Exclu du conseil des ministres de Christine Fréchette, Gilles Bélanger a annoncé son départ de la Coalition avenir Québec (CAQ), jeudi.
Il a confirmé l’information d’abord rapportée par Noovo Info sur les réseaux sociaux en début de soirée.
«Il y a quelques jours, j’ai sonné l’alarme sur la réalisation de projets numériques qui m’apparaissent mal alignés et susceptibles de se diriger vers un déraillement évident. Je maintiens cette position. Les épisodes passés doivent nous servir de leçons pour éviter qu’ils se reproduisent», a notamment écrit le député d’Orford.
Christine Fréchette a réagi brièvement à sa décision via les réseaux sociaux en disant qu’elle «prend acte» de la décision de M. Bélanger et lui a souhaité «le meilleur des succès pour la suite».
J’ai pris acte de la décision de M. Bélanger.
— Christine Fréchette (@CFrechette) April 22, 2026
Je lui souhaite le meilleur des succès pour la suite.
Ministre de la Cybersécurité et du Numérique jusqu’à la récente assermentation du nouveau conseil ministériel, M. Bélanger aurait mal digéré d’en avoir été écarté. Il a été remplacé à la tête de son ministère par France-Élaine Duranceau, qui a également conservé la responsabilité du Conseil du Trésor.
M. Bélanger finira son mandat dans sa circonscription en tant que député indépendant jusqu’aux élections du 5 octobre prochain. Orford est la circonscription dans laquelle se présente le nouveau chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard.
«Aujourd’hui, ma priorité est de compléter mon mandat de député d’Orford en me concentrant sur les dossiers de ma circonscription et de la population que je représente.»
— Gilles Bélanger, député d'Orford
Il a pourtant été le premier caquiste à appuyer la candidature de Mme Fréchette au détriment de celle de Bernard Drainville dans la course à la succession de François Legault. Il avait même menacé de démissionner en cas de victoire de M. Drainville.
Mme Fréchette est devenue cheffe du parti et première ministre de facto; Legault et son ancien chef de cabinet, Martin Koskinen, auraient influencé sa décision d’exclure M. Bélanger.
(L’épineux) Dossier santé numérique
Il faut savoir que M. Bélanger était responsable de la supervision du Dossier santé numérique (DSN) – un dossier épineux s’il en est un, car d’aucuns font des parallèles entre ce grand projet qui doit faire l’intégration de 4000 systèmes en un seul et le fiasco SAAQclic.
Or, le député d’Orford a verbalisé des inquiétudes quant à la protection des données en santé des Québécois, en raison de l’implication de l’entreprise américaine Epic Systems, chargée d’implanter le DSN. Ses critiques ne sont pas étrangères à son exclusion du conseil des ministres, a pu comprendre Noovo Info auprès de plusieurs sources.
Le désormais ex-ministre de la Cybersécurité et du Numérique avait aussi exprimé des préoccupations au niveau de délais des services en santé, voire des bris de services ou encore des fermetures de lits dans les hôpitaux.
M. Bélanger a aussi partagé ses craintes sur la qualité de la formation prodiguée aux professionnels. Il est allé jusqu’à aborder un potentiel report du déploiement.
Sait-on toute l’histoire? «Est-ce que M. Bélanger était au courant de quelque chose, ce qui ne faisait pas l’affaire de Mme Christine Fréchette qui l’a mis dehors de son conseil des ministres?» a ressassé Monsef Derraji en entrevue avec Noovo Info, en réaction à la nouvelle du départ imminent de M. Bélanger.
Pour le député libéral, «ce qui nous intéresse, nous, les contribuables, c’est que si M. Bélanger a partagé ses préoccupations avec l’équipe de la première ministre, nous aimerions savoir ces enjeux, être au courant de ce qu’il se passe réellement».
Faut-il reporter le déploiement du Dossier santé numérique?
Il faut s’attendre à ce qu’il y ait des problèmes techniques les premières semaines après le déploiement, qui est toujours prévu pour le 9 mai, a admis la présidente et cheffe de la direction de Santé Québec, Geneviève Biron, la semaine dernière. D’ailleurs, l’agence gouvernementale a persisté en ce sens lors d’une mise à jour, mercredi.
Le DSN est très attendu par le corps médical, qui souhaite depuis longtemps un meilleur partage des informations sur les patients. Présentement, il est difficile pour un médecin d’avoir des informations essentielles sur un patient qui aurait vu différents spécialistes au cours des derniers mois ou des dernières années.
À terme, les systèmes informatiques seront centralisés et toutes les données cliniques des patients, notamment les prescriptions de médicaments, seront accessibles à un seul endroit.
Avec de l’information de La Presse canadienne.