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Le succès des libéraux aux partielles de lundi est un «vote de confiance», dit Carney

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Le député libéral élu Daniel Gobeil, au centre, réagit à sa victoire lors de l'élection partielle de Chicoutimi-Le Fjord, à Saguenay, le lundi 31 août 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le député libéral élu Daniel Gobeil, au centre, réagit à sa victoire lors de l'élection partielle de Chicoutimi-Le Fjord, à Saguenay, le lundi 31 août 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot (Jacques Boissinot)

Lundi, dans les dernières heures de vote pour l’élection partielle, le candidat conservateur Jim Syrbos a lancé un dernier appel aux habitants de Beaches-East York: envoyer un message clair à Ottawa et au gouvernement libéral du premier ministre Mark Carney.

Mais ce n’est pas le message que M. Carney a reçu une fois les bulletins dépouillés dans les trois circonscriptions en jeu.

«Je crois que le message est clair. Les électeurs ont donné un vote de confiance dans le plan du gouvernement. Nous l’acceptons avec humilité et détermination», a déclaré M. Carney au pied de son bureau à Ottawa.

«Les Canadiens et les Canadiennes sont prêts, a ajouté le premier ministre. Nous achetons canadien, nous visitons le Canada, nous renforçons la force ici chez nous, nous diversifions nos relations commerciales à l’étranger. Et ce plan, c’était le plan de ce gouvernement depuis le début.»

Les libéraux ont remporté haut la main trois élections partielles lundi. Dans la circonscription de Beaches—East York, à Toronto, et dans celle de North Vancouver—Capilano, tout le monde s’attendait à ce que le parti au pouvoir remporte une victoire écrasante.

L’ancien chef de cabinet adjoint de M. Carney, Braeden Caley, a conservé son siège de Vancouver pour les libéraux avec 58,6 % des voix, tandis que Tanveer Shahnawaz, militant de la circonscription, a confortablement maintenu Beaches—East York entre les mains des libéraux avec 55,7 % des voix.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a enregistré une certaine progression dans la circonscription de Beaches—East York, où la candidate Shannon Devine a recueilli 25,8 % des voix lundi soir, soit une hausse par rapport aux 6 % obtenus par le parti lors des élections générales de l’année dernière.

Beaucoup s’attendaient à ce que la situation soit différente à Chicoutimi-Le Fjord. En avril 2025, le populaire conservateur Richard Martel avait remporté de justesse sa quatrième victoire électorale avec seulement trois points de pourcentage d’avance, les candidats du Bloc québécois et du Parti libéral n’étant séparés que par une poignée de voix.

Lundi, Daniel Gobeil, connu pour avoir été président des Producteurs de lait du Québec, a remporté 51,3 % des voix pour les libéraux à Chicoutimi-Le Fjord, soit environ 18 points d’avance sur la candidate du Bloc, Caroline Dubé.

«Cela envoie un message fort sur la puissance actuelle des libéraux au Québec, mais aussi sur les inquiétudes de la population face à la guerre commerciale», a analysé Daniel Béland, professeur de sciences politiques à l’Université McGill.

La province a été durement touchée par les droits de douane américains visant des secteurs clés, tels que l’aluminium, la sylviculture et le secteur laitier soumis à la gestion de l’offre.

Le vote conservateur s’est effondré lundi dans cette circonscription québécoise, Régis Gaudreault terminant à près de 39 points derrière M. Gobeil.

«La situation semble très mauvaise pour les conservateurs, et cela ne manquera pas d’alimenter le débat sur l’avenir de Pierre Poilievre à la tête du Parti conservateur du Canada», a indiqué M. Béland, qui est également directeur de l’Institut d’études canadiennes de l’Université McGill.

Mardi après-midi, le chef conservateur n’avait encore fait aucun commentaire public sur les résultats de ces élections partielles.

Des questions se posent quant à l’avenir de M. Poilievre à la tête du parti depuis les élections d’avril 2025.

Il avait propulsé les conservateurs à une avance de 20 points dans les sondages nationaux fin 2024, chassé Justin Trudeau du poste de premier ministre et contraint Mark Carney à abandonner la tarification du carbone impopulaire dès son accession à la tête du Parti libéral.

Mais le camp conservateur a eu du mal à s’adapter au bouleversement politique provoqué par les menaces incessantes du président américain, Donald Trump, contre la souveraineté canadienne et à la montée en flèche du patriotisme ainsi que de la colère qui en a résulté au nord de la frontière.

Pierre Poilievre a perdu son siège de longue date dans la région d’Ottawa lors des élections. Il a passé ce printemps à observer de loin les membres de son groupe parlementaire s’efforcer de mettre à mal la crédibilité du premier ministre Carney au Parlement, puis a passé l’été à faire campagne dans une circonscription conservatrice sûre de la campagne albertaine.

À l’automne, avec le retour du chef à son siège à la Chambre des communes, les conservateurs semblaient avoir retrouvé leur calme — jusqu’à ce que, l’un après l’autre, quatre députés changent de camp pour rejoindre le gouvernement libéral de M. Carney.

Trois victoires lors d’élections partielles en avril dernier ont permis aux libéraux d’obtenir la majorité qu’ils n’avaient pas réussi à décrocher un an plus tôt.

Daniel Gobeil ajoutera une voix supplémentaire aux rangs libéraux, à condition que ceux-ci ne perdent pas de terrain lors des élections partielles prévues au cours des prochains mois.

Cinq sièges vacants attendent déjà d’être pourvus: un en Ontario, un en Saskatchewan et trois au Québec. Un sixième devrait se libérer plus tard ce mois-ci, lorsque le conservateur Larry Brock quittera sa circonscription ontarienne, ce qu’il a annoncé pour le 18 septembre.

M. Carney n’a pas encore fixé de dates pour ces élections.

Daniel Béland a estimé que, bien que les élections partielles aient tendance à se concentrer davantage sur les enjeux locaux, il s’attend à ce que ce ne soit pas le cas pour les scrutins à venir.

«L’évolution du débat sur le commerce et les relations entre le Canada et les États-Unis, ainsi que la manière dont Mark Carney gère la situation, auront également une incidence sur le résultat», a commenté le professeur de McGill.

Sarah Ritchie

Sarah Ritchie

Journaliste

David Baxter

David Baxter

Journaliste