Politique

Le NPD se réunit pour élire un nouveau chef

Mis à jour le 

Publié le 

La scène du débat pour la direction du NPD, à Montréal, le 27 novembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov La scène du débat pour la direction du NPD, à Montréal, le 27 novembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov (Christopher Katsarov)

Le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a appelé vendredi les délégués du Nouveau Parti démocratique (NPD) à se concentrer sur des questions telles que le coût de la vie et les soins de santé, et à attendre de former un gouvernement avant de se pencher sur des projets politiques de plus grande envergure.

M. Kinew a donné un conseil simple au prochain chef du NPD fédéral: se concentrer d’abord sur la victoire aux élections.

«Il est important d’être la conscience du Parlement. Je ne veux pas minimiser cela. C’est très, très important», a affirmé M. Kinew dans son discours prononcé vendredi lors du congrès du parti.

«Mais ici, au Manitoba, nous vous montrons pourquoi il est important de gagner. On peut avoir une économie progressiste. On peut avoir de meilleurs soins de santé. On peut s’affirmer au-delà des frontières d’une province de 1,5 million d’habitants et dire: “Voilà qui nous sommes en tant que Canadiens.”»

M. Kinew a également souligné l’importance pour le NPD de rejoindre le Québec.

Il s’est attaqué au discours voulant que la francophonie soit un phénomène québécois, rappelant qu’au Manitoba, «dans la province de Louis Riel, il y a beaucoup de francophones».

«Il y a un espace pour les Québécois et les Québécoises ici dans un Canada uni.»

M. Kinew est l’un des deux seuls premiers ministres provinciaux du NPD actuellement en fonction au Canada, et les sondages indiquent que sa popularité est parmi les plus élevées parmi les dirigeants provinciaux.

Son discours a ouvert le congrès du parti vendredi à Winnipeg, où se sont rassemblés environ 2000 délégués venus de tout le pays.

Le moment fort aura lieu dimanche matin, lors de l’annonce du nouveau chef. Les candidats sont le dirigeant syndical Rob Ashton, le cinéaste et militant Avi Lewis, la travailleuse sociale Tanille Johnston, la députée de l’Alberta Heather McPherson et l’agriculteur Tony McQuail.

Une pente à remonter

La reconstruction du NPD — après que le parti a été réduit à seulement sept sièges lors des élections de l’année dernière — a été au cœur de la course à la direction.

Le prochain chef se trouve confronté à une tâche encore plus difficile depuis que la députée du Nunavut, Lori Idlout, a changé de camp pour rejoindre les libéraux il y a deux semaines, laissant le NPD avec seulement six sièges.

Le parti doit également faire face à des difficultés financières. Lucy Watson, la présidente du NPD, a déclaré vendredi lors du congrès que le parti affichait actuellement une dette d’environ 13 millions $.

Ce montant est toutefois en baisse par rapport à la dette de 26 millions $ que le parti avait contractée après les élections de 2025.

Les délégués débattront de l’adoption d’un modèle d’organisation politique permanent visant à renforcer la présence du NPD dans les communautés en dehors des cycles électoraux et à obtenir davantage de ressources pour les associations de circonscription.

Matthew Green, ancien député néo-démocrate de l’Ontario qui a perdu son siège en 2025, a déclaré que le parti avait été victime d’une conjoncture défavorable lors des dernières élections, pris dans un débat sur le choix du meilleur dirigeant pour faire face au président américain Donald Trump.

M. Green a soutenu que le message du NPD trouvera un écho plus fort lors de la prochaine campagne électorale, car les travailleurs sont toujours laissés pour compte.

«Nous devons mettre en place un processus dans lequel les voix de la classe ouvrière sont réellement représentées aux tables de décision. Ce n’est pas le cas actuellement», a affirmé M. Green à La Presse Canadienne, lors du congrès.

«C’est un banquier de Wall Street qui dirige notre pays comme un PDG. Et malgré tous les discours… les salaires stagnent toujours, les prix restent exorbitants, et les Canadiens ont toujours du mal à joindre les deux bouts au quotidien. Je pense qu’ils commencent à s’en rendre compte.»

M. Green n’a apporté son soutien à aucun des candidats à la direction. Il a déclaré qu’une stratégie gagnante dépendait de la création de liens communautaires solides et d’une base de bénévoles renforcée.

«Quand on se concentre trop sur le chef et qu’on crée ce genre de culte de la personnalité autour d’une seule personne, je pense qu’il devient très difficile pour les néo-démocrates de percer», a dit M. Green.

«Mais lorsque les gens se sentent liés au parti là où ils vivent et qu’ils construisent et développent le leadership au sein de leurs propres communautés, je pense que c’est là que nos processus démocratiques fonctionnent le mieux.»

De nombreux membres du parti ont fait valoir qu’ils devaient renouer avec leur base pour retrouver le statut de parti reconnu à la Chambre des communes.

David Baxter

David Baxter

Journaliste