Les réactions ont été nombreuses et diversifiées mercredi à la suite de l’annonce de la démission du premier ministre, François Legault.
Voici un coup d’oeil pour l’Estrie, le Saguenay—Lac-Saint-Jean et la Mauricie:
Estrie
En Estrie, la député solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie a parlé d’un bilan «extrêmement mitigé» concernant les années au pouvoir du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).
«L’accès à la première ligne en santé, on ne peut pas dire qu’on a évolué beaucoup là-dedans dans les dernières années. Il a parlé de son bilan en éducation, mais les conditions se sont dégradées au sein des classes», a-t-elle partagé auprès de Noovo Info.
Mme Labrie estime que François Legault a aussi beaucoup parlé de laïcité et de langue française dans son bilan de carrière alors que ces dossiers ne figuraient peut-être pas, selon elle, dans «les préoccupations prioritaires».
Un médecin de famille de Sherbrooke, le Dr Benoit Heppell, a aussi partagé son ressenti face à la démission de François Legault.
Le médecin croit que M. Legault et son équipe ont «probablement nui» au système de santé du Québec dans les dernières années et que «la porte était la meilleure solution».
«La dernière année, la guerre avec les médecins – qu’il a voulu – a été très délétère pour le système de santé : des médecins ont quitté, ç’a été une longue guerre. On a fini par arriver à une entente, mais avec des séquelles», a expliqué à Noovo Info le Dr Heppell en précisant qu’il croit que François Legault aura payé le prix de cette crise aux prochaines élections.
L’annonce de la démission de François Legault aura d’ailleurs été une surprise pour certains de ses députés : la nouvelle de son départ est tombée alors que la députée caquiste de Saint-François, Geneviève Hébert, et le ministre délégué à l’Économie, Samuel Poulin, étaient de passage à Sherbrooke pour tenir une conférence de presse.
Après avoir pris la parole, les deux élus ont quitté les lieux rapidement sans répondre aux questions des journalistes.
Saguenay—Lac-Saint-Jean
Les réactions fusaient au Saguenay-Lac-Saint-Jean après l’annonce de la démission du premier ministre du Québec, mercredi matin.
Le milieu politique souligne le courage et la bienveillance de François Legault dans cette aventure de sept ans à la tête de la province, tout en critiquant certaines de ses décisions qui ont entraîné des conséquences directes sur la région.
Les trois députés caquistes du Saguenay—Lac-Saint-Jean ont tous décliné les demandes d’entrevue de Noovo Info. Seul Yannick Gagnon, député de Jonquière, a finalement accepté de transmettre une déclaration écrite.
Le caquiste remercie M. Legault pour ses années d’engagement envers le Québec, mais aussi d’avoir toujours été là pour lui.
«Je lui dois […] mon entrée en politique en 2022, a déclaré Yannick Gagnon. Moments marquants et symbole de confiance à mon endroit, il a décidé de lancer la campagne au Calypso à Jonquière et il a rechoisi l’arrondissement, à l’automne 2023, pour y tenir le caucus présessionnel du gouvernement.»
De son côté, la candidate conservatrice pour l’élection partielle dans Chicoutimi, Catherine Morissette, brandit les résultats du sondage Pallas Data, publié mardi, qui place la CAQ au dernier rang dans les intentions de vote, à égalité avec Québec solidaire.
«Quand le bateau coule, ce n’est pas tout le monde qui a une flotte.»
— Catherine Morissette, candidate conservatrice dans Chicoutimi
La mairesse d’Alma, Sylvie Beaumont, s’est dite surprise par cette annonce mercredi matin, mais elle juge responsable la décision prise par François Legault alors que la CAQ est en chute libre dans les sondages.
Mme Beaumont salue son travail, tout en affirmant avoir eu des attentes élevées auxquelles le gouvernement n’a pas répondu.
«On parlait d’un gouvernement des régions et je sentais que ce premier ministre voulait porter ça, mais il y a eu beaucoup d’improvisation dans ses décisions», a lancé la mairesse.
La population entre deux chaises
«Moi, je lui aurais donné encore une chance», a confié une citoyenne sondée par Noovo Info.
La population du Saguenay-Lac-Saint-Jean est mitigée quant au départ de François Legault. Certains citoyens disent avoir été surpris de cette annonce mercredi.
«Je croyais qu’il allait vouloir se présenter aux prochaines élections!», s’est exclamé une citoyenne d’Alma.
D’autres voient plutôt d’un bon œil le départ du premier ministre.
«Il a fait son temps. […] Je commençais à être tanné qu’il radote les mêmes niaiseries», a affirmé un citoyen, précisant croire que François Legault a apporté ce qu’il avait à apporter au Québec.
«Il a fait un bon travail, mais, malheureusement, les choses se sont gâchées. Il a bien fait de démissionner avant que son image soit ternie», a relativisé une citoyenne de Saguenay.
«Une contribution inachevée»
L’économiste à la retraite Gilles Bergeron croit que le premier ministre laisse «une contribution inachevée» à l’économie du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Il affirme, pour le moment, ne pas parvenir à trouver de grandes avancées réalisées par le gouvernement de François Legault pour la région.
«Je pense que, sur le plan de la politique forestière, il y avait une volonté de redéfinir la stratégie, mais c’est un dossier qui reste vierge à ce moment-ci», a souligné l’économiste.
Peu d’avancées pour les droits des femmes
Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) du Saguenay juge que les droits des femmes ont fait peu d’avancées sous le gouvernement de François Legault.
La responsable des luttes collectives et de la vie associative au CALACS du Saguenay, Christine Audet, déplore qu’il y ait eu peu de nouveaux financements dans les CALACS au cours des dernières années, en plus de coupes dans la santé et les services sociaux.
Christine Audet regrette également un manque de reconnaissance du gouvernement Legault quant aux violences systémiques subies par les femmes autochtones.
Mauricie
Interrogé par Noovo Info sur la démission de François Legault, le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, estime qu’il s’agit d’une bonne décision. Selon lui, outre les mauvais sondages visant la CAQ, il est possible que les critiques aient eu raison de M. Legault.
«Oui, on regarde les sondages. Ce qui est dur aussi, ce sont les critiques. On peut remonter dans les sondages […], mais [ce qui fait mal] ce sont les critiques que les gens font méchamment, les critiques derrière les réseaux. Le réseau social tue, je peux vous le dire, je le vis», a-t-il notamment partagé.
Le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, remercie François Legault pour ces années de travail et espère pouvoir continuer de collaborer avec les députés et ministres caquistes «pour le bien de la Ville de Trois-Rivières».
«Je fais confiance aux élus de la région qui vont poursuivre leur bon travail et poursuivre les discussions», a-t-il partagé à Noovo Info.
Avec les informations de Frédéric Fortin-Foster, Étienne Ouellet, Alex Sauro, Frédérique Bacon et Samuel Bideaux pour Noovo Info.

