Les grands projets et une rencontre imminente avec le premier ministre Mark Carney et les premiers ministres provinciaux seront au cœur des débats de l’assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations (APN), a déclaré lundi la cheffe nationale Cindy Woodhouse Nepinak.
L’assemblée de l’APN s’amorce mardi et durera trois jours.
S’exprimant aux côtés de quelques chefs régionaux et représentants des Premières Nations lors d’une conférence de presse, Mme Woodhouse Nepinak a vivement critiqué l’approche du gouvernement fédéral en matière de développement de grands projets, affirmant qu’elle pourrait menacer les droits des Premières Nations.
Elle a précisé que les Premières Nations ne s’opposent pas à la croissance économique et demandent simplement à avoir leur mot à dire alors que le gouvernement fédéral tente de relancer l’économie.
«Les Premières Nations sont favorables à une croissance économique qui assurera la prospérité collective du Canada pour le siècle à venir, mais pas au détriment de nos droits ni des obligations légales de la Couronne envers nos peuples», a commenté Mme Woodhouse Nepinak.
Le chef régional de la Saskatchewan, Bobby Cameron, a affirmé que chaque Première Nation du pays devrait pouvoir bénéficier des grands projets de développement grâce à la création d’emplois et aux revenus tirés de la propriété de parts.
«Nous n’avons pas à mendier constamment auprès du gouvernement pour obtenir plus de fonds pour le logement, l’éducation ou les services policiers, a souligné M. Cameron. Nous n’en avons pas besoin. Les solutions se trouvent juste là, sur nos territoires traditionnels.»
La cheffe régionale du Nouveau-Brunswick, Joanna Bernard, a indiqué que les Premières Nations souhaitent investir dans la croissance économique d’une manière respectueuse de la Terre et qui préserve le territoire pour les générations futures.
Elle s’est dite consternée par les allégations selon lesquelles les Premières Nations freineraient l’économie.
«C’est faux. Le Canada doit simplement s’asseoir à la table des négociations et discuter avec nous, a-t-elle observé. Nous sommes ici pour écouter, et ils doivent aussi nous écouter afin de garantir la protection de la Terre et de l’avenir.»
Mme Woodhouse Nepinak a ajouté que les chefs discuteront de la prochaine réunion des premiers ministres et des points qu’ils souhaitent voir figurer à l’ordre du jour.
Elle a souligné que cette réunion des premiers ministres, prévue cet automne, constituera «un test majeur» pour le pays et que les chefs doivent s’y présenter unis.
L’Assemblée des Premières Nations est un organisme national de défense des droits qui reçoit ses orientations de quelque 630 chefs des Premières Nations au moyen d’assemblées spéciales et d’assemblées générales annuelles. Elle n’est pas une institution détentrice de droits, mais elle représente les chefs qui en sont titulaires.
Les chefs débattront de 53 résolutions distinctes au cours de cette réunion de 3 jours. Celles-ci portent notamment sur le programme des grands projets du gouvernement fédéral, la situation des enfants des Premières Nations, le statut en vertu de la Loi sur les Indiens et des appels au Vatican pour qu’il abroge une série de décrets pontificaux.
Les chefs entendront également des présentations sur la nouvelle Loi sur l’eau propre des Premières Nations, des consultations sur le développement de grands projets et la réforme des services de protection de l’enfance.
