Du harcèlement sexuel à la violence, en passant par le racisme et la fraude, le ministère fédéral de l’Immigration a recensé 105 cas d’inconduites et d’actes répréhensibles d’employés l’an dernier.
Selon un rapport publié par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), ces cas ont entraîné au moins trois licenciements et 47 suspensions sans solde.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Au total, 47 cas concernaient des abus de temps de travail, des retards, de l’absentéisme ou des absences non autorisées. L’un des cas les plus graves concernait un employé de l’IRCC accusé d’avoir occupé simultanément deux postes à temps plein au sein du gouvernement fédéral pendant trois ans et demi, période durant laquelle il a même présenté de fausses demandes de rémunération d’heures supplémentaires.
«De plus, l’enquête a révélé que l’employé avait donné une fausse image de sa productivité en falsifiant ses rapports d’activité et en envoyant des e-mails à certains moments, ce qui a induit ses supérieurs en erreur en leur faisant croire qu’il travaillait activement», a révélé un rapport complémentaire sur cette affaire. L’employé a démissionné au cours de l’enquête.
Dans une affaire de «grave mauvaise gestion», un cadre de l’IRCC à Ottawa a été accusé d’avoir obtenu une promotion pour un subordonné avec lequel il entretenait une relation amoureuse, tout en «utilisant systématiquement un langage extrêmement irrespectueux envers le personnel et ses collègues».
Un autre membre du personnel de l’IRCC en poste à l’étranger tenait un blogue public «où il abordait divers aspects de son travail à l’ambassade, y compris des conversations privées avec le personnel de l’ambassade et ses opinions sur la population et le gouvernement du pays», ainsi que «des opinions politiques susceptibles de nuire à la réputation de l’IRCC».
Parmi les infractions aux règles relatives aux appareils électroniques et aux réseaux, on compte des employés accusés d’avoir «téléchargé sur leur ordinateur un logiciel non autorisé empêchant celui-ci de passer en mode veille, consulté du contenu explicite sur leur ordinateur de service et connecté un dispositif de piratage à un ordinateur ou au réseau de l’organisme».
Un employé de l’IRCC a même été accusé d’avoir utilisé le système de gestion des dossiers du ministère pour recueillir des informations sur une personne contre laquelle il avait engagé une action en justice.
D’autres cas de fautes professionnelles et d’actes répréhensibles mentionnés dans le rapport concernent des propos racistes, des attouchements inappropriés, du harcèlement sexuel, des comportements violents, des achats non autorisés par carte de crédit et des employés ayant accédé de manière abusive à des dossiers d’immigration les concernant eux-mêmes, des membres de leur famille ou des amis.
«Un certain niveau d’actes répréhensibles se produira inévitablement»
Dans le rapport de l’IRCC sur les fautes professionnelles et les actes répréhensibles, le ministre délégué à l’Immigration, Ted Gallivan, a reconnu que son ministère prenait «des décisions qui ont un impact significatif sur la vie des gens».
«Dans une organisation comptant plus de 10 000 employés, un certain nombre d’actes répréhensibles se produiront inévitablement», a-t-il réagi. «Il est essentiel de signaler ces incidents, car nous nous engageons à examiner toutes les allégations de fautes professionnelles ou d’actes répréhensibles présumés au moyen d’un examen et d’une enquête approfondis, et à prendre des mesures administratives lorsque cela se justifie.»
Publié le mois dernier, le rapport de l’IRCC porte sur les cas d’inconduite et de fautes professionnelles des employés qui ont été jugés fondés au cours de l’exercice 2024-2025, y compris les cas qui ont pu être ouverts au cours des années précédentes.
En 2024, Ottawa a demandé aux ministères et organismes fédéraux de commencer à établir des rapports annuels sur les cas d’inconduite et d’actes répréhensibles commis par les employés.
Selon une récente enquête de CTVNews.ca, plus de 1600 cas d’inconduite et d’actes répréhensibles commis par des fonctionnaires fédéraux ont été enregistrés l’année dernière, entraînant au moins 145 licenciements et 783 suspensions sans solde.
Parmi ceux-ci figurent des allégations graves à l’encontre de membres de la Gendarmerie royale du Canada, du Service correctionnel du Canada et de trois douzaines d’autres ministères, organismes et bureaux fédéraux.
«Ce sont les contribuables qui paient la note ; ils méritent donc cette transparence pour savoir ce qui se passe au sein de l’administration qu’ils financent», avait expliqué Franco Terrazzano, directeur de la Fédération canadienne des contribuables, à CTVNews.ca. «Les contribuables ont tout à fait le droit d’être extrêmement frustrés par les agissements de certains fonctionnaires.»
