Le Parti conservateur du Québec (PCQ) lance une consultation auprès du grand public dans le but de réduire le fardeau réglementaire pour les citoyens et les entreprises.
Le chef conservateur Éric Duhaime a annoncé vendredi matin la mise en ligne du site «FiniLaPaperasse.com» où les gens peuvent «dénoncer un règlement inutile».
L’exercice vise à faire «un diagnostic complet de la réglementation» au Québec. Les résultats seront présentés au cours de la campagne électorale.
Les entrepreneurs, les organisations, les municipalités et les citoyens sont invités à donner leur opinion. «Même les fonctionnaires», a précisé le porte-parole en économie et finances publiques du PCQ, Adrien Pouliot, aux côtés du chef conservateur.
M. Duhaime a dit s’inspirer de l’Alberta, qui avait entrepris une telle démarche il y a quelques années.
«Ils se sont dit: “on va éliminer un règlement sur trois”. Non seulement ils l’ont atteint, ils l’ont dépassé. Ils ont fait des bénéfices évidemment de plusieurs milliards avec ça. Mais la première étape, ça a été de demander au public: “qu’est-ce qui ne marche pas?”», a affirmé M. Duhaime en conférence de presse, à Montréal.
Un gouvernement conservateur aurait comme cible de réduire de 30 % le fardeau réglementaire des Québécois sur quatre ans.
M. Duhaime a fait cette annonce alors qu’il doit s’adresser vendredi à un parterre de gens d’affaires à l’invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Le fardeau réglementaire sera «au coeur» de son discours, a-t-il mentionné.
M. Duhaime affirme que l’élimination de certains règlements ne se ferait pas au détriment de la sécurité des Québécois. Le PCQ adopterait une approche pragmatique et non dogmatique, assure M. Pouliot.
«Il n’est pas question d’abolir les inspecteurs à viande. Ce n’est pas ce qu’on dit ici. Aucune proposition du PCQ vise à abolir des normes essentielles à la santé publique, à la sécurité ou à la protection environnementale réelle.
«Ce qu’on veut faire, c’est éliminer les redondances, les doubles exigences et les processus administratifs inutiles qui n’améliorent pas vraiment la protection offerte par la réglementation», a-t-il expliqué.
M. Duhaime avance que le Québec compte deux fois et demie plus de lois et de règlements que l’Alberta.
«Quand je regarde une société comme la société albertaine, qui a 66 000 lois et règlements, alors que le Québec en a 150 000, je me dis pourquoi, nous, on a besoin de deux fois et demie plus de lois, et plus de règlements?
«On n’est pas plus nono. On n’est pas moins obéissant. On n’a pas rien qui explique que les Québécois ont besoin d’avoir deux fois et demie plus de règles pour être contrôlés par leur gouvernement», a soutenu le chef conservateur.

