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Le nouvel ordre mondial ne pourra pas être défini par un seul pays, dit Carney

Le PM se rendra au sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, qui s’amorce lundi.

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Le premier ministre canadien Mark Carney vient de tenir une conférence de presse en Irlande, le 14 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov Le premier ministre canadien Mark Carney vient de tenir une conférence de presse en Irlande, le 14 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Christopher Katsarov)

OTTAWA — Le premier ministre canadien Mark Carney a déclaré dimanche que les États-Unis joueraient un rôle dans un nouvel ordre mondial où aucune institution ni aucun pays ne détiendrait à lui seul toutes les réponses.

«Ce qu’il ne faut pas faire à ce stade, dans un ordre mondial en pleine mutation, c’est compter sur un seul ensemble d’institutions, un seul groupe ou un seul pays pour apporter les réponses», a-t-il déclaré.

Lors d’une conférence de presse en Irlande, il a ajouté que certains pays seraient sur la même longueur d’onde sur des questions telles que les mesures à prendre en matière d’intelligence artificielle et de sécurité des enfants, tandis que d’autres privilégieraient davantage une approche de laisser-faire.

«Au centre des préoccupations du Canada, il y a la question de la sécurité des enfants. Le laissez-faire n'est pas une solution. Nous allons de l'avant. Ce n'est pas tout le monde qui le fera, a déclaré M. Carney. Dans certaines circonstances, les États-Unis nous appuieront sans réserve, mais pas toujours.»

La semaine dernière, le gouvernement canadien a présenté un projet de loi sur les préjudices en ligne qui prévoit notamment d’obliger les entreprises de réseaux sociaux à interdire l’accès à leurs plateformes aux enfants de moins de 16 ans. Le projet de loi C-34 réglementerait également les agents conversationnels basés sur l’IA.

Le soutien international en faveur des restrictions d'âge sur les réseaux sociaux ne cesse de croître depuis que l'Australie est devenue le premier pays à avoir imposé une interdiction stricte des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Des pays comme la Malaisie, le Brésil, l'Indonésie, le Royaume-Uni, la France, l'Espagne, le Danemark, la Thaïlande et la Corée du Sud ont présenté ou envisagent des mesures semblables.

Le gouvernement canadien s'apprête également à présenter cette semaine un nouveau projet de loi sur la protection de la vie privée qui, selon lui, inclura des mesures de protection des données des enfants. Il devrait également comprendre des mesures garantissant que les données des Canadiens ne soient pas utilisées à des fins de tarification de la surveillance.

M. Carney a été interrogé sur la décision du président américain Donald Trump de bloquer l'utilisation des derniers modèles d'IA d'Anthropic par des ressortissants de pays étrangers. Anthropic a déclaré vendredi avoir retiré de la circulation les modèles, connus sous les noms de Fable 5 et Mythos 5, afin de se conformer à cette directive.

Le premier ministre a déclaré que le Canada était en contact avec les États-Unis et qu'il y avait un «bon échange d'informations».

«Ils ont identifié certains risques. Et je comprends que les autorités américaines prennent ces risques au sérieux, c'est pourquoi elles ont pris cette mesure», a souligné M. Carney.

Le premier ministre croit que cette situation montre la nécessité de diversifier les modèles d’IA.

«La situation dans laquelle nous nous trouvons collectivement en ce moment avec Mythos et Fable est le genre de chose qui peut arriver lorsqu’on dépend trop d’un seul système. Personne n’a commis d’erreur dans cette situation. Mais nous commettrions une erreur si nous nous contentions d’accepter cela, sans en tirer les leçons, sans développer et diversifier nos solutions.»

Le G7

M. Carney se rendra au sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, qui débute lundi.

Il a indiqué que les normes, la réglementation et la responsabilité en matière d’IA feraient partie des discussions lors du sommet du G7. Il a ajouté que, pour toute technologie, il est crucial de placer l’humain au centre des préoccupations.

Le premier ministre avait déclaré samedi que les «fils» d’un nouvel ordre mondial pourraient être tissés au cours du sommet.

M. Carney a précisé que sa stratégie au G7 porterait également sur la formation de coalitions ad hoc qui varieraient en fonction des enjeux. Il a ajouté que le Canada était à la recherche de partenaires.

Il a déclaré s’attendre à ce que la réunion comporte une «forte dimension géopolitique», compte tenu de la guerre en Iran.

«Le choix moral est de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour établir un cessez-le-feu et en profiter pour instaurer la paix dans la région, y compris au Liban», a déclaré M. Carney.

Le premier ministre dit voir des «signes encourageants». Selon lui, il incombe au G7 et aux autres invités au sommet de tirer parti des progrès réalisés.

M. Carney a également minimisé les attentes selon lesquelles il discuterait directement du commerce avec le président américain lors du sommet.

M. Trump a fait savoir la semaine dernière qu’il «ne cherchait pas à renouveler» l’Accord Canada-États-Unis-Mexique sur le commerce, connu sous le nom d’ACEUM, avant la date limite du 1er juillet pour entériner une prolongation de 16 ans. Le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, a déclaré qu’il s’attendait à ce que des accords bilatéraux soient négociés avec les États-Unis.

Carney a déclaré dimanche que les principales discussions sur le commerce se tiendraient entre les négociateurs respectifs de chaque pays. «Le G7 va mettre l'accent sur des enjeux géostratégiques, y compris le Moyen-Orient et l'Ukraine, ainsi que sur les déséquilibres mondiaux», a-t-il dit.

Catherine Morrison et Anja Karadeglija, La Presse Canadienne

Catherine Morrison

Catherine Morrison

Journaliste

Anja Karadeglija

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