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Les bloquistes se réunissent en Outaouais pour préparer la rentrée parlementaire

Les élus bloquistes se préparent à la rentrée parlementaire qui aura lieu lundi.

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BQ Blanchet 20sept Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, parle aux médias, le 20 septembre 2026, en marge de la réunion de son caucus à Cantley, en Outaouais, au Québec. (Keito Newman/La Presse Canadienne)

Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, met en garde contre un possible «cheval de Troie» que pourrait représenter la façon dont le premier ministre Mark Carney effectuera son rapprochement promis avec l’Europe.

«Il y aura quelque chose qui serait mis dans un ensemble avec des mesures qui pourraient s’avérer utiles et qui ne doivent pas être le cheval de Troie dans lequel se cachera l’exportation du gaz et du pétrole», a dit dimanche M. Blanchet en point de presse à Cantley, en Outaouais, où il a rassemblé son caucus.

Les élus bloquistes se préparent à la rentrée parlementaire qui aura lieu lundi à un peu moins de 20 kilomètres d’où ils se trouvent dimanche.

«Bonjour tout le monde!, écoutez bienvenue à, j’ai envie de vous dire, la petite rentrée», avait lancé M. Blanchet en avant-midi à ses députés qui étaient attablés pour commencer leur journée de travail.

Le chef du Bloc a expliqué son expression «petite rentrée» en faisant référence au calendrier de la Chambre des communes, qui prévoit que les élus siégeront une seule semaine pour ensuite en passer une autre dans leurs circonscriptions. Ils reviendront ensuite à Ottawa.

«Une occasion à saisir»

La question du rapprochement stratégique du Canada avec l’Europe afin de diminuer sa dépendance envers les États-Unis représente, selon M. Blanchet, «une occasion à saisir dans une perspective québécoise».

«Compte tenu de notre proximité avec l’Europe, compte tenu de notre histoire, compte tenu de la langue, nous, on est une porte d’entrée historique avec l’Europe», a dit le chef bloquiste au sujet du Québec.

M. Blanchet ne s’attend pas à ce qu’Ottawa conclue un nouveau traité, puisque l’accord de libre-échange connu comme étant l’AECG (ou le CETA en anglais) n’a toujours pas été ratifié par certains membres de l’Union européenne (UE).

Il ne croit pas non plus qu’on assistera à une nouvelle «alliance», bien que M. Carney eut employé exactement ce mot pour vanter son projet de rapprochement avec l’UE.

Peu importe la forme que prendra une collaboration renforcée, M. Blanchet estime qu’Ottawa pourrait trouver «de belles inspirations» en Europe.

«Les mesures de protection de la qualité des aliments par rapport à l’usage des antibiotiques ou des différentes hormones de croissance, c’est beaucoup plus sévère en Europe qu’au Canada», a-t-il noté.

«Voici une belle inspiration pour un gouvernement qui mène la bride sur le cou au milieu des insecticides souvent toxiques», a-t-il ajouté.

Le gouvernement de Mark Carney s’est donné la latitude, avec l’adoption de son projet de loi C-30, d’autoriser, pour des raisons de «sécurité économique», des pesticides qui avaient été interdits parce qu’ils posent en risque pour l’environnement.

M. Blanchet critique aussi les libéraux d’avoir reculé sur la taxe sur les services numériques de 3 % visant à ce que les géants du web paient leur juste part.

«L’Europe est aussi beaucoup plus proche de mesures de politique qui protègent la diversité culturelle et la découvrabilité des contenus, que le gouvernement canadien vient de sacrifier au grand complet», a dit le chef bloquiste dimanche.

M. Blanchet croit aussi que le premier ministre devrait s’inspirer de l’Europe en remettant en place des mesures visant à faire payer pour les émissions de carbone. Les libéraux ont mis la hache dans la tarification du carbone depuis que M. Carney a succédé à Justin Trudeau.

L’élection québécoise sur le radar

Le chef bloquiste n’a pas manqué de souligner que sa formation politique suit de près l’élection québécoise dont on devrait connaître le dénouement le 5 octobre.

Le rôle du Bloc à Ottawa pourrait changer si un gouvernement péquiste prenait le pouvoir.

«On sait qu’on veut un maximum et éventuellement tous les pouvoirs entre les mains de l’État québécois, a rappelé M. Blanchet. La forme que ça va prendre va dépendre d’une configuration du Parlement sur laquelle je ne me prononce pas. Donc, on va se lever le 6 au matin. (…) on va regarder ce qu’on a devant nous.»

Le dossier de la guerre tarifaire pourrait aussi évoluer au courant de l’automne, a évoqué M. Blanchet.

«Il y aura les élections de mi-mandat aux États-Unis, qui pourraient faire en sorte que les Américains fassent ce qui est la responsabilité des Américains, c’est-à-dire disposer eux-mêmes en bonne partie de la menace que pose Donald Trump sur l’économie américaine aussi, a-t-il dit. Et ça, ça va changer complètement la donne.»

Tout au long de l’été, les bloquistes ont mis de l’avant leurs propositions concernant la guerre tarifaire, notamment des mesures visant à bonifier l’aide gouvernementale pour les entreprises durement touchées par les droits de douane américains.

Le Bloc se prépare à d’autres partielles

La formation politique a aussi consacré beaucoup de ses ressources et de son énergie à tenter de l’emporter, en vain, au cours de l’élection partielle dans la circonscription de Chicoutimi–Le Fjord, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

M. Blanchet, s’est rendu à plusieurs reprises sur le terrain, et les députés des circonscriptions voisines, Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe, ont pratiquement travaillé à temps plein sur la campagne de la candidate défaite, Caroline Dubé.

Cette course électorale dans l’ancien fief du député conservateur Richard Martel, devenu sénateur indépendant, fut l’occasion, pour le parti, d’insister sur les gains qu’il a obtenus en matière de préservation de la gestion de l’offre.

Depuis, de nouvelles vagues de droits de douane ou de menaces tarifaires se sont succédé.

Les préoccupations quant aux impacts des nouvelles salves commerciales sur l’économie, de même que sur le coût de la vie, sont donc bien à l’avant-plan. Les élus bloquistes en discutent vraisemblablement.

Ces derniers commenceront la session parlementaire sans l’un des leurs, Simon-Pierre Savard-Tremblay, qui s’est porté candidat aux élections provinciales sous la bannière du Parti québécois, le parti frère de la formation souverainiste à Ottawa.

L’élection partielle dans Saint-Hyacinthe—Bagot—Acton, qui devra être déclenché en raison du départ de M. Savard-Tremblay, mobilisera aussi des ressources et de l’énergie des bloquistes.

Deux autres élections partielles fédérales devront être déclenchées dans les circonscriptions montréalaises de Rosemont-Petite-Patrie et Laurier-Sainte-Marie.

Émilie Bergeron

Émilie Bergeron

Journaliste