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Le Bloc québécois exhorte Mark Carney à ne pas sacrifier les producteurs laitiers

«Il faut que ça cesse, les compromis sur la gestion de l’offre. Ce sont les petites marges de profit des producteurs de lait qui sont sans cesse cédées.»

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Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, prend la parole à Ottawa le 10 mars 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, prend la parole à Ottawa le 10 mars 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (PATRICK DOYLE)

Le Bloc québécois exhorte le premier ministre Mark Carney à ne pas sacrifier les producteurs laitiers lors de ses négociations commerciales avec Washington, qui prennent de l’ampleur à l’approche de l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane.

Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, appelle M. Carney à «respecter sa parole» et à «ne rien céder», rappelant que le premier ministre s’est lui-même engagé à protéger le système de gestion de l’offre.

«Il faut que ça cesse, les compromis sur la gestion de l’offre. Ce sont les petites marges de profit des producteurs de lait qui sont sans cesse cédées», a-t-il dénoncé en entrevue avec La Presse Canadienne.

Plusieurs médias ont en effet pu apprendre que le Canada serait ouvert à faire certaines concessions concernant le secteur laitier.

Une source informée des négociations en cours, mais non autorisée à s’exprimer publiquement à ce sujet, a indiqué à La Presse Canadienne qu’Ottawa avait dit aux provinces de ne pas s’attendre à des changements majeurs au régime de gestion de l’offre.

Cependant, le Canada pourrait élargir l’accès au marché américain selon les modalités actuelles, a précisé cette même source.

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Pour M. Blanchet, une telle approche n’est rien d’autre que de la «bouillie pour chats».

«S’il faut que tu fasses une entente pour changer l’autre entente, tu viens de faire une brèche dans la gestion de l’offre», a-t-il tranché, notant que le Parlement a adopté à l’unanimité une loi, l’an dernier, visant à protéger intégralement la gestion de l’offre de toute négociation commerciale.

Pas une première

M. Blanchet a rappelé qu’Ottawa a déjà concédé des pourcentages de quotas de la gestion de l’offre à l’Asie, à l’Europe et aux États-Unis lors de précédentes négociations commerciales.

«Sur les tablettes des supermarchés du Québec, on a déjà été obligé de sacrifier beaucoup d’espace, qui aurait été à nos producteurs de fromages, au bénéfice de milliers de tonnes de fromage européen», a-t-il souligné.

«On ajouterait à ça des pourcentages de fromage américain — qui serait moins cher, parce que produit en gros volume, et de moins bonne qualité — et ça écartait encore, par exemple, le fromage québécois ou le yogourt québécois des tablettes.»

La semaine dernière, les producteurs laitiers canadiens avaient aussi mis en garde le gouvernement fédéral contre toute concession concernant leur secteur, tranchant que «notre souveraineté alimentaire n’est pas à vendre» et qu’un mauvais accord «n’en vaut pas le coût».

Dimanche, c’est le chef conservateur, Pierre Poilievre, qui a écrit à M. Carney pour marteler qu’il faut «arrêter de faire des concessions». Et lundi, la première ministre du Québec, Christine Fréchette, a réitéré que la gestion de l’offre fait partie des enjeux «non négociables».

Jeudi dernier, M. Carney a déclaré que son gouvernement restait fidèle au système de gestion de l’offre.

Les discussions continuent

Les négociations entre le Canada et les États-Unis se sont intensifiées ces dernières semaines, surtout depuis que Washington a annoncé son d’intention d’imposer de nouveaux droits de douane de 50 % sur une multitude de produits canadiens à partir du 19 août.

Au cours des deux dernières semaines, l’équipe commerciale canadienne a rencontré à deux reprises le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer.

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Les principaux négociateurs commerciaux du Canada seront une fois de plus à Washington cette semaine pour de nouvelles réunions avec l’administration Trump.

Le système de gestion de l’offre, qui protège le secteur laitier canadien, a été cité par les États-Unis comme un point de friction majeur dans les négociations.

Le lait, comme les œufs, le poulet et le dindon, est soumis à ce système qui consiste à gérer la production d’un produit agricole de manière à ce qu’elle corresponde aux besoins du marché canadien.

Avec des informations de Catherine Morrison et de Thomas Laberge

Mathieu Paquette

Mathieu Paquette

Journaliste