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Les aspirants chefs au NPD ne seraient pas pressés de devenir députés

Le nom du prochain chef sera dévoilé le 29 mars.

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Les candidats à la direction du NDP prennent la pose avant le débat en français à Montréal, le 27 novembre 2025. De gauche à droite: Rob Ashton, Tanille Johnston, Avi Lewis, Heather McPherson et Tony McQuail. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov... Les candidats à la direction du NDP prennent la pose avant le débat en français à Montréal, le 27 novembre 2025. De gauche à droite: Rob Ashton, Tanille Johnston, Avi Lewis, Heather McPherson et Tony McQuail. (Christopher Katsarov/La Presse canadienne)

Quatre des cinq candidats à la direction du NPD ne se disent pas pressés d’obtenir un siège à la Chambre des communes après une éventuelle victoire.

Le cinéaste Avi Lewis indique que s’il est choisi comme nouveau chef du NPD la semaine prochaine, sa principale priorité sera de préparer la base du parti en vue des prochaines élections générales.

«La campagne a été un excellent moyen de s’immerger dans les collectivités, d’aller vraiment à la rencontre des gens sur le terrain, d’être témoin des difficultés quotidiennes des Canadiens et d’affiner nos solutions pour leur faciliter la vie. Et je suis impatient de poursuivre ce travail», lance-t-il.

Trois autres candidats — le dirigeant syndical Rob Ashton, l’agriculteur Tony McQuail et la travailleuse sociale Tanille Johnston — s’accordent à dire qu’un siège à la Chambre des communes n’est pas leur priorité immédiate.

Mme Johnston croit que le parti doit d’abord s’assurer que les candidats seront désignés suffisamment tôt pour attirer des bénévoles et mettre en place des associations locales solides en vue des prochaines élections.

«Je suis une fervente partisane de l’organisation des primaires au plus tard six mois après la fin d’un cycle électoral, afin que nous ayons toujours un candidat, avance-t-elle. Nous votons vraiment pour la personne et, sans candidat, sans même un nom à associer à une campagne, il est très difficile d’amener les gens à s’engager pleinement pour nous et à venir faire du bénévolat. Nous devons donc vraiment présenter nos candidats dès que possible.»

La cinquième, Heather McPherson, est déjà députée au Parlement fédéral. Elle qualifie la position de ses adversaires de «un peu étrange». Selon elle, l’une des tâches essentielles d’un chef de parti est de tenir le gouvernement responsable de ses actions. Le meilleur endroit pour le faire, c’est la Chambre des communes.

«Je trouve cela, pour être honnête, un peu étrange. Je veux dire, concrètement, nous sommes un parti politique, et c’est à la Chambre des communes que se joue la vie politique», souligne-t-elle.

La députée d’Edmonton-Strathcona juge que s’il est essentiel de s’occuper de la base, il faut aussi se présenter à la Chambre des communes, intervenir pendant la période de questions et demander des comptes au gouvernement. «C’est le travail pour lequel nous nous présentons tous».

Jagmeet Singh est devenu chef du NPD en octobre 2017, mais il n’est devenu député qu’en février 2019.

M. McQuail, qui se décrit comme un candidat vert progressiste, envisage de se présenter à une élection partielle en dehors de sa collectivité si les associations locales, les verts et d’autres partis progressistes l’invitaient à se présenter.

«Mais notre besoin le plus urgent pour l’instant est de reconstruire et de renforcer nos associations locales, et d’accroître considérablement leur ancrage au sein de leurs propres collectivités», affirme-t-il.

Des tensions

D’autres discussions difficiles pourraient surgir au NPD, comme les tensions entre les ailes provinciales et fédérale sur les questions d’énergie et d’environnement.

Le camp McPherson a envoyé un courriel à ses membres la semaine dernière avec pour sujet un vieux manifeste des années 2010: le manifeste «Un bond vers l’avant».

Le courriel fait référence aux attaques du Parti de la Saskatchewan contre l’ancienne députée provinciale néo-démocrate Cathy Sproule au sujet de l’association de son parti avec ce document d’orientation corédigé en 2015 par Avi Lewis et publié au milieu de la campagne électorale fédérale de 2015. Il appelait, entre autres, à un moratoire sur les nouveaux projets liés aux combustibles fossiles et à une économie entièrement alimentée par des énergies propres d’ici 2050.

Certains néo-démocrates ont réclamé l’adoption du document à titre de programme officiel, malgré les résultats décevants de leur parti aux élections de 2015.

Cela a donné lieu à de vives divergences quant à l’orientation du parti, les détracteurs du manifeste affirmant qu’il rendait les néo-démocrates fédéraux et provinciaux non concurrentiels en Alberta et en Saskatchewan.

Le manifeste «Un bond vers l’avant» a été un boulet politique pour Rachel Notley lorsqu’elle a dirigé un gouvernement néo-démocrate en Alberta de 2015 à 2019. L’organisation de Mme McPherson a souligné que la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, s’est servie de ce manifeste pour attaquer le chef provincial du NPD, Naheed Nenshi.

«Cela a été une priorité pour moi de ne pas être un obstacle pour les partis provinciaux alors qu’ils se battent pour prendre le pouvoir ou pour le conserver. Et j’ai quelques inquiétudes, dit Mme McPherson. Je veux dire, j’étais à Edmonton. J’ai vu les conséquences qui surviennent lorsque le parti fédéral ne soutient pas le parti provincial.»

La course à la direction du NPD est entrée dans sa dernière ligne droite. Le nom du prochain chef sera dévoilé le 29 mars lors du congrès du parti à Winnipeg.

David Baxter

David Baxter

Journaliste