Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, se rallie à l’ancienne première ministre Pauline Marois dans sa croisade pour la tenue d’un sommet sur l’itinérance d’ici à juin 2027.
À l’issue d’un entretien tenu à Québec mercredi après-midi, M. Duhaime a confirmé qu’il y était favorable, à l’instar de Charles Milliard, du Parti libéral, de Paul St-Pierre Plamondon, du Parti québécois (PQ), et de Ruba Ghazal, de Québec solidaire (QS).
La première ministre Christine Fréchette a refusé de s’engager en plaidant que son gouvernement agit déjà, mais Mme Marois a indiqué qu’elle va la rencontrer dans les prochaines semaines.
En mêlée de presse après la rencontre, M. Duhaime a affirmé qu’il faut agir avant que la situation devienne aussi grave qu’à Vancouver, où «c’est hors de contrôle et en train de détruire une ville», selon ses mots.
«La consommation des drogues nous préoccupe, parce qu’il y a une explosion à ce niveau, a fait savoir M. Duhaime. Les effets sont de plus en plus dévastateurs et c’est des drogues de plus en plus dures. Je pense qu’il va falloir se poser beaucoup de questions.»
«On a eu une excellente rencontre», a déclaré Mme Marois à ses côtés.
«On a échangé en profondeur et je crois que M. Duhaime comprend bien l’esprit de ce qu’on veut faire avec la tenue d’un sommet et de cet engagement qui va mobiliser tout le Québec», a-t-elle poursuivi.
Mme Marois est à l’origine d’une coalition de personnalités qui demande la tenue du sommet en vue de mieux coordonner les efforts des gouvernements et des municipalités.
Pour marquer le coup, une lettre ouverte avait paru dans «Le Devoir» le 20 mai, signée notamment par les maires de Montréal et de Québec, Soraya Martinez Ferrada et Bruno Marchand, les anciennes ministres Michelle Courchesne et Marguerite Blais, l’ex-co-porte-parole de QS, Françoise David, le président du conseil d’administration de Cogeco, Louis Audet, le président de l’Université du Québec, Alexandre Cloutier, les présidentes de la FTQ et de la CSN, Magali Picard et Caroline Senneville.
La tenue d’un sommet permettrait notamment d’établir des consensus et de s’entendre sur des mesures concrètes, plaide Mme Marois.
Au fil des consultations qu’elle a menées ces derniers mois, elle a constaté un manque de coordination dans les efforts de lutte à l’itinérance, malgré un grand nombre d’efforts et de réalisations tout à fait louables.
Au dénombrement 2025 des personnes en situation d’itinérance, pas moins de 12 000 personnes ont été recensées partout au Québec.
Selon les données officielles, cinq régions au Québec ont connu entre 2022 et 2025 une augmentation de l’itinérance de plus de 50 %.
Il s’agit de l’Abitibi-Témiscamingue (119 %), des Laurentides (74 %), de la Côte-Nord (65 %), de Laval (59 %) et du Saguenay–Lac-Saint-Jean (51 %).
Dans son budget 2026-2027, le gouvernement caquiste consacre une enveloppe de 90 millions $ sur cinq ans pour aider les personnes itinérantes ou en voie de le devenir.
Il y a notamment un montant de 27 millions $ dédié à la prévention des expulsions, ainsi que 21,4 millions $ versés comme suppléments au loyer d’urgence.
Depuis 2021, le gouvernement a annoncé un total de plus de 1,1 milliard $ pour prévenir et réduire l’itinérance, notamment 277 millions $ dans son Plan d’action interministériel en itinérance 2021-2026, ainsi que 614 millions $ pour l’aide au logement et la réalisation de logements destinés aux personnes vulnérables.

