est ce qu’a affirmé un ancien ambassadeur du Canada auprès des Nations Unies.

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L'ambassadeur du Canada aux Nations unies à New York, Bob Rae. L'ambassadeur du Canada aux Nations unies à New York, Bob Rae. (John Minchillo | AP | La Presse canadienne)

Un ancien ambassadeur du Canada auprès des Nations Unies a dénoncé la décision du gouvernement Carney de mettre fin aux opérations internationales de maintien de la paix, qu’il juge essentielles à la crédibilité mondiale du Canada.

Dans une entrevue accordée mercredi à l’émission CTV Your Morning, Bob Rae a décrit les missions de maintien de la paix comme «faisant partie intégrante de notre stratégie de sécurité nationale».

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Le défi en matière de sécurité pour le Canada ne repose pas sur les conflits dans lesquels nous sommes actuellement engagés», a dit celui qui a également occupé le poste de premier ministre de l’Ontario pour le NPD au début des années 1990. «Il repose plutôt sur les conflits dans lesquels nous risquons d’être impliqués à l’avenir et sur les endroits où le monde a besoin de la présence de pays comme le Canada, qui ont une vision claire de la manière dont nous pouvons jouer un rôle plus important.»

Ces commentaires interviennent près d’un mois après que le gouvernement a annoncé qu’il mettrait fin ou réduirait ses opérations au Kosovo, à Chypre, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo et en Égypte.

Selon un communiqué de presse du 17 juillet, 50 à 60 membres des Forces armées canadiennes actuellement affectés à ces missions seront «réintégrés dans des rôles prioritaires à l’appui des opérations au pays et à l’étranger».

Le gouvernement a qualifié cette mesure d’«alignement plus approprié» sur les priorités actuelles en matière de défense, notamment la défense du Canada, le soutien à la région euro-atlantique et la contribution à la stabilité de la région indo-pacifique.

«Cette approche concentre le personnel et les capacités là où ils ont la plus grande incidence, outre soutenir les engagements, conserver la préparation face aux défis émergents et améliorer l’efficacité opérationnelle avec alliés et partenaires», peut-on lire dans le communiqué de presse.

Dans un article publié le 7 août dans le magazine Policy, il a estimé que l’approche fédérale constituait une tentative d’éviter de «défendre» une composante militaire de longue date dont l’utilité fait l’objet d’un vif débat depuis des années.

«Le gouvernement Carney ne peut pas laisser cela passer pour le dernier soupir d’un pays dont le seul prix Nobel de la paix a été décerné pour l’invention des missions de maintien de la paix de l’ONU», a souligné M. Rae.

Il a qualifié cette annonce de «mal conçue» et a souligné que, tandis que d’autres alliés de l’OTAN continuent de fournir du personnel aux opérations de l’ONU, ce n’est pas le cas des États-Unis.

«Personne ne manquera de remarquer que ces missions se déroulent en Afrique et au Moyen-Orient», a-t-il écrit. «Le fait que le Canada semble indifférent à leur égard aura des répercussions sur sa réputation.»

Devika Desai

Devika Desai

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