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L'Agence d'inspection des aliments reporte la fermeture d'un laboratoire de Longueuil

Le laboratoire devait cesser ses activités à la fin du mois d’avril.

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Un panneau de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, à Ottawa, le 26 juin 2019. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick Un panneau de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, à Ottawa, le 26 juin 2019. LA PRESSE CANADIENNE (Sean Kilpatrick)

Un syndicat représentant les employés de l’Agence canadienne d’inspection des aliments affirme que le gouvernement fédéral reporte de deux ans la fermeture d’un laboratoire québécois d’analyse des allergies alimentaires.

Selon le Syndicat de l’agriculture, le laboratoire de Longueuil devait cesser ses activités à la fin du mois d’avril.

Le syndicat a affirmé que l’Agence canadienne d’inspection des aliments indique désormais qu’elle a l’intention de fermer le laboratoire d’ici 2028.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments a indiqué dans une déclaration écrite qu’elle poursuivait la planification de la fermeture de son laboratoire de Longueuil en 2028, dans le cadre d’un effort à l’échelle du gouvernement visant à garantir «l’efficacité et l’efficience des opérations».

L’organisation a affirmé que ce qui avait changé, c’est le «calendrier pour les employés». La situation a été ajustée afin d’accorder plus de temps pour faciliter une transition responsable, tant pour le personnel que pour les tâches qu’il accomplit, a indiqué l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

La déclaration mentionne que les fonctions essentielles actuellement assurées par le laboratoire de Longueuil, notamment les tests d’allergènes et les analyses de sécurité alimentaire, seront maintenues au sein du réseau plus large de laboratoires de l’ACIA. 

«Les employés conserveront leurs fonctions actuelles jusqu’à ce que la planification de la transition soit finalisée, précise la déclaration. La science reste le fondement du mandat de l’ACIA. Notre réseau de laboratoires continuera de fournir l’expertise nécessaire pour protéger la sécurité des aliments, des animaux et des végétaux au Canada.»

Milton Dyck, président national du Syndicat de l’agriculture, affirme que cette décision constitue une «victoire importante» pour tous les Canadiens soucieux de la sécurité et de la salubrité des aliments, et en particulier pour toute personne souffrant d’une allergie alimentaire.

Il précise que le laboratoire de Longueuil est le seul de l’Agence capable d’utiliser des technologies de pointe pour vérifier les étiquettes nutritionnelles et détecter les allergènes, et qu’il effectue également des tests sur les crustacés et les mollusques afin de détecter la présence de toxines marines.

«Plus de trois millions de personnes au Canada souffrent d’allergies alimentaires, a-t-il fait valoir. Si le gouvernement ferme ce laboratoire, il supprime une protection essentielle pour toutes ces personnes. C’était une décision imprudente.»

Le syndicat a critiqué le fait de poursuivre le projet de fermeture du laboratoire alors qu’une «crise imminente de la sécurité alimentaire» se profile en Amérique du Nord.

Il a ajouté que l’accélération des changements climatiques multiplie les risques liés à la sécurité alimentaire et que l’administration du président américain Donald Trump a «vidé de sa substance» l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, jetant ainsi le doute sur la qualité des importations alimentaires américaines.

«Le laboratoire de Longueuil n’est pas seulement une ligne budgétaire, a soutenu M. Dyck. C’est une promesse de garantir la sécurité des familles. Et nos membres sont fiers d’accomplir ce travail.»

Le syndicat a indiqué que les 17 employés du laboratoire de Longueuil avaient reçu, fin janvier, des lettres leur annonçant que leurs postes n’étaient plus nécessaires.

Il a précisé que ces coupes s’inscrivent dans le cadre de l’examen exhaustif des dépenses mené par le gouvernement Carney. Le budget fédéral de 2025 a présenté un plan visant à réduire la fonction publique de 10 % d’ici la fin de l’exercice 2028-2029.

Aaron Lakoff, porte-parole du Syndicat de l’agriculture, a noté que ces lettres avaient depuis été annulées.

«Cela ne signifie pas nécessairement que leurs emplois ont nécessairement été prolongés jusqu’en 2028. Cela signifie que le gouvernement examine leurs postes pour déterminer s’ils ne seront plus nécessaires à l’avenir», a-t-il expliqué. 

«C’est une bonne nouvelle pour nos membres sur place, car, à cause de leur statut d’excédentaire, ils auraient été au chômage après le 27 mai 2026. Nous avons désormais un peu de répit, et le laboratoire continuera de fonctionner pour l’instant.»

M. Dyck a déclaré que le syndicat demandait au gouvernement de s’engager à maintenir le laboratoire ouvert à long terme et de revenir sur les coupes budgétaires imposées à l’agence.

«Notre message à M. Carney est qu’il doit cesser de jouer avec la vie des gens et donner la priorité à la sécurité alimentaire.»

Catherine Morrison

Catherine Morrison

Journaliste