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Génome Québec obtient 30 M$, mais devra réduire ses programmes de recherche

«La génomique transforme déjà notre façon de comprendre les maladies, de poser des diagnostics et d’offrir des soins à la population.»

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Un assistant de recherche montre comment préparer un échantillon de son séquençage à l'Institut Wellcome Sanger, sur le Genome Campus, à Hinxton, en Angleterre, le vendredi 7 janvier 2022. Photo AP Un assistant de recherche montre comment préparer un échantillon de son séquençage à l'Institut Wellcome Sanger, sur le Genome Campus, à Hinxton, en Angleterre, le vendredi 7 janvier 2022. Photo AP (Frank Augstein)

Québec annonce vendredi une enveloppe de plus de 30 millions $ pour que Génome Québec poursuive ses activités de recherche et d’innovation. C’est toutefois la moitié du montant qu’espérait l’organisme privé à but non lucratif qui finance des centaines de chercheurs.

«Je veux le mentionner d’emblée, on comprend dans le contexte économique actuel que le MEIE (ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie) a vraiment fait tout le possible pour pouvoir bien nous appuyer», a commenté en entrevue Josette-Renée Landry, présidente-directrice générale de Génome Québec.

«Mais c’est certain qu’on n’a pas eu du financement à la hauteur que l’on souhaitait», poursuit-elle. «Ça fait qu’il y a certains de nos programmes qu’on roulait habituellement de façon bisannuelle, qu’on va devoir réduire un petit peu. Au lieu d’être deux fois par année, ça va maintenant être une fois par année. On va pouvoir moins financer l’intégration de la génomique dans des milieux preneurs et les plus petits projets. Ça va faire aussi qu’on aura des choix difficiles à faire pour ce qui est de nouvelles technologies de pointe qu’on veut acheter.»

La génomique permet l’étude de l’ensemble du matériel génétique d’un organisme vivant, qu’il s’agisse d’un humain, d’une plante, d’un animal ou d’un microorganisme.

«La génomique transforme déjà notre façon de comprendre les maladies, de poser des diagnostics et d’offrir des soins à la population», a expliqué la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, en point de presse au CHU Sainte-Justine. «Le potentiel pour les années à venir est immense. Aujourd’hui, nous sommes capables de mieux comprendre les caractéristiques biologiques propres à chaque personne et d’adapter les interventions en conséquence. Concrètement, cela signifie des diagnostics plus précis, plus personnalisés, des traitements donc mieux ciblés et, dans certains cas, la possibilité d’intervenir plus tôt dans le parcours de soins.»

«On soutient plus de 1000 projets réalisés par des centaines d’équipes provenant des milieux universitaires publics et privés», a-t-elle ajouté. «Grâce à l’acquisition de nouveaux équipements à la fine pointe de la technologie, le centre pourra continuer de répondre à une demande croissante et offrir aux chercheurs du Québec un accès à des infrastructures de niveau mondial.»

Un autre aspect moins connu de la génomique est qu’elle sert à protéger les écosystèmes, a fait savoir Mme Landry. «Soutenir une agriculture plus résiliente, améliorer notre capacité de surveillance des agents pathogènes et développer une bioéconomie compétitive, a-t-elle énuméré. La génomique n’est donc plus uniquement une discipline de recherche. Elle est devenue une infrastructure stratégique pour notre société et notre économie.»

Daniel Bernard, ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, a rappelé les 25 ans d’existence de Génome Québec. «Notre gouvernement réitère sa volonté de stimuler davantage la recherche et l’innovation dans des domaines d’avenir, comme la génomique et les sciences de la vie», a-t-il déclaré en point de presse. «[...] Il y a beaucoup de compétition actuellement, autant à l’échelle canadienne qu’internationale, et il faut continuer à se démarquer. Et c’est pour ça que ces investissements, le gouvernement va toujours continuer, peu importe lequel.»

Concrètement, le gouvernement du Québec accorde une subvention de 28,5 millions $ à Génome Québec pour la période de 2026 à 2029. Il ajoute à cela une somme de 1,8 million $ qui servira au Centre d’expertise et de services à acquérir des équipements technologiques de pointe.

«Dans le contexte international actuel, cette capacité est essentielle», a souligné Mme Landry. Préserver nos infrastructures, nos données, nos talents et nos connaissances constitue un enjeu d’autonomie scientifique, économique et stratégique. «Cet investissement permet de consolider une expertise développée patiemment au cours des dernières décennies. Il nous rappelle également que les besoins continuent de croître, tout comme le coût des technologies, des infrastructures et de la main-d’œuvre hautement qualifiée.»

Katrine Desautels

Katrine Desautels

Journaliste