Le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a déclaré jeudi qu’il restait «beaucoup à faire» pour s’assurer que les agents du gouvernement indien ne recourent pas à la coercition ou à l’intimidation à l’égard de personnes vivant au Canada.
M. Anandasangaree n’a pas été jusqu’à accréditer les propos d’un responsable fédéral, qui avait indiqué la veille que l’opinion du gouvernement canadien était que les personnes agissant au nom de l’Inde ne se livraient actuellement à aucune extorsion ou menace de violence au Canada.
Questionné mercredi lors d’un breffage avec des journalistes sur le voyage du premier ministre Mark Carney en Inde, un responsable a déclaré qu’Ottawa entretenait des relations diplomatiques très solides avec l’Inde.
«Et je pense que nous pouvons affirmer que nous sommes confiants que ces activités ont cessé, sinon nous n’aurions pas ce type de discussion», a déclaré le représentant, qui informait les journalistes sur le cadre général de la visite de M. Carney.
En réponse à une question complémentaire, le responsable a affirmé: «Si nous pensions que le gouvernement indien interférait activement dans le processus démocratique canadien, nous n’aurions probablement pas entrepris ce voyage, n’est-ce pas?»
Le député libéral Sukh Dhaliwal, qui représente la circonscription où le militant Hardeep Singh Nijjar a été tué, a déclaré jeudi sur les réseaux sociaux qu’il dénonçait fermement les propos tenus par le responsable fédéral aux journalistes.
Il a soutenu que ces propos contredisaient les évaluations du conseiller à la sécurité nationale et au renseignement, du Service canadien du renseignement de sécurité et de la GRC.
«Cette question doit être abordée, et la conduite de cette personne ainsi que son aptitude à remplir ses fonctions doivent être examinées», a déclaré M. Dhaliwal.
L’activiste sikh Moninder Singh, qui a reçu dimanche un avertissement de la police de Vancouver concernant une menace crédible à sa vie, a indiqué qu’il soupçonnait le gouvernement indien d’être à l’origine de cette menace.
M. Singh a expliqué qu’il soupçonnait le gouvernement indien de l’avoir pris pour cible en raison de son travail dans le cadre d’une campagne appelant à la création d’un territoire sikh distinct du territoire indien. Il a ajouté que d’autres militants séparatistes sikhs à travers le Canada avaient reçu des avertissements similaires.
M. Singh travaillait avec Hardeep Singh Nijjar, un autre défenseur de l’indépendance sikhe et président du Guru Nanak Sikh Gurdwara, qui a été tué par balle en juin 2023 alors qu’il sortait du stationnement du temple de Surrey, en Colombie-Britannique.
En mai 2024, quatre ressortissants indiens ont été accusés de meurtre et de complot en vue de commettre un meurtre relativement à la mort de M. Nijjar. L’affaire est actuellement devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique à New Westminster.
Le ministre Anandasangaree a indiqué jeudi que le Canada collaborait avec l’Inde sur deux fronts: l’un axé sur le développement économique et l’autre lié aux questions de sécurité.
Il a déclaré que cela impliquerait «parfois des discussions difficiles sur la sûreté et la sécurité des Canadiens et, bien sûr, il reste des questions en suspens sur lesquelles nous allons travailler».
M. Anandasangaree a également souligné le rôle du système juridique et des tribunaux dans la résolution des questions de nature pénale.
Lorsqu’on lui a demandé s’il était d’accord avec l’évaluation du responsable fédéral en breffage avec les journalistes, M. Anandasangaree a répondu: «Ce que je suggère, c’est qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, et nous allons le faire.»
Avec des informations fournies par David Baxter et Dylan Robertson

