Le ministre chinois des Affaires étrangères se rendra au Canada la semaine prochaine pour rencontrer Anita Anand; il s’agit de la première visite d’un ministre chinois des Affaires étrangères depuis dix ans.
Cette visite à Ottawa, qui aura lieu du 28 au 30 mai, sera la première d’un ministre chinois des Affaires étrangères depuis 2016.
Wang Yi et Anita Anand discuteront du Partenariat stratégique Canada-Chine récemment actualisé, notamment du commerce et des investissements, ainsi que de la sécurité mondiale, entre autres questions, selon un communiqué publié vendredi par le bureau de Mme Anand.
En janvier dernier, le premier ministre Mark Carney s’était rendu à Pékin avec Mme Anand, où il avait annoncé un partenariat stratégique Canada-Chine actualisé.
Il s’agissait de la première visite d’un premier ministre canadien en Chine depuis 2017, après des années de relations glaciales et tendues entre les deux pays.
Les relations entre les gouvernements canadien et chinois s’étaient détériorées après la détention de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, par le Canada en 2018, puis celle de Michael Spavor et Michael Kovrig par la Chine.
Le Canada et la Chine ont conclu un accord préliminaire à la suite du voyage de M. Carney en Chine, dans le cadre duquel la Chine a accepté de réduire les droits de douane sur les graines de canola canadiennes, ainsi que de supprimer les droits de douane sur la farine de canola, les pois et les fruits de mer. En échange, le Canada a accepté de réduire les droits de douane et de fixer des limites d’importation sur les véhicules électriques chinois.
Un communiqué d’Affaires mondiales Canada indique que plus de 1,7 million de résidents canadiens sont d’origine chinoise, et que les flux touristiques et les échanges culturels continus enrichissent les liens bilatéraux.
Il précise également que la Chine reste un marché commercial essentiel pour les entreprises canadiennes, les exportations de marchandises devant atteindre 34,4 milliards $ en 2025, et que, globalement, le commerce bilatéral de marchandises en 2025 s’élèvera à 125,1 milliards $.
Mais cette visite a également provoqué une onde de choc au sein de la communauté, comme l’explique Edmund Leung, président de la Vancouver Society in Support of Democratic Movement, qui estime que les responsables canadiens ne peuvent pas renoncer à leurs valeurs pour conclure des accords commerciaux avec la Chine.
«Pour moi, c’est presque comme s’ils fermaient les yeux sur les questions relatives aux droits de l’homme au nom de l’intérêt économique», a soutenu M. Leung.
M. Leung a déclaré qu’il comprenait l’intention des responsables du gouvernement canadien qui tentent de trouver davantage de partenaires sur la scène internationale, étant donné que le plus proche allié du Canada, les États-Unis, n’est pas fiable, le président Donald Trump ayant imposé des droits de douane et évoqué à plusieurs reprises l’idée que le Canada devienne le 51e État américain.
Mais M. Leung a ajouté que les problèmes de droits de l’homme en Chine signifiaient que ce pays n’était pas non plus un bon partenaire.
«Cela m’inquiète et me dérange beaucoup», a affirmé M. Leung.
M. Leung a rappelé qu’il était apolitique et qu’il ne pointait du doigt aucun parti en particulier, mais a ajouté que le gouvernement fédéral ne devrait pas ignorer les valeurs du Canada simplement pour faire des affaires avec la Chine.
«C’est une erreur, et le monde ne s’en trouverait pas meilleur si nous agissions ainsi», a-t-il affirmé.
M. Wang se rendra à New York avant sa visite à Ottawa pour assister à la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies mardi.
