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Séparatisme: l’Alberta et Ottawa s’efforcent de résoudre ces problèmes, selon Smith

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L'ancien secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, à gauche, discute avec le député conservateur Shuvaloy Majumdar lors de la conférence annuelle du Canada Strong and Free Network, à Ottawa, le 7 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE L'ancien secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, à gauche, discute avec le député conservateur Shuvaloy Majumdar lors de la conférence annuelle du Canada Strong and Free Network, à Ottawa, le 7 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Spencer Colby)

La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a indiqué vendredi qu’elle s’était engagée avec le premier ministre Mark Carney à résoudre les différends entre l’Alberta et Ottawa, alors que le sentiment séparatiste gagne du terrain dans sa province. 

Mme Smith a déclaré aux journalistes qu’elle avait toujours pris au sérieux la campagne en faveur de l’indépendance et qu’elle en avait discuté avec M. Carney, qui se trouvait au Royaume-Uni «à l’époque où le Brexit n’était pas pris au sérieux par les dirigeants politiques».

La première ministre a mentionné qu’elle ne souhaitait pas voir se reproduire le résultat surprise du Brexit.

«Je sais qu’il y a des gens qui sont frustrés, déçus, qui ont baissé les bras. Et c’est mon travail, et je pense que (M. Carney) considère que c’est le sien, de montrer comment nous pouvons surmonter ces divergences», a avancé Mme Smith.

La première ministre a reçu un accueil chaleureux lors d’un rassemblement de la droite politique canadienne à Ottawa vendredi, où elle a été présentée comme un exemple de la manière dont les politiciens peuvent mettre en pratique des politiques conservatrices.

Lors de la conférence «Canada Strong and Free», Mme Smith a consacré son intervention à «l’incroyable bilan de succès» de son Parti conservateur uni, suscitant des acclamations admiratives lorsqu’elle a mis en avant la baisse des impôts dans la province, la réduction des formalités administratives et les efforts visant à «mettre fin à l’ère du wokisme».

«C’est la preuve que, lorsque l’on met en place les bases et que l’on reste fidèle aux valeurs conservatrices, les résultats suivent», a-t-elle soutenu.

Ses remarques n’ont pas abordé le sentiment séparatiste dans sa province, qui, selon les sondages, est particulièrement élevé parmi les partisans de son parti.

Répondant aux questions des journalistes, Mme Smith a mentionné que ses efforts pour faire avancer un protocole d’accord avec M. Carney sur un éventuel pipeline vers la côte Pacifique visaient à «démontrer que le fédéralisme coopératif fonctionne».

Mme Smith a également évoqué les liens économiques de sa province avec les États-Unis, qualifiant ces relations de «quelque peu perturbées» à l’heure actuelle.

«Ce que j’ai appris au sujet du président (Donald) Trump, c’est qu’il ne faut pas aller le voir en lui disant: “Oh, tu ferais mieux de ne pas faire ça parce que ça va me nuire.” C’est la dernière chose qui pourrait le convaincre», a-t-elle expliqué.

«On lui dit: “Hé, pourquoi ne pas travailler ensemble ? Parce que je vais vous aider, cela rendra les États-Unis formidables”», a-t-elle précisé.

Mme Smith a ajouté que cette approche explique en partie pourquoi les relations commerciales de l’Alberta — et l’énergie canadienne — sont presque entièrement exemptes de droits de douane.

Pete Hoekstra absent

L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, qui était annoncé comme l’un des principaux intervenants de l’événement, n’a finalement pas fait le déplacement.

Un porte-parole de l’ambassade des États-Unis a déclaré que M. Hoekstra était resté à Washington, D.C., pour des réunions à la Maison-Blanche avec de hauts responsables de l’administration Trump.

M. Hoekstra a participé au sommet SelectUSA avec une délégation d’entreprises canadiennes en début de semaine.

L’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo s’est exprimé jeudi pendant une heure sur les négociations en cours concernant l’accord commercial continental.

M. Pompeo a indiqué à l’auditoire que le Canada devrait «dépasser son irritation» envers M. Trump et se rappeler quels pays partagent ses valeurs. 

Il a fait valoir que la Chine n’était pas un partenaire fiable et a déclaré que les efforts de M. Carney pour approfondir les liens avec Pékin étaient malavisés et «à courte vue». 

«Le Canada est important pour les États-Unis. Nous sommes extrêmement importants pour le Canada», a-t-il soutenu.

La conférence s’est terminée par une table ronde sur les relations canado-américaines à laquelle participait le député conservateur Jamil Jivani.

M. Jivani compte le vice-président JD Vance parmi ses amis proches et vient de rentrer d’un deuxième voyage à Washington, où lui et des représentants d’entreprises pétrolières et gazières canadiennes ont rencontré le représentant américain au commerce, Jamieson Greer.

M. Jivani a précisé qu’il ne pensait pas que la majorité des Canadiens se soient laissés gagner par «l’hystérie» suscitée par les menaces de M. Trump d’annexer le Canada et par la guerre commerciale lors de la dernière élection.

Il a précisé que l’administration américaine ne devait pas servir de bouc émissaire pour les problèmes au Canada et a fait valoir que le gouvernement de M. Carney avait bénéficié d’un passe-droit.

M. Jivani a appelé le secteur privé canadien à «se faire davantage entendre» pour exiger une action urgente du gouvernement fédéral concernant les négociations commerciales avec les États-Unis.

«Je pense vraiment que le Canadien moyen doit savoir que nos milieux d’affaires ont besoin d’action et veulent de l’action», a-t-il ajouté. 

Sarah Ritchie

Sarah Ritchie

Journaliste