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Le directeur de l'UDA, Alexandre Curzi, se présentera pour le Bloc à Rosemont

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Curzi (X | BQ)

MONTRÉAL — Le directeur général de l'Union des artistes (UDA), Alexandre Curzi, tentera de conquérir la circonscription de Rosemont—La Petite-Patrie pour le Bloc québécois.

M. Curzi, le fils de l'acteur et ex-député péquiste Pierre Curzi, a annoncé sa candidature jeudi matin en compagnie du chef bloquiste Yves-François Blanchet.

Avant d'arriver à l'UDA, il a été président de l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son de 2017 à 2019.

Résident de Rosemont—La Petite-Patrie, M. Curzi a laissé entendre qu'il avait déjà été courtisé par le Bloc, et que le «bon moment» était venu pour lui d'un point de vue familial.

«C'est également le bon moment pour un candidat écoanxieux comme moi de se présenter dans Rosemont, circonscription où il y a beaucoup de familles, qui partagent cette écoanxiété avec moi, a-t-il soutenu. Et de s'opposer aux reculs climatiques du gouvernement en place, pour contester les mesures fédérales insuffisantes, pour s'opposer aux diktats du pétrole et des énergies fossiles.

«C'est un bon moment pour moi aussi dans cette circonscription à majorité francophone de militer contre le recul du français, de refuser l'abandon de lois servant au financement de la culture – et je suis bien placé pour savoir de quoi on parle ici.»

M. Curzi a dénoncé le laxisme des libéraux à l'égard des plateformes étrangères, disant même que cela avait été déterminant dans sa décision définitive de se lancer en politique active. Il a déploré la demande d'Ottawa au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de suspendre la hausse des contributions financières des plateformes de diffusion en continu consacrées au contenu canadien.

Le ministre fédéral de la Culture, Marc Miller, a reconnu que ces redevances constituaient un irritant pour l’administration américaine de Donald Trump, dans le contexte de la révision de l’Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Le gouvernement de Mark Carney va plutôt allouer 600 millions $ aux secteurs audio et audiovisuel canadiens.

«Le coup fatal a été porté il y a quelques semaines, quand le gouvernement a fait volte-face et nous a mis dans un "catch-22" en nous disant: "On va vous donner 600 millions $ parce que vous avez une industrie qui va mal et qui est dans une spirale descendante, mais, en échange, (...) on ne va pas taxer les autres plateformes". (...) Là, je me suis dit, il faut faire quelque chose, il y a un combat à mener, et je crois que je suis capable de le mener», a-t-il déclaré.

Le chef du Bloc a fait écho aux propos de son candidat, disant que la venue au Bloc du directeur général de l'UDA arrivait «exactement au moment où, à l'évidence, les arts et la culture, et même dans une certaine mesure, la langue qui les porte, sont jetés en pâture dans une négociation face aux États-Unis».

«Je n'accepterai jamais qu'on distille nos enjeux québécois au nom de vagues compromis nationaux», a renchéri M. Curzi.

Le Bloc, troisième aux dernières élections

Les différents partis commencent à annoncer leurs candidatures en vue de l'élection partielle à venir dans cette circonscription montréalaise, après le départ annoncé du député Alexandre Boulerice.

M. Boulerice, élu pour la première fois pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) en 2011, a décidé de faire le saut en politique provinciale avec Québec solidaire.

Le militant pour les droits des chômeurs Pierre Céré tente de succéder à M. Boulerice comme candidat du NPD dans la circonscription montréalaise.

La popularité de M. Boulerice, élu avec Jack Layton lors de la vague orange de 2011, ne s'était pas démentie au fil des années. Lors des dernières élections fédérales, M. Boulerice avait remporté 41,0 % des votes. Les libéraux étaient arrivés deuxièmes avec 31,6 %. Et le Bloc avait terminé troisième avec 18,3 %.

En tenant compte aussi de la position avantageuse des libéraux de Mark Carney dans les sondages, le Bloc a probablement un chemin ardu devant lui pour remporter la circonscription.

«La chose un peu goguenarde, c'est que ça ne rendra la victoire que plus spectaculaire, a dit le chef du Bloc. L'autre chose, plus humble, c'est que ça nous appartient tellement pas. Ça appartient aux citoyens. Mais les libéraux (...) représentent un certain nombre de valeurs au moment d'une campagne électorale qui (...) sont complètement disparues le lendemain. On parle singulièrement de l'environnement, mais on parle (aussi) des promesses de protéger des secteurs propres à l'économie québécoise, dont les arts et la culture, qui sont un des plus importants employeurs au Québec.»

Six élections partielles devront se tenir au pays au cours des prochains mois, incluant une dans Laurier—Sainte-Marie, circonscription voisine de Rosemont—La Petite-Patrie, détenue depuis 2019 par l'ex-ministre de l'Environnement Steven Guilbeault, qui quitte la politique en critiquant l'approche en matière de climat du gouvernement dont il faisait partie.

«On est bien conscient que dans Rosemont-La Petite-Patrie, les gens (...) sont à l'écoute (des questions environnementales). Et on sait qu'éventuellement va venir une autre partielle dans Laurier-Sainte-Marie, où on peut penser que l'enjeu environnemental va jouir d'une acuité et d'un intérêt extraordinaire étant donné du député qui vient de partir», a tenu à dire M. Blanchet.

M. Curzi a aussi évoqué comme points d'ancrage de son implication politique l'explosion des loyers, les besoins en transport collectif, le manque de financement pour les logements sociaux et la hausse du coût de la vie.

«Je suis fébrile d'être candidat, et je suis pas mal impatient de commencer les partielles, dans Rosemont. C'était un rêve que je caressais depuis très, très longtemps», a dit M. Curzi, jeudi, lors de l'annonce à Montréal.

Jean Philippe Angers, La Presse Canadienne