Le Canada va rejoindre comme premier pays «observateur» le projet d’avion de combat britannico-italo-japonais GCAP, ouvrant la voie à ce qu’il en devienne un membre à part entière, a annoncé mardi le ministère britannique de la Défense.
Le programme GCAP, pour Global Combat Air Programme, doit développer d’ici 2035 un avion de combat de sixième génération pour remplacer l’Eurofighter Typhoon pour l’Italie et la Grande-Bretagne, et le Mitsubishi F‑2 pour le Japon.
«Le Canada bénéficiera d’une visibilité directe sur le programme GCAP, notamment en ce qui concerne le développement des capacités, la collaboration industrielle et les plans de livraison à long terme», a précisé le ministère dans un communiqué.
Cette initiative «ouvre la voie à des discussions sur sa future participation et sa contribution au GCAP», ajoute-t-il.
Cette annonce intervient au lendemain de l’arrivée à Downing Street du travailliste Andy Burnham et à l’issue d’une réunion à Londres entre le nouveau ministre britannique de la Défense Wes Streeting et ses homologues japonais Shinjiro Koizumi, italien, Guido Crosetto, et canadien, David McGuinty.
Dans un communiqué commun, les quatre pays ont affirmé voir l’arrivée du Canada comme «une étape importante visant à renforcer la coopération entre des alliés de confiance aux valeurs partagées».
Le projet GCAP est développé dans le cadre d’une coentreprise entre l’italien Leonardo, le britannique BAE Systems et le japonais JAIEC.
Début juillet, les trois pays partenaires ont signé un contrat de 4,6 milliards de livres avec cette coentreprise, baptisée Edgewing, pour financer les prochaines étapes de son développement.
De son côté, Londres s’est engagé à mobiliser 8,6 milliards de livres sur quatre ans pour le GCAP dans le cadre de son plan d’investissement à dix ans dans la défense.
Dès le départ, les trois partenaires ont expliqué être ouverts à ce que d’autres pays rejoignent ce projet coûteux.
Ils ont encore réitéré mardi leur détermination à «à coopérer avec des alliés et des partenaires de confiance afin de renforcer le programme et d’en maximiser l’impact stratégique à long terme».
Le mois dernier, le patron de Leonardo, Laurenzo Mariani, avait affirmé au Financial Times être favorable à une entrée de l’Allemagne dans le programme, après l’abandon du projet concurrent franco-germano-espagnol Scaf.
L’Arabie saoudite a également exprimé son intérêt.
«C’est un programme qui fonctionne, donc je ne suis pas surpris que davantage de pays soient intéressés», a commenté le directeur général de Rolls-Royce Tufan Erginbilgic auprès de journalistes, dont l’AFP, depuis le salon aéronautique de Farnborough, qui se tient actuellement dans le sud de l’Angleterre.
