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La délégation canadienne interdite d’accès en Cisjordanie demande des sanctions

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Le directeur exécutid de The Canadian-Muslim Vote, Umair Ashraf, lors d'une conférence de presse à Ottawa, le 29 décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Spencer Colby Le directeur exécutid de The Canadian-Muslim Vote, Umair Ashraf, lors d'une conférence de presse à Ottawa, le 29 décembre 2025. (Spencer Colby)

OTTAWA — Les membres d'une délégation canadienne qui s'est vu refuser l'entrée en Cisjordanie au début du mois demandent à Ottawa de renforcer les sanctions visant les nouvelles colonies israéliennes dans les territoires occupés.

Un groupe comprenant six députés canadiens en mission pour rencontrer des Palestiniens déplacés a été refoulé au poste frontière d'Allenby en route pour la Cisjordanie le 16 décembre.

Plusieurs témoins du groupe affirment que la députée ontarienne Iqra Khalid a été bousculée par un garde-frontière israélien lors de l'incident.

Les représentants de la délégation, notamment des membres de The Canadian-Muslim Vote, Justice for All Canada et du Conseil national des musulmans canadiens, ont tenu une conférence de presse sur la Colline du Parlement lundi.

Les groupes ont réclamé qu'Israël rende des comptes et donne des explications supplémentaires pour le refus à la frontière. Ils ont exhorté le gouvernement à renforcer les sanctions contre les actions expansionnistes d'Israël en Cisjordanie.

Les groupes ont demandé à Ottawa d'interdire l'importation de tout produit fabriqué en Cisjordanie occupée et d'interdire aux Canadiens d'acheter des biens immobiliers dans ces zones de colonisation

Ils ont également poussé Ottawa à sanctionner des responsables israéliens clés — par exemple les membres du cabinet de guerre du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou — et à enquêter sur tout Canadien qui favorise les activités de colonisation dans les territoires occupés.

Ils affirment que leur demande fait suite à la décision prise au début du mois par le cabinet de sécurité israélien d'approuver 19 nouvelles colonies dans certaines parties de la Cisjordanie sous occupation militaire.

Ahmed Ramadan, responsable des relations gouvernementales chez Justice for All Canada, a comparé lundi l'expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie aux appels lancés plus tôt dans l'année par le président américain Donald Trump pour faire du Canada le «51e État».

«Imaginez maintenant que cette menace ne soit pas rhétorique. Imaginez qu'un voisin puissant construise des villes sur notre territoire, morcelle nos provinces et restreigne notre liberté de circulation. Pour les Palestiniens, ce n'est pas de la rhétorique. C'est la réalité à laquelle ils sont confrontés», a soutenu M. Ramadan.

Le Canada s'est joint à 13 alliés, dont le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France, pour publier une déclaration le 24 décembre condamnant les nouvelles colonies en Cisjordanie et exhortant Israël à faire marche arrière. Les pays ont affirmé dans leur communiqué que cette expansion violait le droit international et risquait d'alimenter l'instabilité dans la région.

Le Canada a déjà imposé quatre séries de sanctions à l'encontre de 17 personnes et sept entités pour leur rôle dans la promotion de nouvelles colonies et la violence extrémiste des colons à l'encontre des Palestiniens.

La Presse Canadienne a contacté le bureau de la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, pour obtenir des commentaires sur les demandes de la délégation et savoir si le Canada envisageait d'autres mesures en réponse aux nouvelles colonies.

Afnan Kaid, militante communautaire au sein du Canadian Muslim Healthcare Network, a déclaré que le fait d'empêcher les médecins de la délégation de constater la situation sur le terrain en Cisjordanie «constitue une grave violation des normes démocratiques».

Ahmad Al Qadi, agent des affaires gouvernementales et des politiques publiques au Conseil national des musulmans canadiens, a confirmé que la délégation était en discussion avec le cabinet de Mme Anand au sujet des événements du 16 décembre, mais qu'elle n'avait pas encore rencontré officiellement la ministre.

Il a ajouté que la délégation s'était réjouie de voir Mme Anand convoquer rapidement l'ambassadeur d'Israël au Canada après l'incident, mais que les explications fournies pour justifier ce refus étaient jusqu'à présent insuffisantes.

«Les réponses fournies jusqu'à présent par l'ambassade ou le gouvernement israéliens sont catégoriquement insuffisantes, incohérentes et, franchement, fausses. Nous attendons donc une réponse claire et fondée sur des faits», a déclaré M. Al Qadi.

La députée libérale Iqra Khalid a raconté à La Presse Canadienne que l'incident s'était produit lorsqu'elle avait tenté de se tenir près d'un membre de la délégation qui était encerclé par des agents des services frontaliers pendant son interrogatoire.

Israël allègue des liens au terrorisme

La délégation était parrainée par The Canadian-Muslim Vote, un groupe qui encourage la participation civique des musulmans au Canada. Les délégués avaient prévu de rencontrer des Palestiniens déplacés en Cisjordanie, où le gouvernement israélien a récemment approuvé la construction de 764 nouvelles habitations dans des colonies juives.

L'ambassade d'Israël au Canada a déclaré que le groupe s'était vu refuser l'entrée parce que The Canadian-Muslim Vote recevait des fonds d'une filiale d'Islamic Relief Worldwide, que le gouvernement israélien a inscrit sur la liste des entités terroristes en 2014.

«L'État d'Israël n'autorisera pas l'entrée d'organisations et d'individus associés à des entités terroristes désignées», indique le communiqué.

Umair Ashraf, directeur exécutif de The Canadian-Muslim Vote, a affirmé lundi qu'Islamic Relief Worldwide et sa filiale canadienne ne sont pas des entités terroristes. Islamic Relief Canada se décrit sur son site internet comme une organisation caritative reconnue, à la fois par le gouvernement canadien et les Nations unies, qui fournit une aide d'urgence après des catastrophes.

«Le gouvernement israélien répand un mensonge et tente, comme il l'a fait avec d'autres organisations des Nations unies, de les détourner de leur objectif», a soutenu M. Ashraf.

La Presse Canadienne a contacté lundi l'ambassade d'Israël au Canada pour obtenir une déclaration actualisée, mais n'a pas encore reçu de réponse.

L'ambassadeur d'Israël au Canada, Iddo Moed, a reconnu la nécessité de «faire toute la lumière sur cet incident spécifique» dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne au début du mois.

M. Ashraf a été interrogé lundi sur la possibilité d'une nouvelle tentative d'entrer en Cisjordanie pour le groupe.

«À ce stade, nous aimerions y retourner, mais nous ne savons pas ce qui va se passer ensuite», a-t-il répondu.

— Avec des informations de David Baxter

Craig Lord, La Presse Canadienne

Craig Lord

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Journaliste