La directrice par intérim du Bureau du commissaire des langues autochtones, qui fait actuellement l’objet d’un audit fédéral, a affirmé que sa mission consistait à accompagner la nouvelle direction afin d’assurer un nouveau départ à l’institution.
Candice St-Aubin, qui a quitté son poste de haute fonctionnaire fédérale pour assumer les fonctions de commissaire par intérim, a déclaré sur les réseaux sociaux qu’il s’agissait d’un travail profondément significatif qui «exige beaucoup de l’esprit, du cœur et de l’âme».
«Je ne considère pas cette mission comme temporaire. La responsabilité de soutenir la préservation, la revitalisation et le renforcement des langues autochtones au Canada ne s’interrompt pas pendant que les processus institutionnels se poursuivent», a écrit Mme St-Aubin.
«Bien que le processus officiel détermine la prochaine équipe de direction, je considère que mon rôle consiste à aider à soutenir ceux qui les accueilleront et à veiller à ce qu’ils puissent commencer leur travail sur des bases solides et respectueuses.»
Sa nomination intervient après que La Presse Canadienne a rapporté que d’anciens membres du personnel avaient exprimé des inquiétudes concernant le bureau, affirmant qu’elle n’avait pas réussi à faire avancer le renforcement des langues autochtones ni à soutenir la recherche.
Ils ont également dénoncé un environnement de travail toxique, des cas d’intimidation et des projets qui n’avancent pas: des facteurs qui ont conduit des membres du personnel à démissionner par frustration.
Le ministère du Patrimoine canadien a lancé un audit financier du bureau. Le ministre du Patrimoine, Marc Miller, a déclaré que ces allégations étaient graves et que les responsables devaient rendre des comptes.
Des documents montrent que son ministère était au courant des conflits internes au sein du bureau du commissaire des langues autochtones plusieurs mois avant de lancer l’audit.
Bien que Patrimoine canadien n’ait pas précisé quand l’enquête serait terminée, il a indiqué qu’un résumé de ses conclusions sera publié sur le site internet du bureau de la commissaire.
Mme St-Aubin occupait auparavant le poste de sous-ministre adjointe principale chargée de la politique stratégique au sein de Services aux Autochtones Canada. Elle occupera le poste de commissaire aux langues autochtones par intérim pendant 90 jours, ou jusqu’à la nomination d’un nouveau commissaire.
Le décret d’Ottawa annonçant cette nomination précise que celle-ci prendra effet le 13 juillet, date à laquelle le mandat de l’ancien commissaire a pris fin.
Ronald Ignace, l’ancien commissaire, a déclaré à La Presse Canadienne qu’il était fier du travail accompli pour mettre en place ce bureau.
M. Ignace a déclaré que le bureau avait dû faire face à des défis, mais qu’il avait «réussi à jeter les bases d’un bureau capable de poursuivre ce travail important».
Mme St-Aubin a raconté que sa grand-mère était la dernière de sa famille à parler l’anishinaabemowin et que le travail de préservation des langues autochtones revêtait pour elle une dimension profondément personnelle.
«Cette perte continue de résonner à travers les générations, d’autant plus que les jeunes quittent le foyer familial pour aller travailler ou étudier et ont peut-être moins d’occasions d’entendre, d’utiliser et d’apprendre leurs langues traditionnelles», a-t-elle écrit.
«C’est aussi pour cette raison que j’assume cette responsabilité avec humilité et gratitude.»

