Le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, estime que les relations «brisées» entre le Canada et les États-Unis doivent être rétablies afin de garantir la sécurité dans les deux pays.
Il a affirmé que les pressions exercées sur les cartels mexicains avaient poussé les activités criminelles vers la frontière nord des États-Unis.
«Nous devons trouver une solution à certaines des tensions qui existent actuellement entre nos deux pays, car ni nous ni eux n’allons aller nulle part», a déclaré M. Mullin mercredi lors d’une discussion informelle avec le ministre canadien de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, à Washington.
«Nous devons donc cesser de nous concentrer sur nos différences et commencer à réfléchir à ce que nous avons en commun», a-t-il ajouté.
Les données du gouvernement américain montrent que le volume de fentanyl saisi à la frontière entre les États-Unis et le Canada est infime par rapport à celui saisi à la frontière avec le Mexique.
Le Canada a répondu aux préoccupations exprimées par Donald Trump en adoptant des mesures législatives et en débloquant des fonds pour renforcer la sécurité aux frontières. Cependant, les droits de douane sont restés en vigueur jusqu’à ce qu’ils soient annulés par la Cour suprême des États-Unis au début de cette année.
Donald Trump a remplacé ces droits de douane par des droits généraux de 10 % en vertu de l’article 122 de la loi sur le commerce de 1974. Ces droits ne s’appliquent pas aux marchandises conformes à l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu au Canada sous le nom d’ACEUM.
Ces droits expireront au bout de 150 jours, à moins que le Congrès ne vote leur prolongation. L’administration Trump cherche à mettre en place des droits de douane à plus long terme en lançant des enquêtes sur le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement, y compris au Canada.
Le Canada et les États-Unis partagent la plus longue frontière terrestre entre deux pays au monde. Lors de l’événement organisé mardi par le Center for Strategic and International Studies, M. Mullin a souligné que la géographie posait des défis et exigeait une collaboration.
M. Mullin, dont la nomination a été confirmée en mars, à la suite du mandat controversé de Kristi Noem, a soutenu que la répression menée par l’administration Trump contre les activités criminelles à la frontière avec le Mexique poussait les cartels à se tourner vers le Canada.
«Notre principale préoccupation est de voir ce qui se passe à notre frontière sud se propager jusqu’à notre frontière nord», a déclaré M. Mullin.
Les membres de l’administration Trump ne cessent de répéter depuis longtemps que les cartels mexicains renforcent leur présence au Canada. Les autorités canadiennes ont reconnu que le Canada était confronté à des problèmes liés au fentanyl, mais il s’agit avant tout d’un problème intérieur.
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’a pas encore répondu à une demande de commentaires visant à savoir s’il y a une recrudescence de l’activité des cartels mexicains au Canada.
M. Anandasangaree a partagé aux participants à l’événement de mercredi que la migration irrégulière du Canada vers les États-Unis avait diminué de 99 %. Il a ajouté: «Nous savons que le trafic de drogue est en baisse.»
Le ministre de la Sécurité publique a indiqué que le Canada s’efforce de sécuriser certaines zones de la frontière qui constituent une source de friction pour les États-Unis. Tous deux ont évoqué les problèmes liés aux drones et à l’utilisation des plateformes en ligne par les organisations criminelles.
M. Anandasangaree a souligné le succès des opérations menées conjointement par les forces de l’ordre des deux pays, notamment l’arrestation au Canada de Ryan Wedding, un ancien planchiste olympique canadien devenu trafiquant de drogue, ainsi que de sept autres personnes.
Le ministre a ajouté qu’au cours des cinq prochaines années, il souhaiterait voir le fentanyl éliminé et les armes à feu illégales disparaître des rues canadiennes. Il a dit avoir abordé ces deux questions avec son homologue américain.
«Notre engagement est de poursuivre cette collaboration et d’œuvrer pour une sécurité renforcée aux frontières», a commenté M. Anandasangaree.
Alors que Donald Trump a adopté une attitude hostile envers le Canada depuis son retour à la Maison-Blanche, M. Mullin s’est exprimé mercredi sur un ton plus amical. Il a évoqué les collaborations historiques entre les deux pays en ce qui a trait à la guerre et au maintien de l’ordre.
M. Mullin a déclaré que le Canada et les États-Unis devaient faire tomber les «frontières territoriales», cesser d’être «entêtés» et mieux s’écouter.
Il a ajouté qu’il «existe encore énormément d’amour et de confiance entre les États-Unis et le Canada.»
«Les disputes n’aident en rien. Elles ne font que nous rendre plus vulnérables», a observé M. Mullin.

