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«Honteux»: le Canada et ses alliés fustigent Israël concernant la mort d'humanitaires

«Les victimes de cet incident et leurs familles méritent que justice soit faite et que les responsables répondent de leurs actes.»

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On voit Jacob Flickinger sur cette photo non datée. On voit Jacob Flickinger sur cette photo non datée. (World Central Kitchen via La Presse Canadienne)

Le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni ont dénoncé vendredi la décision d’Israël de ne pas engager de poursuites pénales à la suite d’une frappe militaire qui a coûté la vie à des travailleurs humanitaires en 2024.

Cette frappe a coûté la vie à sept travailleurs humanitaires, dont trois ressortissants britanniques, un Australien et un ressortissant québécois, qui travaillaient tous pour l’organisation américaine World Central Kitchen à l’époque. Un Palestinien et un ressortissant polonais ont également été tués dans l’explosion.

Dans une déclaration commune publiée vendredi les ministères des Affaires étrangères du Canada, de l’Australie et du Royaume-Uni qualifient de «honteuse» la décision du procureur militaire israélien de ne pas ouvrir d’enquête pénale sur cette frappe meurtrière, et ce, sans fournir d’explications supplémentaires.

«Faire l’annonce de cette décision lors de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, alors que le monde entier honorait le courage et le sacrifice des travailleurs humanitaires, était particulièrement répréhensible. Cette décision arrive trop tard et elle est insuffisante», peut-on lire dans la déclaration commune.

«Les victimes de cet incident et leurs familles méritent que justice soit faite et que les responsables répondent de leurs actes, et nous continuerons à chercher des réponses en leur nom.»

La déclaration précise en outre qu’il ne s’agit là que d’un incident parmi tant d’autres dans la bande de Gaza pour lesquels aucune responsabilité n’a été établie, et qu’Israël « doit respecter les obligations qui lui incombent en vertu du droit humanitaire international et doit faire davantage pour que le personnel humanitaire puisse effectuer son travail en toute sécurité. Il faut tirer des leçons de cette tragédie».

Des Palestiniens inspectent un véhicule portant le logo de l'organisation World Central Kitchen, détruit par une frappe aérienne israélienne à Deir al-Balah, dans la bande de Gaza, mardi 2 avril 2024. Des Palestiniens inspectent un véhicule portant le logo de l'organisation World Central Kitchen, détruit par une frappe aérienne israélienne à Deir al-Balah, dans la bande de Gaza, mardi 2 avril 2024. (Ismael Abu Dayyah/AP)

Environ 186 travailleurs humanitaires avaient été tués dans la bande de Gaza en 2025, rappelle le document.

Un véhicule portant le logo de World Central Kitchen détruit par une frappe aérienne israélienne à Deir al-Balah, dans la bande de Gaza, mardi 2 avril 2024. (Photo AP/Ismael Abu Dayyah, archive)

La frappe aérienne d’avril 2024 a touché un convoi de véhicules de la World Central Kitchen transportant des travailleurs humanitaires. Parmi les sept personnes tuées figurait Jacob Flickinger, un ancien militaire de 33 ans originaire de la Beauce.

Dans un communiqué publié mercredi, l’armée israélienne a déclaré que les commandants avaient pris les travailleurs humanitaires pour des membres armés du Hamas et que leur décision de lancer l’attaque «ne donnait pas lieu à un soupçon raisonnable de faute pénale».

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré jeudi, sur les réseaux sociaux, que cette décision était «inacceptable», sans toutefois préciser si le Canada convoquerait l’ambassadeur d’Israël, comme l’a fait l’Australie. La ministre australienne des Affaires étrangères a indiqué jeudi qu’elle avait convoqué l’ambassadeur d’Israël à Canberra pour discuter de la situation.

La World Central Kitchen a réclamé une enquête indépendante et a clamé que la version de l’armée concernant cette frappe était fausse, qu’elle «brouillait les pistes et rejetait la responsabilité sur d’autres».

En 2024, l’ancien premier ministre Justin Trudeau avait appelé à une enquête indépendante à la suite du décès des travailleurs humanitaires et avait contesté une affirmation du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui avait alors déclaré que les dommages collatéraux faisaient partie intégrante de la guerre.

L’armée israélienne a également annoncé mercredi qu’elle avait décidé de ne pas engager de poursuites pénales concernant les meurtres de quatre membres du personnel de Médecins sans frontières survenus lors de deux incidents distincts en novembre 2023 et février 2024.

Avec des informations de l’Associated Press