Politique

Le Parti libéral du Québec dévoile son plan pour renforcer le français

«C’est un plan qui est positif, qui est ambitieux et qui est multisegment.»

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Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, s'exprime lors d'une conférence de presse marquant la fin de la session à l'Assemblée nationale, vendredi 12 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, s'exprime lors d'une conférence de presse marquant la fin de la session à l'Assemblée nationale, vendredi 12 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Le Parti libéral du Québec (PLQ) s’engage à investir 380 millions $ additionnels sur quatre ans pour la promotion et la protection du français, s’il forme le gouvernement au lendemain du 5 octobre.

C’est l’enveloppe budgétaire que promettent de consacrer les libéraux de Charles Milliard en lien avec leur plan sur la langue française, présenté mardi après-midi, à Montréal.

Une part importante de ce montant serait dédiée à la francisation (138,4 millions $), afin de réduire les délais d’attente et d’assurer «un accès plus rapide aux services». L’autre somme majeure prévue au plan (110,6 millions $) serait injectée pour la promotion de la lecture.

«On va aider les jeunes à améliorer leur qualité de lecture, leur capacité de maîtriser le français. On va aider les immigrants qui choisissent le Québec à parler plus rapidement et un meilleur français», a résumé le chef du PLQ, lors d’une conférence de presse, qui avait lieu dans une librairie.

Le plan de la formation politique se structure autour de sept grands axes qui sont définis par les mots «lire», «apprendre», «intégrer», «protéger», «rayonner», «prospérer» et «rassembler».

«C’est un plan qui est positif, qui est ambitieux et qui est multisegment. Il n’y a pas de baguette magique pour améliorer la situation du français au Québec», a fait valoir M. Milliard.

Retirer «des irritants majeurs»

Dans son plan, le PLQ propose d’«agir là où le français est fragilisé». Pour s’y faire, il veut introduire dans la Charte de la langue française une «obligation pour l’État de déterminer les zones géographiques où le français est fragilisé et de mettre en place des stratégies territoriales ciblées» pour rehausser la présence du français dans ces secteurs.

M. Milliard a cité le centre-ville de Montréal, où des projets pourraient prendre forme «pour enlever cette fragilité-là», en travaillant avec l’Office québécois de la langue française (OQLF).

«Plutôt que de leur demander (à l’OQLF) de jouer à la police indûment, on va leur faire des projets constructifs pour justement améliorer la qualité du français dans les zones fragilisées», a indiqué le chef libéral, disant vouloir prôner des «mesures précises ciblées» plutôt que du «mur à mur».

Le plan libéral vise également à retirer «des irritants majeurs qui minent l’adhésion aux mesures nécessaires pour la vitalité de notre langue commune», a exprimé M. Milliard.

«On ne peut pas imposer l’amour d’une langue à coups d’interdictions et de contraintes. Un gouvernement libéral modifiera la Charte de la langue française afin de venir y apporter un équilibre nécessaire entre les mesures coercitives et les actions incitatives», a-t-il affirmé.

Son parti souhaite notamment réduire le fardeau réglementaire imposé aux entreprises et municipalités par le biais de la Charte.

Il veut aussi que le délai exigeant à l’État de communiquer uniquement en français avec les nouveaux arrivants six mois après leur arrivée soit rehaussé à deux ans. Le PLQ soutient que, selon des experts, une personne immigrante atteint normalement le niveau intermédiaire en français après deux ans de cours de francisation.

Le PLQ propose également d’enlever les dispositions qui réduisent progressivement le nombre de places disponibles dans le réseau collégial anglophone «et qui limitent inutilement le libre choix des adultes quant à leur parcours d’études supérieures».

Un gouvernement Milliard maintiendrait ainsi la proportion actuelle des inscriptions aux cégeps francophones et anglophones, soit environ 85 et 15 % respectivement.

Clause dérogatoire

M. Milliard avait promis de présenter un plan sur le français avant le 21 juin, quelques semaines après avoir tergiversé sur la loi 96, qui vient renforcer la Charte de la langue française.

Il avait tout d’abord affirmé qu’il était en faveur de conserver la disposition de dérogation afin de protéger la loi des contestations devant tribunaux, rompant ainsi avec une promesse électorale de son parti en 2022.

Sa prise de position a provoqué des remous dans son caucus et au sein de la communauté anglophone.

Il a ensuite dit qu’il modifierait la loi 96 et verrait ensuite si la clause dérogatoire est encore nécessaire.

Le chef libéral a réitéré mardi cette position.

«Lorsque nous aurons apporté les modifications à la Charte de la langue française que je viens de décrire, je consulterais les légistes du gouvernement afin de déterminer si la disposition de dérogation est requise pour protéger la Charte de la langue française.

«Si c’est le cas, je n’hésiterais pas à l’utiliser pour défendre cette nouvelle Charte rééquilibrée avec tous les moyens à ma disposition», a évoqué M. Milliard.

— Avec des informations de Thomas Laberge, La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture

Frédéric Lacroix-Couture

Journaliste