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Itinérance zéro: les nouvelles cibles des gouvernements sont de la «musique» aux oreilles de Bruno Marchand

«On va arrêter de penser que c’est une fatalité.»

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Itinérance zéro: Bruno Marchand voit enfin un changement de cap Le maire de Québec, Bruno Marchand, qui réclame depuis cinq and des actions concrète contre l’itinérance, est fier de voir les gouvernements fédéral et provincial passer aux actes et chiffrer des objectifs ambitieux pour contrer la crise.

Le maire de Québec, Bruno Marchand, qui réclame depuis cinq ans des actions concrètes contre l’itinérance, est fier de voir les gouvernements fédéral et provincial passer aux actes et chiffrer des objectifs ambitieux pour contrer la crise.

Vendredi le premier ministre Mark Carney a présenté de nouvelles mesures visant à éliminer l’itinérance au pays d’ici 10 ans.

«C’est de la musique à mes oreilles», a lancé le maire de Québec en entrevue avec Noovo Info.

Il voit que la volonté politique est en train de changer, notamment avec l’annonce de 28 millions $ en «aide d’urgence» du premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, pour lutter contre l’itinérance alors que l’hiver approche. Rappelons que le Parti québécois avait comme objectif de réduire l’itinérance de moitié au cours des quatre prochaines années.

«C’est la première fois dans l’histoire du Canada et j’inclus la province de Québec parce que M. St-Pierre Plamondon a fait la même déclaration, qu’on a des politiciens qui acceptent de s’engager avec courage vers l’itinérance zéro», a lancé Bruno Marchand.

«On va arrêter de penser que c’est une fatalité.»

—  Bruno Marchand, maire de Québec

Il soutient que les politiciens ont eu tendance dans les dernières années à ne pas vouloir chiffrer des objectifs sociétaux et se réjouit de voir ce changement.

«Si on ne vise pas quelque chose de précis, on ne se rendra nulle part. Et là c’est ça qui change. Il y a un objectif maintenant au Canada et au Québec», a souligné le maire Marchand.

Toutefois, malgré les avancées dans les promesses des politiciens des plus hauts paliers de gouvernements, M. Marchand craint encore que l’argent promis ne soit pas accessible rapidement pour les municipalités, comme ce fut le cas dans les dernières années.

«Ça a déjà pris 18 mois, 24 mois faire descendre de l’argent de certains programmes. Si c’est ça, moi je pense que la population va être fâchée», a-t-il déclaré.

«On est en train de parler de la vie humaine. On est en train de parler de gens qui meurent dans la rue. On est en train de parler de citoyens qui vivent près de campement, qui n’en peuvent plus», souligne-t-il.

Il affirme également que les haltes chaleur et les refuges sont une solution temporaire qui ne «guérira» pas l’itinérance. Il espère que les plans d’Ottawa et Québec pour contrer l’itinérance seront conçus sur le long terme.

«Ça veut dire du logement, du logement accompagné parce que quand on le fait, ça marche. On parle de taux de 85, 90, 95 % de stabilité résidentielle pour les personnes itinérantes avec qui on travaille. Quand on réussit à les accompagner, à les mettre en résidence, ils restent en résidence», explique M. Marchand.

Le maire de Québec travaille également à faire changer les mentalités de la population concernant l’itinérance.

«Les gens pensent que l’itinérance, c’est un choix. Ils ont raison, mais c’est un choix de société, ce n’est pas un choix individuel», a-t-il lancé.

Il soutient que les personnes en situation d’itinérance choisiront dans la majorité des cas de se loger si elles avaient réellement le choix.

«Lorsqu’on offre de véritables choix, lorsqu’on prend soin des gens, qu’est-ce qui arrive? Ça marche.»

Notons qu’environ 12 000 personnes vivent actuellement en situation d’itinérance au Québec, selon les dernières estimations. Le dernier dénombrement, réalisé en avril 2025, a montré que l’itinérance visible au Québec avait augmenté de 20 % par rapport à 2022. Des hausses ont été observées dans les 13 régions étudiées.