Politique

Le caucus conservateur «un gâchis fracturé»; Poilievre rassemble son parti en Colombie-Britannique

L’inquiétude plane au sein du parti....

Publié le 

Le chef conservateur, Pierre Poilievre, prononce un discours chez Cavalier Tool and Manufacturing Ltd., à Windsor, en Ontario, le lundi 24 août 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Le chef conservateur, Pierre Poilievre, prononce un discours chez Cavalier Tool and Manufacturing Ltd., à Windsor, en Ontario, le lundi 24 août 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Dax Melmer)

Alors qu’il rassemble son caucus en Colombie-Britannique cette semaine, Pierre Poilievre a un défi de taille à relever: unir les factions et trouver un moyen de s’imposer au Parlement cet automne, selon plusieurs sources qui se sont confiées à CTV News.

Les conservateurs fédéraux de partout au pays se réunissent à Penticton mercredi et jeudi, avant de retourner à Ottawa plus tard ce mois-ci.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

S’exprimant sous le coup de l’anonymat auprès de CTV News avant la retraite, une source au sein du caucus a décrit le groupe comme un «gâchis fracturé», affirmant que de nombreux membres voient cet événement comme une sorte de vacances loin de leur circonscription, après avoir travaillé fort chez eux cet été, inquiets de perdre leur siège.

La source a indiqué que jusqu’à l’automne dernier, le caucus adhérait largement à l’idée que la défaite aux élections de 2025 et les faibles résultats dans les sondages n’étaient qu’un «revers temporaire».

Mais les résultats de sondages constamment en baisse et les divisions internes font qu’il est «de plus en plus difficile pour le caucus de croire à l’idée qu’on reviendra un jour au sommet», a dit la source.

«C’est à ça que ça ressemble quand un chef commence vraiment à perdre le contrôle de la situation», a expliqué Stewart Prest de l’Université de la Colombie-Britannique, ajoutant qu’il semble que le parti ait du mal à «prendre de l’élan sur n’importe quelle question importante».

Il y a surtout des tensions sur la façon de gérer le dossier américain, selon plusieurs sources avec lesquelles CTV News s’est entretenue.

Contre-tarifs: Trump réplique en retirant des produits canadiens des marchés publics Le président américain Donald Trump a signé de nouveaux décrets mardi, intensifiant la riposte américaine aux droits de douane imposés plus tôt par le Canada au

M. Prest a résumé la situation comme un tiraillement entre les conservateurs qui estiment que le parti ne trouve pas les moyens de «se montrer à la hauteur» et de défendre la souveraineté canadienne avec suffisamment de fermeté, et la «faction» qui croit que le Canada devrait trouver un moyen de «se réaligner» avec les Américains.

«Il y aura clairement des critiques acerbes, et on pourrait en entendre davantage, et de façon plus publique, à l’égard de Pierre Poilievre et de son leadership», a-t-il avancé en entrevue avec CTV News à propos de la retraite.

Les conservateurs tiennent souvent leurs retraites de caucus à Ottawa. Une autre source conservatrice a confié à CTV News que cette retraite se tenait dans la pittoresque ville de Penticton, en Colombie-Britannique, pour remonter le moral du parti.

Cette source haut placée a reconnu que le défi consistait à unir le caucus, surtout sur la façon de réagir à la guerre commerciale avec les États-Unis.

«Je pense qu’il faut plus d’unité pour adopter une position plus ferme en faveur du Canada», a indiqué Hamish Telford de l’Université de la Vallée du Fraser à CTV News. «Je ne pense pas que d’autres enjeux vont vraiment prendre de l’importance tant qu’on est en plein conflit commercial et que le président des États-Unis n’arrête pas de nous provoquer.»

Luttes internes et défections

Le mois dernier, CTV News a fait état de profondes inquiétudes concernant le leadership de Pierre Poilievre, après avoir interrogé 17 députés de partout au pays.

Depuis l’automne dernier, le chef a perdu quatre membres de son caucus au profit des Libéraux à la suite de défections, un cinquième est parti au Sénat, et deux autres ont annoncé qu’ils démissionnaient plus tôt que prévu.

La pause estivale a été marquée par de nombreuses querelles internes et des plaintes exprimées tant par des députés que par des figures de proue du mouvement conservateur, surtout sur les médias sociaux.

