Politique

Le Canada se joint à ses alliés en critiquant la condamnation de Jimmy Lai

«Le Canada continuera de soutenir les médias libres et indépendants partout dans le monde.»

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Des militants hongkongais se rassemblent à Taïwan pour soutenir Jimmy Lai, éditeur et militant hongkongais emprisonné, lors de son procès à Taipei, à Taïwan, le dimanche 24 août 2025. Des militants hongkongais se rassemblent à Taïwan pour soutenir Jimmy Lai, éditeur et militant hongkongais emprisonné, lors de son procès à Taipei, à Taïwan, le dimanche 24 août 2025. (ChiangYing-ying)

OTTAWA — La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, et des députés de diverses allégeances politiques demandent à la Chine de libérer l'éditeur hongkongais Jimmy Lai, condamné lundi à 20 ans de prison en vertu d'une loi draconienne sur la sécurité nationale.

Des militants des droits de la personne exhortent également Ottawa à redoubler d'efforts pour défendre M. Lai, citoyen britannique et chinois ayant de la famille au Canada.

M. Lai, fondateur d'un journal critique envers les gouvernements de Hong Kong et de Chine, a été reconnu coupable de complot en vue de collaborer avec des forces étrangères et de complot en vue de publier des articles séditieux.

«Le Canada est déçu par la condamnation aujourd'hui à Hong Kong de la figure médiatique pro-démocratie Jimmy Lai», a dit Mme Anand dans une déclaration écrite.

«M. Lai a 78 ans et est en mauvaise santé, et nous demandons sa libération humanitaire immédiate. Le Canada continuera de soutenir des médias libres et indépendants partout dans le monde», a-t-elle ajouté.

Cette déclaration succède à des commentaires similaires de nombreux homologues, notamment les États-Unis et l'Union européenne.

La Chine a qualifié les manifestations prodémocraties d'émeutes attisées par l'Occident et destinées à déstabiliser Pékin. Elle a accusé M. Lai d'inciter à la haine et d'«empoisonner» les habitants du territoire, qui bénéficiait d'une presse libre lorsqu'il était colonie britannique.

Les conservateurs fédéraux ont soutenu que la condamnation violait le traité signé par le Royaume-Uni et la Chine lors de la rétrocession du territoire à la Chine en 1997, qui garantissait 50 ans d'autonomie, la liberté d'expression et de réunion.

«Le fait de condamner M. Lai, âgé de 78 ans, pour rien de plus que l'exercice de ses droits et libertés démontre l'érosion des libertés civiles et de l'état de droit à Hong Kong», a écrit Michael Chong, porte-parole conservateur en matière d'affaires étrangères, qui a réclamé la libération immédiate de M. Lai.

Le député conservateur Dean Allison a dit que le Canada devrait reconsidérer son récent engagement à renforcer ses liens avec Pékin, tandis que le député Garnett Genuis a qualifié la condamnation de «déchirante».

La députée néo-démocrate Jenny Kwan, née à Hong Kong, a décrit M. Lai comme un «prisonnier d'opinion» dont la condamnation marque «une nouvelle escalade dévastatrice dans le démantèlement systématique des libertés fondamentales à Hong Kong».

Elle a exhorté Ottawa à «collaborer avec ses partenaires internationaux afin d'obtenir une libération humanitaire pour raisons médicales vers le Canada, pour que M. Lai puisse recevoir les soins nécessaires et retrouver sa famille dans un pays où ses contributions et ses droits sont respectés».

Le Centre Raoul Wallenberg pour les droits de la personne a pressé Ottawa d'agir davantage et a republié la déclaration de Mme Anand sur les réseaux sociaux.

«Nous sommes nous aussi déçus que ceux qui pourraient choisir d'agir avec conviction en sa faveur ne le fassent pas», a écrit le Centre.

Le communiqué du Centre souligne que l'Alliance interparlementaire sur la Chine a indiqué que l'affaire Lai fera jurisprudence quant aux conséquences de la violation d'un traité internationalement reconnu.

«L’érosion des libertés à Hong Kong est due à l’inaction prolongée de la communauté internationale face aux violations par la Chine de la Déclaration commune sino-britannique, un traité juridiquement contraignant enregistré auprès des Nations unies», a commenté le centre.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié M. Lai de «cerveau et instigateur des émeutes qui ont secoué Hong Kong», en référence aux manifestations contre la loi sur la sécurité nationale utilisée pour poursuivre les principaux militants prodémocraties du territoire.

«Les pays concernés doivent respecter la souveraineté de la Chine et l’état de droit à Hong Kong, cesser toute déclaration irresponsable sur la gestion de cette affaire par Hong Kong (et la région) et ne pas s’ingérer dans les affaires judiciaires de Hong Kong ni dans les affaires intérieures de la Chine», a-t-il conclu.

– Avec les informations de l'Associated Press

Dylan Robertson, La Presse Canadienne

Dylan Robertson

Dylan Robertson

Journaliste