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Le Canada a financé la construction du pont Gordie Howe, mais n’en est pas l’unique propriétaire

Explications.

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Trump menace de bloquer l’ouverture du pont reliant Windsor à Detroit Le président américain Donald Trump menace de ne pas autoriser l’ouverture d’un nouveau pont reliant Windsor, en Ontario, et Détroit, dans le Michigan, arguant que les États-Unis devraient d’abord être indemnisés.

Le Canada prend en charge la totalité des coûts initiaux du pont international Gordie Howe grâce à un accord binational conclu après des années d’études, de batailles juridiques et de résistance politique du côté américain de la frontière.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Dans le cadre de l’accord Canada-Michigan de 2012, le Canada a accepté de financer, de construire et d’exploiter le nouveau pont Windsor-Detroit, y compris les parties situées du côté américain, afin de faire avancer ce projet longtemps retardé.

La structure de financement a fait l’objet d’une attention renouvelée après que le président américain Donald Trump ait critiqué le projet dans un message publié lundi sur Truth Social, affirmant que le Canada «possède à la fois le côté canadien et le côté américain» et l’a construit «pratiquement sans aucune participation américaine».

Publication de Donald Trump sur Truth Social Publication de Donald Trump sur Truth Social

M. Trump a également laissé entendre qu’il n’autoriserait pas l’ouverture du pont à moins que les États-Unis ne soient «pleinement indemnisés» et a déclaré que les États-Unis devraient détenir au moins la moitié du projet.

Des décennies d’études ont conduit à la réalisation du projet

La planification d’un nouveau passage frontalier Windsor-Detroit remonte au début des années 2000, lorsque les agences de transport canadiennes et américaines ont mené des études sur le trafic transfrontalier qui ont révélé que les infrastructures existantes ne permettraient pas de répondre à la demande future.

Une étude binationale de planification et de faisabilité menée entre 2001 et 2004 a recommandé la construction de nouvelles infrastructures pour faire face à la croissance à long terme du commerce.

Ces travaux ont donné lieu à une évaluation environnementale coordonnée de 2005 à 2008, impliquant des centaines de consultations publiques, qui a finalement identifié un nouveau pont public comme la solution privilégiée.

Les autorisations environnementales ont été accordées au Canada et aux États-Unis en 2009.

Obstacles politiques dans le Michigan

Malgré ces autorisations, le projet a été bloqué pendant des années en raison du financement.

Les législateurs du Michigan ont refusé d’engager des fonds publics dans le projet, en raison de l’opposition et des contestations judiciaires liées au pont Ambassador, qui est une infrastructure privée.

Plutôt que de risquer de nouveaux retards dans la mise en place d’un corridor commercial essentiel, le Canada a négocié directement avec l’État du Michigan.

L’accord de 2012

En juin 2012, le Canada et le Michigan ont signé l’accord Canada-Michigan Crossing, qui a permis au projet d’aller de l’avant.

En vertu de cet accord, le Canada a accepté de concevoir, de construire, de financer, d’exploiter et d’entretenir le pont dans le cadre d’un partenariat public-privé.

L’accord stipule également que le pont sera la propriété publique du Canada et du Michigan, et que le fer et l’acier utilisés pour les composants clés devront provenir de l’un ou l’autre de ces pays.

La liste des nombreuses acquisitions des États-Unis au cours de son histoire Tous les yeux sont rivés vers le Groenland depuis les propos du président américain Donald Trump, qui répète ad nauseam vouloir obtenir le territoire danois à tout prix.

Construction et coût actuel

En 2012, le gouvernement fédéral a créé la Windsor-Detroit Bridge Authority, une société d’État chargée de la réalisation et de l’exploitation du projet.

Un consortium privé a remporté le contrat en 2018, et la construction a commencé plus tard dans l’année.

Le coût total est désormais estimé à environ 6,4 milliards de dollars après les augmentations et les retards.

Comment le Canada prévoit-il de récupérer l’argent?

Bien que le Canada couvre la totalité du prix initial, le gouvernement fédéral prévoit de récupérer son investissement au fil du temps.

En vertu de l’accord, les péages perçus auprès des utilisateurs du pont serviront à rembourser au Canada les fonds qu’il a avancés.

Une fois les coûts entièrement récupérés, les recettes des péages seront partagées avec l’État du Michigan.

Les responsables affirment depuis longtemps que ce projet est un investissement stratégique, car le corridor Windsor-Detroit représente une part importante du commerce entre les deux pays, en particulier dans le secteur automobile.

Une fois ouvert, ce passage devrait constituer un deuxième lien majeur entre les deux villes, ce qui permettra de réduire la congestion au pont Ambassador et de renforcer le commerce transfrontalier.

Le passage frontalier Windsor-Detroit est le passage frontalier terrestre commercial le plus fréquenté entre le Canada et les États-Unis, représentant plus de 25 % du commerce total entre les deux pays.