Son équipe de communication a refusé de répondre aux questions de CTV News concernant la retraite du caucus et ses objectifs au cours de la dernière semaine et demie.

James Moore a dit à CTV News que réunir toute l’équipe dans une même salle avant la session d’automne du Parlement et «s’assurer que tout le monde soit sur la même longueur d’onde» est «un aspect vraiment important des fonctions du chef de l’opposition officielle».

L’ancien ministre conservateur a participé à bon nombre de retraites du caucus.

Départ de Richard Martel: un coup dur pour Pierre Poilievre? Le premier ministre Mark Carney a nommé au Sénat le député conservateur du Québec Richard Martel. Alain Rayes analyse le tout.

M. Moore souligne qu’un automne riche en «moments politiques très importants» s’annonce, notamment les élections au Québec, le référendum en Alberta, le premier budget fédéral sous la majorité du premier ministre Mark Carney, les élections de mi-mandat aux États-Unis et, bien sûr, la guerre commerciale en cours.

«Une opposition officielle coordonnée, unie et efficace sera bénéfique pour le pays. Il sera important pour le pays d’avoir une opposition qui se concentre sur les grands enjeux, et non sur des questions secondaires», a-t-il ajouté.

Selon M. Moore, la capacité du parti à se concentrer sur une économie mise à rude épreuve par les droits de douane et les politiques commerciales américaines, plutôt que sur des «questions secondaires», déterminera si les conservateurs pourront connaître un «véritable rebond de leur cote de popularité auprès des Canadiens».

Il a ajouté que les drames internes pouvaient attendre pour l’instant, puisqu’aucune élection n’est prévue dans l’immédiat.

Agitation au sein du Parti conservateur de la Colombie-Britannique

Pour sa part, M. Poilievre a largement évité de se prononcer sur les querelles internes.

La seule exception notable a été sa remarque en juin sur la victoire de la chef du Parti conservateur de la C.-B., Kerry-Lynne Findlay, «malgré les lobbyistes libéraux de l’Est». Ce commentaire visait Kory Teneycke, l’ancien directeur de campagne du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford.

Depuis, neuf députés provinciaux de Mme Findlay ont quitté son parti.

Elle tente de remporter un siège lors de l’élection partielle de la circonscription d’Abbotsford-Mission le 26 septembre – elle vise un territoire situé à quelques heures de route de l’endroit où ses anciens collègues du caucus fédéral se réunissent cette semaine.

«Pour le meilleur et pour le pire, pour les conservateurs, la Colombie-Britannique est en quelque sorte un microcosme des débats et des problèmes auxquels le conservatisme est confronté dans l’ensemble du pays», rapporté M. Prest.

«Je ne pense pas que Pierre Poilievre veuille être trop étroitement associé à elle ou aux remous au sein du Parti conservateur de la Colombie-Britannique. Je crois qu’il espère qu’ils pourront garder ces deux entités séparées, et ils pourraient bien y arriver puisque Kerry-Lynne Findlay se concentre sur l’élection partielle ici», a mentionné de son côté Telford s’adressant à CTV News depuis Abbotsford, en Colombie-Britannique.

Vote de confiance: Pierre Poilievre livre son discours au congrès du Parti conservateur Les conservateurs ont donné le coup d’envoi de leur congrès national à Calgary en mettant l’accent sur l’espoir pour l’avenir et en présentant une vision d’un parti uni face aux tentatives de division des libéraux.

Celui-ci et plusieurs autres personnes avec qui CTV News s’est entretenu pour ce reportage n’ont pas manqué de souligner à quel point la région de l’Okanagan, en Colombie-Britannique, a été durement touchée ces derniers mois par les feux de forêt et les évacuations massives.

M. Telford espère que le caucus viendra «faire preuve de solidarité envers cette communauté qui a traversé une période difficile, et apporter des revenus dont on a grand besoin», grâce aux réservations d’hôtels, de restaurants et d’autres services d’accueil qui accompagnent un retrait politique de cette envergure.

Une source haut placée au sein du Parti conservateur a rapporté à CTV News que, bien que l’emplacement ait été choisi il y a plusieurs mois, le parti tient vraiment à montrer sa solidarité avec la communauté. La source a indiqué qu’ils s’inquiétaient un peu de la façon dont ils seraient accueillis compte tenu des répercussions des feux, mais jusqu’à présent, leur présence a été très bien accueillie.