Le Parti libéral du Québec (PLQ) paie un salaire de 230 591 $ par an à son nouveau chef Charles Milliard.
C’est l’entente qui a été convenue entre lui et le parti, selon les renseignements transmis à La Presse Canadienne mercredi par une porte-parole. Elle correspond à celle qui avait été confectionnée pour son prédécesseur Pablo Rodriguez.
La rémunération du chef a déjà été un terrain miné pour le PLQ - notamment du temps du chef Jean Charest qui recevait un supplément de 75 000 $ même quand il était premier ministre - mais le parti joue maintenant cartes sur table.
Le PLQ verse à M. Milliard une rémunération à même ses coffres puisque, à l’instar de M. Rodriguez, il n’est pas élu à l’Assemblée nationale et ne reçoit donc aucun émolument actuellement.
Les 230 591 $ correspondent exactement à la rémunération qu’il recevrait s’il était chef de l’opposition officielle à la tête de son groupe parlementaire en Chambre.
L’entente est valide jusqu’au 5 octobre, jour du scrutin général, puisque M. Milliard entend se faire élire à titre de député d’Orford et donc faire son entrée à l’Assemblée.
L’été dernier, après l’élection de M. Rodriguez à la tête du PLQ à l’issue d’un congrès, le parti avait aussi justifié sa décision de verser un salaire à son chef équivalent au salaire de chef de l’opposition tel qu’établi selon les règles de l’Assemblée nationale.
«Cette décision reflète la nature de ses fonctions actuelles, qui correspondent en tous points à celles d’un chef de parti national en position de préparation gouvernementale», avait expliqué le parti.
«Il assume dès maintenant la responsabilité de diriger l’équipe parlementaire, de définir les orientations stratégiques du parti, de préparer l’alternative gouvernementale, et de représenter publiquement le Parti libéral du Québec à travers la province.»
M. Rodriguez avait dû démissionner en décembre à la suite de controverses sur le financement de sa course à la direction.
M. Milliard, qui avait terminé deuxième dans cette course, a été couronné chef le 13 février, au terme d’une période de mise en candidature au cours de laquelle aucun autre aspirant n’a pu se qualifier.
En octobre 2020, le Parti québécois (PQ) avait aussi choisi de verser un salaire à son chef Paul St-Pierre Plamondon après son investiture à la tête de la formation, avant qu’il ne se fasse élire député de Pointe-aux-Trembles au scrutin général d’octobre 2022.
Le conseil exécutif national avait alors décidé de lui verser 120 000 $ par an.
Le même traitement aurait été accordé par le passé à Jacques Parizeau, en 1988, lorsqu’il a succédé à Pierre Marc Johnson, ainsi qu’à André Boisclair en 2005, quand il a pris le relais de Bernard Landry, avait-on plaidé à l’époque.
Rappelons qu’en 2008, le gouvernement libéral de Jean Charest avait été plongé dans la controverse à la suite d’une indiscrétion du président du parti, Jean D’Amour.
Il avait révélé que M. Charest recevait un salaire de 75 0000 $ par an du PLQ depuis qu’il était la tête du parti en 1998, même après son accession au poste de premier ministre du Québec en 2003. Ce poste lui assurait pourtant une rémunération de 175 000 $ par an.
En décembre 2010, il a dû renoncer à son supplément du parti lors de l’adoption du projet de loi 48, qui soumet tous les élus à un code d’éthique.
En vertu de ce code, «un député ne peut recevoir, directement ou indirectement et sous quelque forme que ce soit, un salaire, une indemnité, de l’aide financière ou quelque autre avantage d’un parti politique ou d’une instance d’un parti».

