Le Canada annonce une nouvelle série de sanctions à l’encontre d’Israéliens accusés de «violences commises par des colons extrémistes» en Cisjordanie et exhorte Israël à prendre davantage de mesures — ce dernier accusant quant à lui Ottawa d’attiser l’antisémitisme sur son territoire.
Israël occupe la Cisjordanie, qui est distincte de la bande de Gaza, depuis 1967, et les colons y ont construit des communautés que le Canada et de nombreux autres pays considèrent comme une violation du droit international.
L’attaque du Hamas contre Israël en 2023 a poussé Israël à bombarder Gaza et à renforcer les restrictions en Cisjordanie, où les Nations unies ont constaté une forte augmentation des attaques de colons contre les Palestiniens.
Il y a deux ans, le Canada a commencé à instaurer des sanctions à l’encontre de colons accusés d’actes de violence particulièrement graves. Ces sanctions ont depuis été étendues à deux ministres d’extrême droite du gouvernement du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, et le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, font tous deux toujours partie du gouvernement après avoir suggéré qu’il serait justifié d’affamer les Palestiniens, s’être opposés aux enquêtes sur les agressions sexuelles commises par des militaires et avoir tenu des propos largement considérés comme encourageant le nettoyage ethnique.
Dans le cadre de sa cinquième série de sanctions contre les colons israéliens, le Canada inscrit sur sa liste deux personnes associées à la construction de colonies et cinq entreprises impliquées dans la création de fermes et d’autres sites.
Parmi elles figurent des personnes et des organisations que le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande ont accusées d’avoir attaqué des Palestiniens.
Le Canada affirme que ces sanctions visent à préserver la perspective d’une solution à deux États, que le gouvernement israélien actuel a rejetée.
Le Canada a fait part de ses préoccupations mardi dans une déclaration commune avec l’Australie, la France, la Norvège et le Royaume-Uni, annonçant de nouvelles sanctions.
«Depuis trop longtemps, les colons violents agissent dans une quasi-impunité, et l’expansion des colonies et la création d’avant-postes se poursuivent avec le soutien et la facilitation du gouvernement d’Israël. Dans certains cas, les actes de violence commis par des colons ont lieu sous la protection des forces de sécurité israéliennes, indique la déclaration. Nous sommes prêts à prendre d’autres mesures si le gouvernement d’Israël ne prend pas d’urgence les mesures nécessaires pour remédier à la situation sur le terrain.»
Dans une réponse publiée mardi, le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré que le Canada et ses pays partenaires ignoraient l’antisémitisme sur leur propre territoire.
«Israël rejette fermement les mesures honteuses adoptées par des gouvernements étrangers à l’encontre de citoyens, d’entités et d’un ministre du gouvernement israélien», énonce le communiqué, que l’ambassade du pays à Ottawa a transmis à La Presse Canadienne en réponse aux sanctions de mardi.
«Les politiques anti-israéliennes du type de celle adoptée aujourd’hui ne font qu’attiser cet antisémitisme», précise-t-il.
Il affirme que les nouvelles sanctions sont «déguisées en mesures contre la violence» et que les pays devraient plutôt sanctionner l’Autorité palestinienne pour ses politiques qui, selon Israël, exacerbent le conflit.
L’Autorité palestinienne a accepté l’automne dernier de mettre en œuvre diverses réformes. Le Canada a souligné que des progrès avaient été réalisés concernant ces mesures, tandis qu’Israël a affirmé qu’aucun progrès n’avait été démontré.

