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Le Canada s’engage à renforcer ses liens avec la Chine, déclare la ministre Anand

«Parallèlement, chacun de nos pays doit s’attaquer à des priorités et à des enjeux cruciaux pour garantir la sécurité de nos populations.»

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La ministre fédérale des Affaires étrangères, Anita Anand, rencontre son homologue chinois, Wang Yi, à Pékin, en Chine, le 15 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE La ministre fédérale des Affaires étrangères, Anita Anand, rencontre son homologue chinois, Wang Yi, à Pékin, en Chine, le 15 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Sean Kilpatrick)

Quelques jours après le passage d’un navire de guerre canadien dans le détroit de Taïwan — au mépris de l’avertissement de Pékin selon lequel de tels passages discréditaient les relations bilatérales — la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a accueilli vendredi à Ottawa son homologue chinois Wang Yi, pour la première visite de ce type depuis dix ans.

Le Canada vise à augmenter ses exportations vers la Chine de 50 % d’ici 2030 tout en préservant ses intérêts et ses valeurs en matière de sécurité économique et nationale, a déclaré Mme Anand lors de sa rencontre avec M. Wang et sa délégation.

Faisant écho à un objectif commercial fixé par le premier ministre Mark Carney à la suite de sa visite à Pékin plus tôt cette année, Mme Anand a affirmé que les dirigeants du Canada et de la Chine avaient défini une vision claire et ambitieuse pour la «relation rééquilibrée» entre les deux pays.

«Cela inclut un engagement et une coopération renforcés dans les domaines du commerce et de l’investissement, de l’énergie, des finances, de la sécurité publique et des liens entre les peuples», a-t-elle déclaré aux côtés de M. Wang et de sa délégation au siège d’Affaires mondiales Canada à Ottawa.

«Parallèlement, chacun de nos pays doit s’attaquer à des priorités et à des enjeux cruciaux pour garantir la sécurité de nos populations», a-t-elle ajouté.

La visite de M. Wang à Ottawa est la première d’un ministre chinois des Affaires étrangères depuis dix ans.

Mme Anand a déclaré que le Canada se concentrait sur la croissance de son économie et la diversification de ses relations commerciales, et qu’il aborderait les relations avec la Chine «de manière responsable».

Un compte rendu d’Affaires mondiales Canada, diffusé après la rencontre, indique que Mme Anand et M. Wang ont discuté d’un large éventail de sujets, notamment les questions consulaires, l’ingérence étrangère, le travail forcé et les droits de la personne.

Les ministres auraient également discuté des progrès réalisés dans les relations commerciales et de la mise en œuvre du Partenariat stratégique canado-chinois actualisé. Ils ont réitéré leur engagement à approfondir la coopération en matière d’environnement et de climat, précise le compte rendu.

«Les ministres se sont réjouis de la collaboration constructive entre le Canada et la Chine au sein de l’APEC et ont convenu de rester en contact étroit avant la participation du premier ministre Carney à la réunion des dirigeants économiques de l’APEC qui se tiendra en novembre à Shenzhen, en Chine», conclut le compte rendu.

Un marché ouvert au Canada

Dans son allocution, M. Wang a déclaré que le Canada pourrait dépasser son objectif commercial et même doubler ses exportations vers la Chine si les relations étaient maintenues.

Il a ajouté que la Chine allait bientôt devenir le plus grand marché du monde et que celui-ci était ouvert au Canada.

M. Wang a également rencontré M. Carney vendredi, bien que l’accès des médias ait été limité.

Le cabinet du premier ministre a initialement restreint l’accès à la salle de réunion à deux photographes accrédités. Après les protestations de la Tribune de la presse parlementaire, une caméra de télévision et un journaliste accrédité ont été autorisés à entrer pendant une trentaine de secondes avant d’être priés de quitter la salle.

Le premier ministre Carney s’est rendu en Chine en janvier et a rencontré le président Xi Jinping.

Le Canada et la Chine ont conclu un accord commercial préliminaire après la visite de M. Carney, lorsque Pékin a accepté de réduire ou de supprimer certains droits de douane sur les produits agricoles canadiens et que le Canada a convenu de réduire les droits de douane sur certains véhicules électriques chinois.

Jeudi, M. Carney a soutenu que les réunions en Chine avaient été importantes, car les relations diplomatiques s’étaient rompues et que le commerce avait été discrédité par une série de droits de douane. Selon lui, la relation avait «besoin d’un nouveau départ».

Des centaines de manifestants pratiquant le Falun Gong se sont rassemblés vendredi à Ottawa, en face du siège d’Affaires mondiales Canada et sur la colline du Parlement. Ils brandissaient des pancartes appelant le Parti communiste chinois à mettre fin à la répression du mouvement spirituel en Chine.

Des critiques de l’opposition

Lors d’une conférence de presse vendredi, le chef conservateur Pierre Poilievre a été interrogé sur la possibilité que M. Carney aborde la question des violations des droits de la personne avec le ministre des Affaires étrangères.

«Bien sûr que non, a-t-il répondu. Il ne fera rien qui puisse déplaire à Pékin.»

M. Poilievre a déclaré que le Canada devrait être disposé à dialoguer et à commercer avec la Chine, mais «nous devons le faire en toute connaissance de cause».

«Il s’agit d’une dictature que M. Carney lui-même a reconnue comme étant la plus grande menace pour le Canada il y a à peine un an. Nos intérêts, en tant que Canada, résident dans notre souveraineté, notre autonomie et notre capacité à être indépendants, en veillant à maîtriser pleinement notre technologie, notre économie et nos ressources minérales afin de ne jamais être vulnérables aux velléités agressives d’une dictature étrangère», a-t-il affirmé.

Le député du Bloc québécois Alexis Brunelle-Duceppe a écrit dans un communiqué transmis par courriel qu’en empêchant les médias de poser des questions lors de la rencontre entre Mme Anand et M. Wang, les libéraux ont de fait protégé la Chine de questions potentiellement embarrassantes sur les droits de la personne.

«Le Canada a une nouvelle fois plié devant le régime de Xi Jinping», a-t-il commenté.

Les relations entre les gouvernements canadien et chinois se sont détériorées après l’arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, par le Canada en 2018, puis la détention des Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig en Chine.

L’envoyé de Pékin a récemment déclaré au Globe and Mail que, bien qu’il soit optimiste quant au réchauffement des relations entre le Canada et la Chine, les visites officielles de législateurs canadiens à Taïwan — que la Chine revendique comme faisant partie de son territoire — et le passage de navires militaires canadiens dans le détroit de Taïwan risqueraient de compromettre ces progrès.

Malgré cet avertissement, la porte-parole de la Défense nationale Andrée-Anne Poulin a déclaré cette semaine que le NCSM Charlottetown avait effectué un passage de routine dans le détroit de Taïwan entre le 22 et le 23 mai.

Le député conservateur Michael Chong a rencontré le président taïwanais Lai Ching-te au début du mois. Il a déclaré que cette rencontre visait à affirmer la souveraineté canadienne face aux avertissements de Pékin à l’encontre des législateurs canadiens.

Catherine Morrison

Catherine Morrison

Journaliste