Le ministre responsable du commerce entre le Canada et les États-Unis a annoncé qu’il s’entretiendrait avec le responsable commercial du président américain Donald Trump dans les prochaines semaines afin de discuter de la révision imminente de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
Dominic LeBlanc a déclaré avoir eu une conversation téléphonique avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, après que son homologue américain ait affirmé la semaine dernière que les Canadiens avaient mis en place des barrières qui rendaient difficiles les négociations commerciales bilatérales.
«Ils refusent de vendre du vin et des spiritueux américains. Ils n’ont pas abordé et n’abordent toujours pas divers problèmes, ce qui constitue un obstacle majeur à l’ouverture de véritables négociations», avait alors déclaré M. Greer.
Certaines provinces canadiennes ont effectivement retiré l’alcool américain des tablettes des magasins l’an dernier à la suite des droits de douane imposés par M. Trump et de ses menaces répétées d’annexion.
Le premier ministre Mark Carney a semblé apaiser les tensions à ses deux visites dans le bureau Ovale, mais les pourparlers ont de nouveau été gelés lorsque le président américain s’est indigné d’une publicité commanditée par l’Ontario, en octobre, qui citait l’ancien président Ronald Reagan critiquant les droits de douane.
Les négociations demeurent au point mort et les tensions restent vives, bien qu’Ottawa et l’ambassade du Canada à Washington soutiennent que les lignes de communication avec l’administration Trump restent ouvertes.
L’ACEUM a protégé le Canada et le Mexique des pires répercussions des droits de douane, mais l’administration Trump a semé l’incertitude avant un examen obligatoire de l’entente commerciale trilatérale, prévu cette année.
M. Trump a affirmé qu’il envisageait de se retirer de l’accord, tandis que M. Greer a évoqué la possibilité de négocier des accords commerciaux bilatéraux distincts avec les voisins les plus proches des États-Unis.
M. LeBlanc, qui dirige cette semaine une importante mission commerciale au Mexique, est convaincu que les conversations peuvent encore être fructueuses.
«De toute évidence, certains des points évoqués par M. Greer font partie des sujets abordés publiquement par l’administration américaine et d’autres que nous avons longuement discutés en privé avec eux», a déclaré M. LeBlanc lors d’une visioconférence depuis Monterrey.
Récemment, M. Trump s’en est pris à l’accord conclu par M. Carney avec la Chine concernant les véhicules électriques et l’agriculture. Le président critique depuis longtemps le système canadien de gestion de l’offre laitière et affirme que les États-Unis n’ont besoin de rien provenant du Canada.
Parallèlement, l’administration Trump s’est montrée élogieuse envers le Mexique, qui bénéficie de droits de douane inférieurs à ceux du Canada.
Cette situation rappelle les négociations initiales de l’ACEUM, visant à remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), lors du premier mandat de M. Trump.
Le représentant américain au Commerce de l’époque, Robert Lighthizer, a raconté dans un livre que les États-Unis et le Mexique étaient initialement parvenus à un accord et que «le Canada était le bienvenu s’il le souhaitait». Il a toutefois souligné que Washington et Mexico étaient «prêts à poursuivre les négociations bilatérales si le Canada ne le faisait pas».
Finalement, un accord a été conclu et salué comme un succès par les trois pays.
Cette semaine, M. LeBlanc est accompagné au Mexique de centaines de délégués représentant des entreprises et des secteurs clés de partout au Canada. Il a rencontré la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, le secrétaire à l’Économie Marcelo Ebrard et d’autres membres du gouvernement.
Cette visite fait suite à celle de M. LeBlanc et de M. Carney en septembre, lors de laquelle ils ont lancé un partenariat stratégique global avec le Mexique dans le cadre des efforts d’Ottawa pour diversifier le commerce canadien.
Selon le ministre LeBlanc, le Canada et le Mexique ont des relations commerciales différentes avec les États-Unis, mais il existe de nombreux points communs.
Il affirme qu’Ottawa et ses homologues mexicains s’accordent pour dire qu’un accord nord-américain impliquant les trois pays est la meilleure voie à suivre.
«Nous demeurons pleinement engagés envers l’accord de libre-échange trilatéral et nous travaillons de concert tout au long de ce processus de révision», a déclaré M. LeBlanc mercredi.

