Des premiers ministres d’autres provinces seraient prêts à défendre le Canada dans un éventuel débat référendaire sur la souveraineté au Québec.
Des leaders provinciaux ont ainsi livré un plaidoyer en faveur de l’unité canadienne, mercredi, à la rencontre estivale du Conseil de la fédération, qui réunit tous les premiers ministres du pays à Charlottetown, dont Christine Fréchette.
Les élections de l’automne prochain pourraient bien mener, selon les sondages, à la formation d’un gouvernement du Parti québécois (PQ), qui promet de tenir une consultation populaire sur l’indépendance dans un premier mandat, ce qui soulève des inquiétudes ailleurs au pays, tout comme le courant séparatiste qui se manifeste actuellement en Alberta.
En mêlée de presse mercredi matin juste avant la séance de travail de ses homologues, le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a osé se mouiller sur cet enjeu délicat, en tentant d’éviter les accusations d’ingérence dans les affaires internes des Québécois.
«C’est notre pays, c’est le Canada, nous avons tous voix au chapitre, afin de dire à nos concitoyens que nous voulons rester ensemble», a-t-il plaidé.
Il serait prêt à jouer un rôle si les Québécois le veulent, a ajouté le chef de gouvernement manitobain, quand un journaliste lui a fait remarquer qu’il parlait français en plus – contrairement à la plupart de ses homologues.
«Il y a beaucoup de francophones dans l’Ouest du Canada, et nous avons de bons sentiments envers les Québécois, et nous les appuyons dans les défis avec les langues minoritaires», a-t-il affirmé d’ailleurs en français.
«Mais en même temps, nous sommes Canadiens et Canadiennes et nous les encourageons à se joindre à nous.»
Questionné directement sur une participation à la campagne référendaire si on le lui demande, il a répondu que c’est une «question hypothétique».
De son côté, la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, a dit que les provinces avaient «certainement» la responsabilité de défendre l’unité canadienne.
«La politique au Québec, c’est la politique au Québec, j’ai déjà beaucoup de choses à m’occuper au Nouveau-Brunswick, mais on serait là pour défendre et promouvoir un Canada uni», a-t-elle assuré, en rappelant que sa province faisait partie du pacte fondateur d’origine en 1867.
Il n’a pas été possible de questionner tous les premiers ministres sur leur participation éventuelle à une campagne référendaire, puisque plusieurs d’entre eux étaient déjà dans la salle de réunion au moment des mêlées de presse.
Au Québec, il est généralement convenu que le débat sur l’indépendance est du ressort des Québécois seuls, au nom du principe du droit à l’autodétermination des peuples.
Mais les souverainistes ont souvent accusé le camp fédéraliste d’avoir commis des entorses lors des campagnes référendaires de 1980 et de 1995.
Ils reprochaient notamment au gouvernement fédéral de ne pas respecter la loi québécoise sur les consultations populaires et d’intervenir de tout son poids.
Il y a notamment le cas du rassemblement du camp du Non à Montréal, appelé le «love in», à deux jours du vote en octobre 1995, auquel des élus de tout le pays ont pris part.
