La première ministre du Québec, Christine Fréchette, estime que la nouvelle menace de droits de douane brandie par le président américain Donald Trump à l’encontre du Canada est injustifiée et préoccupante.
M. Trump a annoncé lundi vouloir imposer des nouveaux droits de douane de 50% sur certains produits canadiens, notamment le vin, les bâtons de hockey et le ciment.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
La Maison-Blanche affirme que ces nouveaux droits de douane constituent une réponse au «traitement discriminatoire réservé par le Canada au commerce américain», citant les interdictions provinciales visant l’alcool américain, les contingents tarifaires sur le fromage américain, ainsi que certains droits de douane et contingents sur les voitures importées au Canada en provenance des États-Unis.
Mme Fréchette a dénoncé ces nouveaux droits de douane sur la plateforme de réseaux sociaux X.
«Les nouvelles menaces tarifaires de l’administration Trump sont injustifiées et préoccupantes», a-t-elle écrit. «Je vais continuer de me battre pour protéger notre économie, nos travailleurs et nos entreprises. Quant à la gestion de l’offre, tout affaiblissement est non négociable. Nous la défendrons sans compromis.»
«J’aborderai la situation avec le premier ministre @MarkJCarney dans le cadre de la réunion des premiers ministres cette semaine», a-t-elle ajouté. «C’est le pire moment pour ajouter une couche d’instabilité à l’économie du Québec, alors que nos entreprises ont besoin de prévisibilité.»
Les premiers ministres provinciaux du Canada doivent se réunir cette semaine à l’Île-du-Prince-Édouard pour discuter de certains des plus grands défis du pays, notamment le commerce, les feux de forêt, les problèmes d’accessibilité financière et la montée du séparatisme au Québec et en Alberta.
Boycottage des produits américains
Dans l’annonce de Trump concernant les droits de douane, celui-ci fait référence à la restriction imposée par le Québec sur la vente d’alcool américain dans les magasins d’alcool de la province.
«Le 4 mars 2025, la province a demandé à la Société des Alcools du Québec de retirer tous les produits américains de ses rayons et de cesser de fournir des boissons alcoolisées américaines aux supermarchés, aux magasins d’alcool, aux bars et aux restaurants», a-t-on mentionné par communiqué.
Le sénateur californien Adam Schiff a adressé une lettre à Mme Fréchette le 24 juin, lui demandant de reconsidérer la levée de la restriction sur les alcools américains au Québec.
«Les consommateurs québécois ont toujours eu accès à une grande variété de vins américains, et leur absence limite le choix sur le marché, tout en privant celui-ci d’un marché de 434 millions de dollars», avait-il écrit. «Malheureusement, la restriction imposée aux vins américains a eu des conséquences néfastes pour les consommateurs, les entreprises et les producteurs régionaux qui n’ont aucune influence sur les politiques nationales.»
Le cabinet de Mme Fréchette a indiqué dans un communiqué adressé à CTV News qu’elle restait ferme sur les mesures de boycottage.
«Dans le contexte de la guerre commerciale en cours, la première ministre continue de défendre les intérêts économiques du Québec», a-t-on indiqué. «Cette mesure restera en vigueur tant que les États-Unis maintiendront ces droits de douane injustifiés. Notre gouvernement réévaluera sa position lorsque l’administration américaine reviendra sur ces mesures.»
Suite au boycottage des alcools américains dans les magasins de la SAQ, les ventes de produits québécois locaux ont bondi de près de 70% en un an.
