L’organisme canadien de surveillance du renseignement financier avance à pas de tortue lorsqu’il doit fournir aux forces de l’ordre des informations utiles aux enquêtes criminelles, selon un nouveau rapport de la vérificatrice générale du Canada.
Le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE) joue un rôle clé dans le régime canadien de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Toutefois, la vérificatrice générale, Karen Hogan, souligne qu’il peut s’écouler des mois – environ quatre en moyenne – avant que l’organisme ne transmette des renseignements aux forces de l’ordre, une situation attribuable en partie à ses systèmes informatiques.
Selon une étude menée par le bureau de Mme Hogan, les renseignements arrivent, dans la moitié des cas, trop tard pour être utiles aux enquêteurs.
L’audit indique que le CANAFE «n’a pas assumé efficacement son rôle de surveillance du respect des lois du Canada sur la lutte contre le blanchiment d’argent» et que sa capacité «à détecter, à prévenir et à dissuader le blanchiment d’argent et le financement des activités terroristes» s’en trouve limitée.
Le rapport ajoute que les difficultés auxquelles est confronté l’organisme peuvent entraver la capacité des forces de l’ordre «bloquer des biens, intercepter des opérations ou arrêter des personnes soupçonnées en vue de prévenir le déplacement ou le blanchiment d’argent».
Pour sa défense, le CANAFE évoque une évaluation récente du Groupe d’action financière (GAFI) – un organisme international qui établit des normes en la matière – dans laquelle le travail de l’agence canadienne est salué: elle fournit aux forces de l’ordre des renseignements financiers précieux, utilisés dans la plupart des enquêtes sur le blanchiment d’argent.
Ce n’est là qu’une des nombreuses conclusions accablantes issues des neuf audits fédéraux que le bureau de la vérificatrice générale Karen Hogan a présentés mercredi au Parlement.
Un autre rapport révèle qu’Environnement Canada a cessé, en 2024, ses travaux visant à interdire les exportations de charbon thermique – sans pour autant en informer le public, alors même que l’engagement du Canada d’interdire ces exportations d’ici 2030 demeurait pleinement en vigueur.
Un autre audit indique que Santé Canada a dépassé de plus d’un milliard de dollars le budget alloué à la mise en œuvre du nouveau Régime dentaire canadien au cours des deux premières années du programme, et a eu du mal à évaluer si celui-ci contribuait à améliorer la santé bucco-dentaire.

