Politique

Le «père de l’ADQ», Jean Allaire, est décédé

Son ambitieux rapport après l’échec de Meech avait poussé le Parti libéral du Québec (PLQ) dans des sentiers autonomistes inégalés jusque-là.

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Le chef de la Coalition Avenir Québec, Francois Legault, serre la main de Jean Allaire, le 24 août 2012 à Québec.LA PRESSE CANADIENNE/Clement Allard Le chef de la Coalition Avenir Québec, Francois Legault, serre la main de Jean Allaire, le 24 août 2012 à Québec. (CLEMENT ALLARD)

Jean Allaire, premier chef et cofondateur de l’ADQ, est décédé mardi à l’âge de 96 ans, ont indiqué ses filles sur les réseaux sociaux.

Son ambitieux rapport après l’échec de Meech avait poussé le Parti libéral du Québec (PLQ) dans des sentiers autonomistes inégalés jusque-là.

Alors qu’il était président du Comité constitutionnel du PLQ en 1991, Jean Allaire, avocat de formation, avait été le coauteur du rapport «Un Québec libre de ses choix», rédigé à la suite de l’échec de l’accord du lac Meech l’année précédente.

Le «rapport Allaire» contenait d’étonnantes propositions pour le parti fédéraliste de Robert Bourassa. Il plaidait notamment pour le rapatriement à Québec de 22 pouvoirs dans des champs de compétence fédérale. Mais surtout, le rapport Allaire, adopté par le PLQ en mars 1991, prévoyait qu’en cas d’échec après 18 mois de nouvelles négociations constitutionnelles, le Québec déclencherait un référendum sur la souveraineté.

Entre-temps, le premier ministre Robert Bourassa accepte de mettre sur pied la «commission Bélanger-Campeau» sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec, qui recommandait elle aussi la tenue d’un référendum, en 1992, si une réforme constitutionnelle acceptable n’était pas présentée entre-temps.

Le gouvernement fédéral de Brian Mulroney et les provinces présentent alors l’«accord de Charlottetown», accepté par M. Bourassa. Mais Jean Allaire et d’autres libéraux provinciaux, dont Mario Dumont, décident de faire campagne contre cette entente négociée par le gouvernement Mulroney, notamment par son ministre Jean Charest. L’entente a finalement été rejetée par les Canadiens lors d’un référendum national en octobre 1992.

M. Allaire, qui avait quitté le PLQ, dirige en 1994 un nouveau parti nationaliste de centre droit, l’Action démocratique du Québec (ADQ). Après des ennuis de santé, il laisse la direction de l’ADQ à Mario Dumont, un ancien président de la Commission jeunesse du PLQ.

M. Allaire a par la suite été un partisan de la fusion de l’ADQ avec la Coalition avenir Québec de François Legault, qui a eu lieu en 2012.

La CAQ lui avait rendu hommage cinq ans plus tard.